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mardi 19 mars 2013

UN GOUVERNEMENT DE COMBAT



UN GOUVERNEMENT DE COMBAT

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
                 
           


         Le gouvernement qui a été constitué sur les directives de Yaïr Lapid et de Naftali Bennett détient tous les atouts pour réussir. En cas d’échec il ne devra s’en prendre qu’à lui-même. Pour la première fois de l’histoire d’Israël, les jeunes sont à la barre, loin de toute nomenklatura sclérosante, loin des luttes de clans et des diktats des partis et loin d’une  gérontocratie  qui interdit toute évolution vers une société moderne. 

Une nouvelle génération de politiciens et de néophytes, détient une grande partie du pouvoir après s’être débarrassée des scories, les anachroniques orthodoxes qui vivaient dans un passé révolu et dans un monde où les femmes n’avaient pas droit de cité. L’absence des orthodoxes réjouit la majorité des israéliens car ils pensent que les ministres vont pouvoir consacrer leurs joutes aux problèmes terrestres et laisser la philosophie religieuse à l’intérieur des lieux de culte.  




Un bémol cependant. Ce gouvernement peut recevoir la palme du machisme ou un zéro pointé en parité car les femmes sont en très grande minorité avec quatre postes pour 22 ministres et 4 vice-ministres. C’est à se demander si certains défauts des orthodoxes ne sont pas contagieux.



Volonté de s’investir




    La plupart des nouveaux ministres n’ont pas de passé qui puisse perturber leur avenir. Ils ont une volonté de s’investir, des dents longues certes, mais une rage de gagner et de transformer leur réussite électorale en réussite pour leur pays. Certains ministres n’ont pas d’expérience politique mais cela les protège des défauts et des tentations transmis par les appareils politiques. Ils ont l’avantage d’avoir été confrontés à la vie de tous les jours, face à des difficultés qui les pousseront à ne pas se comporter en technocrates froids mais en artisans de réformes efficaces indispensables.

            Il n’y aura plus la puissance d’un premier ministre, aussi méritant qu’il soit, face à un vide politique stérile parce qu’aucune tête ne devait dépasser. Le gouvernement fonctionnera en triumvirat à condition qu’aucun des trois leaders ne cherche, pour l’instant du moins, à être calife à la place du calife. La concurrence existe certes mais elle ne devra s’affirmer ouvertement qu’au terme de la mission que le peuple leur a confiée, à savoir la fin du mandat de la Knesset. 
        Une journaliste de télévision, usant d'une parabole imagée, a estimé qu’il manque la colle pour les lier. Mais ils sont suffisamment conscients de leur rôle. Les israéliens ont voté pour le changement et, pour ne pas décevoir, les ministres doivent faire preuve de réalisme dans un consensus total. La haine ne peut servir de catalyseur à un gouvernement responsable car, dans leur diversité, les ministres ne seront plus représentants d’un parti mais du peuple qui attend d’eux des résultats. Ils ne doivent pas gâcher cette chance qui leur est offerte d’améliorer la condition des défavorisés et de mieux répartir la richesse du pays.



Ministres de talent


Moshé Yaalon

Tous les aspects de la politique sont couverts par des gens de talent, certains sans passé politique mais avec une expérience professionnelle, d’autres ayant déjà fait leur preuve dans des responsabilités nationales. Le talent des ministres est de vouloir réussir en changeant le cours figé de la société israélienne.

La sécurité du pays est l’élément fondamental qui doit rassurer. Moshé Yaalon occupera le poste de ministre de la Défense. Il avait fait une carrière militaire qui l’avait conduit au sommet comme chef d’État-major des armées, poste qu’il a dû quitter quand il s’est trouvé en désaccord avec le gouvernement sur le démantèlement de Gaza. Le premier ministre a justifié son choix : «Dans une période aussi cruciale pour la sécurité d'Israël, alors que toute notre région est en ébullition, il est important qu'à ce poste se trouve une personnalité très expérimentée comme Moshé Yaalon. Au nom de tous les citoyens du pays, je lui souhaite bonne chance».
Shay Piron

L’éducation est le deuxième secteur à refonder. Le niveau baisse dans les écoles et les universités. Le ministre précédent n’avait axé sa tâche que sur les écoles talmudiques qui ne formaient pas des jeunes prêts à affronter le défi de la mondialisation. Les israéliens attendent beaucoup de rabbin Shay Piron qui a fait ses preuves comme éducateur dans le mouvement sioniste religieux. Rabbin certes mais religieux ouvert au monde laïc. Sans renier sa fonction de responsable d’une grande yéshiva, il s’est impliqué dans les efforts visant à combler le fossé entre les communautés laïques et religieuses à travers le Tzohar, un organisme bien connu qu'il a contribué à fonder. Les jeunes ont surtout besoin de culture juive, distincte de la religion qui doit être enseignée selon la volonté de chacun, de préférence après l’étude approfondie des matières profanes. On doit apprendre aux jeunes que la religion n'est pas incompatible avec les devoirs dus au pays.  



Accord et consensus





            Alors que le gouvernement était à peine créé, un accord global sur l’intégration des ultra-orthodoxes était déjà envisagé dans le cadre d’une percée historique. Il ne veut pas perdre de temps dans des palabres inutiles. Il ne s’agissait pas uniquement de trouver une alternative à la loi Tal mais une solution à long terme garantissant les intérêts de chaque camp. Le nouveau gouvernement semble vouloir rogner sur le tout sécuritaire en réduisant les budgets de la défense. Il a déjà proposé de réduire la durée du service militaire à deux années. D’une part les effectifs militaires sont pléthoriques mais d’autre part, l’armée devient de plus en plus technologique. Elle a plus besoin de cerveaux que de combattants.

            Enfin la nouvelle coalition a pris pour objectifs les politiques sociales et économiques délaissées par le précédent régime. Après le compromis sur les orthodoxes, elle va se pencher sur le problème du logement rare et cher qui avait été à l’origine de la révolution des tentes de l’été 2011. Le gouvernement veut favoriser le logement en construisant des milliers de logements locatifs dans les grandes villes, en bénéficiant de terrains gratuits offerts par les municipalités. Naftali Bennett qui a su gérer une entreprise pour la rendre prospère veut appliquer ses recettes au pays. Il veut d’abord réduire le coût de la vie en brisant les monopoles et favoriser la concurrence et pour plus de transparence, il veut interdire la propriété croisée des sociétés.
              En raison des positions prises individuellement par certains ministres et de la qualification de "faucon" du ministre de la Défense, il est fort probable que le gouvernement aura une attitude ferme vis-à-vis de l'Iran. Reste à savoir s'il prendra des décisions extrêmes pouvant entraîner une rupture avec les États-Unis.

            Une lourde tâche attend les nouveaux ministres mais ils bénéficient d’un préjugé favorable de la part de l’opinion publique qui a voté pour un changement et qui exige ce changement.

2 commentaires:

Nicole GANDUS a dit…

j'ai été sur votre site et je l'ai trouvé très intéressant, aussi je conseille a nos amis d'y aller car ça vaut la peine! amitié.

Michel LEVY a dit…

Je vois un gouvernement très à droite, très nationaliste opposé à une paix négociée avec les palestiniens, et indifférent au fossé grandissant entre les arabes "israéliens", et le reste de la nation.
Tsipi Livni servira surtout de caution, pour faire patienter les arabes, je doute que cela suffise.