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samedi 9 mars 2013

UN GOUVERNEMENT AU FORCEPS




UN GOUVERNEMENT AU FORCEPS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
                 
        Les partis politiques n’ont plus le choix en raison des délais impartis par la Loi fondamentale sur la constitution du gouvernement. Sauf à recourir à de nouvelles élections ou à désigner un autre premier ministre, chacun des protagonistes devra s’asseoir sur une partie de ses convictions s'il veut commencer à agir. C’est le principe même d’une coalition où l’on recherche le dénominateur commun pour gérer un pays privé de gouvernance depuis au moins trois mois.



Se hâter lentement


            Netanyahou a décidé de se hâter lentement. Il tente de résoudre son casse-tête comme on assemble un puzzle face aux deux jeunes loups dont la passion pour changer les lignes reste excessive. Leurs convictions et leur ardeur les poussent à vouloir une mini-révolution des mœurs politiques alors que Netanyahou, en vieux briscard,  refuse les vagues qui pourraient mettre en cause à la fois son autorité et son leadership. Il refuse de montrer qu’il s’est mis en état d’infériorité en négociant point par point avec Lapid et Bennett qui lui auront imposé des décisions douloureuses. 
          Alors, la guerre de tranchées et la politique du souk tendent à sauver les apparences. Il aurait pu constituer son gouvernement une semaine après les élections s’il avait tiré les conclusions des élections qui lui avaient été défavorables et accepté immédiatement les desiderata de ses partenaires sans assimiler leurs exigences comme une volonté de lui infliger un outrage à sa personne. Cela aurait pu être une stratégie de dignité voulue par le principe démocratique voulant que le peuple s’exprime par les élections tout en restant souverain sur l’avenir politique du pays. 
Guerre d’egos

Dirigeants du Shass


            Mais, comme la chèvre de monsieur Seguin, il sera battu toute la nuit, ou pour le moins tout un mois, pour sauver le portefeuille du ministère des affaires étrangères ou des finances, et pour maintenir dans la coalition la présence des orthodoxes dont l’exigence financière n’était pas du goût de Yaïr Lapid. La rancune de Naftali Bennett à l'égard du Shass rendait par ailleurs le compromis très improbable. 
          Selon les diktats des centristes, un gouvernement resserré sera constitué avec une concentration hors normes d’egos surdimensionnés. Mais les complications à réunir des politiques contradictoires donnent une idée des difficultés auxquelles devra faire face Benjamin Netanyahou. Il est fort probable d’ailleurs qu’il s’agira d’une association de dupes qui ne durera que le temps que durent les fleurs à moins que les protagonistes ne mettent de l’eau dans leur vin. Nul n’a intérêt à de nouvelles élections qui finiront par lasser et démobiliser les électeurs, appelés sans arrêt à donner leur avis dont on ne tient pas compte.
            La répartition des postes ministériels n’a aucun intérêt pour l’avenir de la coalition. Seule la nature du programme appliqué, qui aura besoin d’une grande dose d’initiative, d'originalité et de courage, pourra apporter le changement souhaité par les électeurs. Mais pour l’instant, seuls les problèmes de personnes priment. C’est bien un mal typiquement juif.          

2 commentaires:

Avraham NATAF a dit…

La victoire de 1967 était peut-être aussi due à l'union de tout le peuple, les dernières lignes de cet article résument la situation

Marianne ARNAUD a dit…


Cher monsieur Benillouche,

Victorien Lurel, ministre Hollande, a peut-être exprimé tout haut ce que certains, chez vous, doivent commencer à penser tout bas, lorsqu'il a dit : "Le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez."
C'est vrai que cela règlerait l'épineux problème de la formation d'un gouvernement qui, en Israël, a l'air de poser plus de problèmes encore que l'élection d'un nouveau Pape.

Très cordialement.