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mercredi 6 mars 2013

ISRAEL NE PLEURE PAS LA DISPARITION D’HUGO CHAVEZ




KOL-ISRAËL : ISRAEL NE PLEURE PAS LA DISPARITION D’HUGO CHAVEZ

Par Jacques BENILLOUCHE
 copyright © Temps et Contretemps


            Le président vénézuélien Hugo Chavez, opéré à Cuba, se trouvait depuis plusieurs semaines dans «un état critique, mais stable». Il vient de mourir dans son pays après une agonie médicale de plusieurs semaines. Il n’était plus en état de gouverner malgré sa réélection à la tête de son pays, non validée par une prise officielle de fonction. 
         Il avait réussi au départ à tromper son monde car, sous ses allures de progressiste, il portait en lui les stigmates d’un dictateur. Il était à la tête d’un pays, regorgeant de pétrole, qui a souffert du trop-plein de richesse. Mais au lieu de favoriser dans son pays la naissance d’un modèle de démocratie et de privilégier le développement social, il a préféré choisir la voie de la dictature pour imiter les privilégiés de l’OPEP afin d’entrer dans la secte des féodaux du Moyen-Orient. Il avait si peu confiance dans les structures de son pays qu'il avait préféré se faire soigner par des médecins cubains. 

Cliquer sur le lien pour écouter l'interview conduite par Maurice IFERGAN au journal de Kol-Israël du 6 mars 2013

             
video

Rapprochement arabe


Chavez et Omar Al-Bachir


            La malédiction de la profusion des ressources naturelles a touché le Venezuela qui était pourtant un modèle de stabilité. Hugo Chavez décida, dès son arrivée au pouvoir, de bouder le clan des pays démocratiques pour rejoindre celui des dictateurs. Les bases sociales du pays s’opposaient pourtant à l’instauration d’une dictature mais il s’est appuyé sur les reculs sociaux pour museler l’opposition et affaiblir les partis. Il grignota progressivement les espaces de liberté jusqu’à interdire les plus grands médias de son pays.

            Mais, en rejoignant les pays arabes producteurs de pétrole, il radicalisa son opposition à Israël dans une attitude qui n’entrait pas dans la tradition du pays. Il pensait que le passeport pour participer au cercle fermé de l’OPEP passait par le déni d’existence de l’État Juif. Et au comble du raisonnement, le Venezuela se chercha une nouvelle identité pour intégrer la Ligue Arabe. Il accepta dans un premier temps un strapontin d’observateur, en attendant de trouver des ancêtres «bien-pensants» qui lui donneraient son certificat d’arabité. 
Synagogue de Caracas vandalisée

            La volonté d’appartenance au monde arabe pourrait à elle seule expliquer l’insistance de Hugo Chavez à contrer Israël jusqu’à ne plus contrôler ses relents antisémites. Il voulait obtenir son ticket d’entrée dans le monde fermé des milliardaires de la Ligue arabe, créée le 22 mars 1945 par l’Egypte opposée à l’époque aux britanniques qui cherchaient à museler la région.  Il a suscité en 2009 la vague d’antisémitisme, sans précédent, contre la communauté juive qui compte 25.000 personnes. La grande synagogue de Caracas avait été profanée  quelques jours après un appel au boycott des magasins juifs. L’arche sainte et des livres de prières avaient été détériorés tandis que les murs étaient souillés de slogans antisémites. Hugo Chavez avait mollement rejeté la responsabilité de ces actes sur ses opposants politiques.



Axe irano-vénézuélien


Chavez et Ahmadinejad


            Il s’était allié aux pires ennemis d’Israël. Le président Mahmoud Ahmadinejad, qui avait reçu en grandes pompes son homologue vénézuélien et qui avait accusé les pays occidentaux d’organiser l’isolation diplomatique de l’Iran, avait obtenu le soutien affiché d’Hugo Chavez : «Je dois profiter de l'occasion pour condamner ces menaces militaires dirigées contre l'Iran». Il avait alors contresigné le message d’Ahmadinejad destiné aux israéliens : «Les ennemis de nos peuples partiront un jour. C'est la promesse de Dieu, et la promesse de Dieu sera tenue». Ces deux pays, qui ont pour seul point commun d’être membres de l’OPEP, se sont donnés pour objectif de s’opposer à l’hégémonie américaine et à la présence israélienne au Proche-Orient. Le symbole de la visite d’Hugo Chavez consistait à prouver que l’Iran maintenait des liens exceptionnels avec plusieurs pays et que la volonté des Etats-Unis de l’isoler s’était transformée en échec.     
     

Le revirement du président vénézuélien avait, en fait, pour but de masquer ses échecs en Amérique latine. Morales, le bolivien, lui avait damé le pion à gauche, le Pérou et le Mexique l’ignoraient et son initiative bolivarienne avait fait chou-blanc. Alors qu’il rêvait d’enflammer l’Amérique du Sud à l’instar d’un Ché Guevara plus charismatique, il était contraint de chercher ailleurs ses nouveaux alliés dont les noms suffisaient à démontrer la vanité de sa démarche. Il organisa alors une tournée auprès de plusieurs dictateurs pour s’inspirer de leurs méthodes : l’Iran d’abord pour  parler de nucléaire avec Ahmadinejad  puis la Biélorussie, la Corée du Nord et enfin la Syrie pour tenter d’obtenir  son certificat de «conversion arabe».



Manque de volonté internationale



            Les occidentaux ne semblaient pas intéressés à changer le cours des choses car les régimes dictatoriaux sont propices à leurs intérêts fondamentaux. Ils leur ouvrent le droit à une exploitation tranquille des ressources naturelles dans des pays forts, donc stables, qui peuvent s’opposer aux revendications de révolutionnaires cherchant à déloger les «pilleurs de ressources».

            Le Venezuela, comme les pays pétroliers arabes, ne fait pas bon ménage avec Israël puisqu’il mêlait sa politique anti-israélienne d’antisémitisme. La raison principale veut qu’Hugo Chavez rejette tout ce qui touche de près ou de loin à la démocratie. Or Israël est le seul point de fixation démocratique dans une région qui ne l’est pas et qui ne cherche pas à l’être malgré les révolutions arabes qui ont ouvert des horizons nouveaux mais qui ont déçu. Il faut donc combattre tout pouvoir du peuple sinon le détruire.

Pour garantir leurs approvisionnements, les démocraties se montrent très complaisantes à l’égard des dictateurs tenants du pétrole. Elles tardent à pointer du doigt ces pays où la liberté a été confisquée, où l’opposition est muselée et où les prisons regorgent de politiques. Hugo Chavez et son ami Ahmadinejad ont vite assimilé ce postulat pour pouvoir se permettre de développer des critiques permanentes à l’encontre des Etats-Unis et d’Israël.

Israël ne versera aucune larme pour Hugo Chavez car il ne pourrait pas avoir, à sa place, de pire opposant. Il faut souhaiter que son remplaçant soit plus lucide sur les véritables amis du pays et de sa population et qu'il puisse, au moins, adopter une position de neutralité vis-à-vis d’Israël.   


2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

La mort libère toujours un espace, surtout la mort des dirigeants politiques.

Nizar CHABBI a dit…

on s'en serait douté