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vendredi 8 mars 2013

LES LOBBIES OU LA DICTATURE PARFAITE par Jean SMIA




LES LOBBIES OU LA DICTATURE PARFAITE

Par Jean SMIA
copyright © Temps et Contretemps


Loin de la caricaturale image du dictateur façon Amin Dada, Sadam Hussein ou Kim Jong-Il, les lobbies ont phagocyté les institutions européennes et installé une dictature parfaite, avec, en prime, un alibi de démocratie : c'est nous qui votons mais c'est eux qui dirigent.





Structures opaques



Il existe à Bruxelles, aux abords des institutions européennes, 2500 structures opaques qui emploient 15.000 lobbyistes, et il y en a bien plus à Washington. On voit que la plupart d'entre eux ont un train de vie enviable, mais personne ne sait qui les paye, ni le mode précis de leur rémunération. Sont-ce des commissions ? Si oui, pourquoi le motif de cette récompense n'est pas public ? Sont-ce des forfaits de «mission» ? Alors pourquoi l'objet de la mission reste secret ? À moins que ce soit nous, européens, qui les payons pour des «comptes rendus» et «études» sur des positions à prendre pour des sujets à l'ordre de la session ?
On sait que les grands groupes économiques, financiers et industriels financent ces officines.

Mais comment, sur un plan comptable, ces paiements entrent dans une nomenclature ?
Lorsqu'un agent commercial ou un apporteur d'affaire doit justifier au fisc ses revenus, il doit fournir les éléments d'appréciations des services rendus (contrat de mission, justification de bonne fin, etc..), mais pour les lobbyistes on n'a aucune information. Si un paiement n'a pas de justification légale, réelle et confirmée, c'est soit une fausse facture, soit un détournement d'actif.



Lois de Bruxelles



En France, comme en Europe, nous élisons des gens pour que s'appliquent, chez nous, les lois votées à Bruxelles. Ce qui fait qu'il suffit d'influer sur Bruxelles pour gérer la France et l'Europe. Étant donné que les simples citoyens ne disposent pas de lobby pour contrebalancer ces dévoiements, que nos députés européens sont des humains donc perméables à toute sorte de chants de ces sirènes, les lobbies peuvent, en toute tranquillité, modeler l'Europe au gré de leurs employeurs. On retrouve, à l'échelle du gouvernement de l'Europe, un schéma identique à celui que les laboratoires pharmaceutiques ont mis en place dans notre ministère de la santé : ce sont leurs salariés qui y donnent leur avis sur l'autorisation de commercialisation de leurs médicaments.

À Washington, il y a aussi encore plus de lobbies, mais aux États-Unis, le président dispose d'un fort pouvoir exécutif. Élu au suffrage universel, il est, à lui seul, le lobby des simples citoyens. Le président de l'Europe, lui, doit demander la permission pour inaugurer des chrysanthèmes. C'est ainsi que la dictature des lobbies s'est installée.

Deux fictions semblent tendre vers le prémonitoire : Aldhous Huxley avec son «meilleur des mondes» où tout est préprogrammé, et Harry Harisson avec «soleil vert» où l'opulence d'une poignée côtoie l'extrême pauvreté de masses sur une planète aux ressources alimentaires épuisées.


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