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mercredi 20 mars 2013

L’OPTION D’UN ÉTAT PALESTINIEN



LE REGARD DE  Jacques BENILLOUCHE POUR TRIBUNEJUIVE.INFO


LES DÉFIS DU GOUVERNEMENT : L’OPTION D’UN ÉTAT PALESTINIEN

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
                 

         Le nouveau gouvernement israélien, enfin formé, devra statuer sur l’option d’un État palestinien. Le dogme de «deux États pour deux peuples» avait été chuchoté, sans conviction, par Benjamin Netanyahou à l’occasion de son discours à l’Université de Bar Ilan en 2009. Les différents partenaires de la nouvelle coalition divergent sur l’avenir de la Cisjordanie, rendant ainsi une solution hypothétique à un problème qui est apparu en 1967.



État binational

Judah Leon Magnes

            L'idée d'une solution à un seul État n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été prônée, en 1942 en pleine période de la Shoah, par un rabbin libéral américain, Judah Leon Magnes, l’une des voix les plus reconnues du judaïsme libéral anglo-saxon de l’époque. Il était fondamentalement opposé à la partition de la Palestine et avait souhaité un pays partagé entre les juifs et les arabes. Mais ses vues idéalistes n’ont abouti sur rien.

            Aujourd’hui toutes les nations, États-Unis en tête, estiment que le conflit israélo-palestinien ne prendra fin que sur la base de deux entités distinctes, dont un État arabe aux côtés d’Israël avec une frontière basée sur la «ligne verte» d’avant la Guerre de Six-Jours de 1967 avec des rectifications de frontières et des échanges de terres. Jérusalem serait une capitale partagée  mais divisée. Les nombreux obstacles à cette solution la rendent peu réaliste.

            Alors, dans l’esprit de la gauche israélienne, d’une minorité palestinienne croissante et même d’une partie des nationalistes israéliens, le principe d’un État unique refait surface. L’écrivain britannique d’origine israélienne, Daniel Gavron, avait publié en 2004 un ouvrage «Juifs et arabes dans la Terre Promise» qui envisageait de créer un État binational qui prendrait le nom «d’État de Jérusalem». Il avait été rejoint par des intellectuels israéliens, en particulier l’ancien président de la Knesset Avraham Burg, qui avait estimé que «le modèle doit être exploré. Je n'ai aucun doute que quelque chose se dessine, même si je ne suis pas sûr de ce qu'il en adviendra.»
Avi Shlaïm

Avi Shlaim, professeur britannique de relations internationales à Oxford, spécialiste reconnu de la saga israélo-palestinienne avait écrit des livres remarquables sur Israël et ses voisins : «Le Mur de Fer : Israël et le monde arabe». Juif et citoyen israélien, il a servi dans Tsahal ce qui le protège d’une éventuelle accusation d'antisémitisme. Il avoue avoir changé d’opinion en «soutenant une solution à un seul État donnant des droits égaux à tous ses citoyens bien que ce ne soit pas ce que je souhaiterais idéalement». Il explique sa thèse par le fait que tous les gouvernements israéliens «ont tué l’option de deux États en développant des implantations juives enracinées profondément en Cisjordanie qui seront impossibles à démanteler».



Opposition au dogme

Netanyahou à Bar Ilan en 2009


Les nationalistes israéliens, rejoints à présent par de nombreux palestiniens, sont prêts à affirmer que le principe de deux États est caduc, pour une raison purement mathématique de populations imbriquées. Certes le premier ministre israélien avait chuchoté, à contrecœur en 2009 à l’université de Bar Ilan, qu’il acceptait le principe de deux États mais il l’avait alors annoncé sous la pression américaine. Il ne cache plus son opposition à ce principe et l’affirme ouvertement à présent. 
Devant le Congrès américain, en 2011, il avait déclaré sous les applaudissements d’une salle presque en délire que «Jérusalem ne sera pas divisée. La grande majorité des 650.000 israéliens vivant au-delà de la ligne de 1967 résident dans les quartiers et les banlieues de Jérusalem et du Grand Tel-Aviv.» Il insiste à présent pour dire qu’il ne déplacera pas les populations de Cisjordanie parce qu’Israël doit contrôler la vallée du Jourdain ainsi que l’espace aérien. Il revient donc sur son engagement à la solution à deux États. Le Likoud a d’ailleurs refusé d’entériner ce principe ainsi que les militants d’Israël Beïtenou dirigés par Avigdor Lieberman.

Naftali Bennett, leader de Habayit Hayehudi et ministre du nouveau gouvernement, refuse clairement le dogme de deux États. Sur ce point il s’oppose d’ailleurs à Yaïr Lapid qui concède éventuellement la création d’un État palestinien et le retrait de certaines implantations. Bennett lui avait rétorqué : «Je mettrai tout mon pouvoir pour vous assurer qu'ils n’auront jamais un État car ce serait un suicide national pour Israël». Il propose au contraire d’annexer 61% de la Cisjordanie en permettant une autonomie palestinienne sur les 39% restants.


Yaïr Lapid n’est pas  un fanatique de la solution à deux États prônée par les occidentaux. Il l’avait déclaré à Ariel, en Cisjordanie, ville de 20.000 habitants disposant d’une université. Dans cet esprit on voit difficilement la marge de manœuvre qu’aura Tsipi Livni dans sa négociation avec les palestiniens ; les seuls à l’appuyer seront les partis travailliste, Meretz et arabes tandis que les forces nationalistes sont en majorité à la Knesset.

Mais cette question ne revêt aucune urgence pour le nouveau gouvernement car le calme règne en Cisjordanie tandis que les palestiniens sont favorables à un statu quo car ils ne croient plus à la viabilité d’un État palestinien avec la clôture de sécurité, les implantations qui se multiplient et les checkpoints. Le président Pérès a pourtant mis en garde la classe politique sur le risque, à long terme, de l’occupation de la Cisjordanie car Israël «ne pourra plus prétendre rester une démocratie si les droits des palestiniens qui y vivent étaient bafoués».



Opposition du Hamas

Mahmoud Zahar

Mais à l’autre bout, les islamistes du Hamas ne croient pas à la solution à deux États puisqu’ils envisagent un pays islamique s’étendant  de la Méditerranée au Jourdain, avec des juifs et des chrétiens tolérés sur leur terre. Mahmoud Zahar a martelé ce principe à Gaza : «Nous considérons que la totalité de la Palestine est notre terre. La tendance islamique est arrivée au pouvoir. Dix ans, c'est assez pour neutraliser la puissance d'Israël et ses partisans. Un régime islamiste a pris le pouvoir à nos portes en Égypte. La Syrie pourrait être le prochain allié du Hamas et en Jordanie le trône du roi Abdallah vacille. Personne ne peut deviner ce qui va se passer demain».

Par ailleurs, toutes les statistiques tendent à démontrer que, dans un seul État, les juifs seront en minorité. C’est pourquoi Naftali Bennett a trouvé la parade en prônant pour les palestiniens de Cisjordanie une autonomie en dehors de l’État d’Israël : «Je n'ai pas de solution claire. La Jordanie est la Palestine». 

Le nouveau gouvernement fera donc face à un dilemme. Il est convaincu qu’Israël ne pourra pas rester démocratique et juif s’il doit contrôler des millions de palestiniens sans leur accorder des droits politiques. Il ne peut pas briser l’encerclement hostile des pays arabes si rien n’est fait pour les palestiniens. Enfin la promesse de Barack Obama d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire passe par un début de solution du conflit palestinien. Bien qu’il ne l’approuve pas, Benjamin Netanyahou ne voit pas d’autre alternative sérieuse à la création de deux États distincts. Le sujet est entre les mains de la nouvelle coalition.  

http://www.tribunejuive.info/politique/les-defis-du-gouvernement-loption-dun-etat-palestinien

2 commentaires:

Lucien GOZLAN a dit…

l'Etat palestinien c'est la Jordanie....!!!!! 80% d'arabes d'origine "palestinienne"....
La Palestine c'est tout ou rien alors .??????. A state is Born en 1948, c'est fini pour cette idée d'une "Palestine" microscopique, est ...NON VIABLE.
On ne peut pas obliger des communautés qui se détestent à ...VIVRE ENSEMBLE....La séparation du KOSOVO avec l'ex-Yougoslavie...

Anonyme a dit…

Créer un État Croupion avec une menace sérieuse du Hamas de détruire Israel est un non sens absolu.Si vous ajoute s cette menace l'intention de faire retourner des millions dd réfugies palestiniens,c'est encore un non sens absolu.La Jordanie et le lieu naturel de vie des palestiniens.Ceux qui sont en Judee Samarie peuvent vivre en Israel ou en Jordanie.