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samedi 9 mars 2013

HUGO CHAVEZ : ECHEC ET MAT ou les racines du mal antisémite




LE REGARD DE JACQUES BENILLOUCHE POUR TRIBUNEJUIVE.INFO
HUGO CHAVEZ : ECHEC ET MAT
ou les racines du mal antisémite 

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

Carapintadas

Hugo Chavez avait reçu une éducation qui ne pouvait le mener qu’à un antisémitisme viscéral. Sa mère rêvait qu'il devienne prêtre catholique et lui avait préparé la voie en le poussant à servir comme enfant de chœur pendant un an. Il choisira en fait la carrière militaire durant laquelle il s’était rapproché alors des Carapintadas (en espagnol : «visages peints» parce qu’ils se noircissaient le visage), groupe de militaires argentins d'extrême droite.



Idéologie antisémite
Ceresole et Chavez


Chavez s'était longtemps abreuvé des œuvres de Norberto Ceresole, idéologue argentin antisémite, proche des Carapintadas et avait été séduit par son nationalisme anti-impérialiste exacerbé. Il a subi une influence idéologique profonde auprès de ce politologue et sociologue qui s’était illustré comme l’un des auteurs négationnistes latino-américains les plus prolifiques. Affichant une proximité idéologique forte avec Robert Faurisson, dont il se déclarait volontiers l’élève et qu’il citait abondamment dans ses écrits, ou avec Roger Garaudy qui préfaça l’un de ses livres, Norberto Ceresole se réclamait d’un péronisme autoritaire et «post-démocratique» reposant sur le triptyque «caudillo-armée-peuple» et se voulait nationaliste révolutionnaire.

Ses écrits, où se mêlent culte du chef, hantise de la démocratie libérale, antisionisme radical et négation du génocide juif, ont valu à Ceresole d’être taxé de fasciste et d’antisémite. Ils n’en ont pas moins exercé une influence significative sur de nombreux cadres militaires latino-américains et sur Chavez en particulier. Connu pour ses ouvrages négationnistes, souvent taxé de fascisme et d'antisémitisme, il avait écrit un livre polémique «La question juive et l’État d’Israël». En mai 2006, Hugo Chavez reconnaitra cette amitié, évoquant «un grand ami» et «un intellectuel respectable» lors de l'émission télévisée.

Il n’est donc pas étonnant qu’Hugo Chavez ait institué une rhétorique antisémite et anti-israélienne qu’il utilisait comme outil politique contre Israël, et contre les juifs du Venezuela en particulier. Il était aussi arrivé à cette extrémité par la haine viscérale qu’il manifestait à l’égard des États-Unis, alliés fidèles d’Israël. Il s’était donné l’image d’une sorte de Robin des Bois défiant à la fois l’Empire symbolisé par les États-Unis et l’oligarchie c'est-à-dire les riches et les juifs en particulier dans la conception traditionnelle de l’antisémitisme.


 Ainsi, le 24 décembre 2005, Hugo Chavez avait prononcé un discours concernant les inégalités sociales : «Il y a dans le monde de quoi satisfaire les besoins de tout le monde, mais dans les faits des minorités, les descendants de ceux qui ont crucifié le Christ, les descendants de ceux-là même qui ont expulsé Bolivar d'ici et qui l'ont crucifié à sa manière à Santa Marta en Colombie. Une minorité s'est appropriée les richesses du monde, une minorité s'est emparé de l'or de la planète, de l'argent, des minerais, des eaux, des bonnes terres, du pétrole, des richesses et ils ont concentré les richesses en peu de mains : moins de dix pour cent de la population du monde est maîtresse de la moitié de la richesse de tout le monde.» Le ton était donné pour la suite des évènements qui vont le pousser à s’associer aux pires ennemis d’Israël.


Vide autour de lui
Chavez et Maduro


À la manière d’un dictateur, il avait su faire le vide autour de lui en coupant méthodiquement les têtes susceptibles de lui faire concurrence, ce qui laisse aujourd’hui peu de choix pour sa succession. Deux leaders de son parti émergent Nicolas Maduro et Diosdado Cabello qui devraient trouver un terrain d’entente pour ne pas faire exploser leur mouvement.

Adoubé par le Comandante comme un révolutionnaire à part entière, l’ancien chauffeur de bus de 50 ans, Nicolas Maduro, ministre des affaires étrangères, a vraisemblablement toutes les cartes en main pour accéder à la tête du Venezuela. Mais Diosdado Cabello, président de l’assemblée nationale, a l’avantage d’être très influent au sein de l’armée qui détient en fait le pouvoir dans l’ombre. 
Cependant il est à craindre que le nouveau président suive les traces de son mentor en continuant à attiser l'antisémitisme comme outil politique car la tâche n’est pas facile dans un pays profondément divisé et un parti, le Parti socialiste uni (PSUV) qui n’est pas sûr de résister à la perte de son chef.  Le programme de Maduro et Cabello sera calqué sur celui de Chavez à savoir frais médicaux gratuits, magasins de produits alimentaires subventionnés: «Notre peuple ne verra plus jamais la bourgeoisie piller ce pays. Mieux vaut être mort que traîtres au peuple et à Chavez !»
Hugo Chavez et Jean-luc Melenchon

Le nouveau président suivra la politique de Chavez, fils spirituel de Fidel Castro et inspiré du révolutionnaire Bolivar parce que, chantre du «socialisme du XXIe siècle», il représentait le visage du Venezuela de ces quatorze dernières années. Mais le leader charismatique entretenait une image ambivalente. Celle d’un tribun socialiste soucieux du sort des pauvres pour qui il a planifié la grande vague de nationalisations lancée en 2000, ou d’un dirigeant autoritaire, égocentrique, et populiste. Il a réussi à essaimer sa politique auprès des dirigeants socialistes d'Amérique latine tels que le Bolivien Evo Morales, l'Equatorien Rafael Correa et le Nicaraguayen Daniel Ortega, et a fait de Jean-Luc Melenchon son fils spirituel en France.
Pompeyo Marquez


L’opposition est représentée par le jeune premier Henrique Capriles, 40 ans, centriste modéré, gouverneur de Miranda, qui avait réussi aux dernières élections à réduire l’écart de la victoire de Chavez de 26% à 11%.  Les partisans de Chavez l'avait alors accusé d'être «un agent sioniste»  en référence à ses origines juives en tant que petit-fils d'un survivant de la Shoah. Mais l’opposition est qualifiée à tort de droite bien qu'elle soit certes constituée de gros bataillons de droite qui n’ont jamais soutenu le régime de Chavez. On compte aussi parmi elle des vrais  penseurs  comme Pompeyo Marquez, ex théoricien de la guérilla et grand dirigeant communiste, chante de l’antichavisme. Par ailleurs des militants de gauche ont rejoint l’opposition car il n’y a jamais eu une unanimité à gauche pour rejoindre le camp de Chavez. Donc Capriles regroupe plusieurs tendances de l’échiquier politique. 


Malédiction du pétrole




La malédiction du pétrole a déstructuré l’économie du Venezuela. De grande puissance agricole assurant 45 % de sa consommation de nourriture avant Chavez, le pays est obligé aujourd’hui de tout importer. Le système de distribution de nourriture subventionnée Mercal a débouché sur la pénurie de certains produits car ils sont payés à un prix imposé par l'État en dessous du prix du marché. Par ailleurs, le travail n’a été ni favorisé et ni valorisé dans un pays qui détient la première réserve mondiale de pétrole conventionnel avant l’Arabie saoudite et qui exporte 1,5 millions de barils par jour faisant entrer 150 millions de dollars par jour dans les caisses de l’État. 
Le pétrole a généré la corruption et la circulation de grandes masses d’argent et entrainé une croissance de la violence. Le pouvoir ne contrôle plus la sécurité du pays avec une prolifération d’armes à feu tandis que les gangs s’entretuent avec des munitions qui viennent de l’armée. Caracas est qualifiée de capitale parmi les plus violentes du monde tandis que le Venezuela devient une plaque tournante pour le commerce de la drogue, avec la participation des forces de sécurité.  
Les obsèques de Chavez

Hugo Chavez  a gaspillé une occasion extraordinaire, comme la Norvège, d’utiliser le boom pétrolier sans précédent pour s’équiper d'infrastructures de classe mondiale et pour fournir une meilleure éducation et une meilleure santé à sa population. Au lieu d’investir la manne pétrolière dans l’industrie génératrice d’avenir, le gouvernement la redistribue en aides sociales et en emplois de fonctionnaires puisque le Venezuela compte deux millions de fonctionnaires sur 28 millions habitants. Il en est à brader son pétrole au Nicaragua pour acheter des haricots noirs. L’absence d’industrialisation entraine que 95% des devises du pays viennent de la vente du pétrole créant une dépendance totale du pays vis-à-vis de l’étranger et des États-Unis, premier client, puisque le Venezuela n’a pas sur place de raffineries de pétrole lourd, le plus présent dans les sous-sols et le plus exploité dans le pays.

Cette désindustrialisation a entrainé une fuite des cerveaux qui appauvrit le pays, incapable de faire face à ses propres besoins technologiques. Une des rares raffineries de pétrole léger vient d’ailleurs d’exploser par suite d'absence de personnel compétent. Hugo Chavez a gaspillé sa richesse à l’étranger en créant un bloc anti-américain et anti-israélien qu'il a appelé l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba). Il a financé l’élection de dirigeants des pays d’Amérique Latine comme l'argentine Cristina Fernández et son mari, Nestor Kirchner et  les guérillas colombiennes des FARC, en leur permettant d'utiliser le Venezuela comme base. Par ailleurs il vient de signer un important contrat d’armement avec la Russie de 15 milliards de dollars.
Bidonvilles de Caracas


Alors les gens restent pauvres au Venezuela et il n’y a aucun ascenseur social dans les bidonvilles qui se multiplient. Pour un pays qui est assis sur un trésor noir, il y a des coupures d’électricité régulières et pas assez de goudron pour terminer les routes. Enfin le taux d'inflation est de 18% tandis que la monnaie a été dévaluée de 32% en février.

Le défi sera grand pour la nouvelle gouvernance car, alors que tous les pays d’Amérique Latine, dirigés par des gouvernements de gauche, ont aligné des résultats économiques excellents, le bilan économique de Chavez est catastrophique. La révolution bolivarienne a été corrompue parce que mal gérée. L'économie est devenue de plus en plus dépendante du pétrole et des importations. La prise de contrôle par l’'État des fermes a réduit la production agricole. Les contrôles des prix et du change ont aggravé l'inflation et  la pénurie des produits de première nécessité. 
Le gâchis et la démesure ont entrainé une faillite qui laissera peu de temps aux nouveaux dirigeants, qui ont subi pendant quatorze ans un lavage de cerveau, pour redresser la barre et reconsidérer la position anti-israélienne du Venezuela. Israël et ses technologies agricoles modernes pourraient pourtant aider le pays à restructurer sa production agricole et à se doter d'industries de pointe.  

http://www.tribunejuive.info/politique/chavez-echec-et-mat-le-regard-de-jacques-benillouche-pour-tribunjuive-info 


4 commentaires:

Vincent VANNIER a dit…

C'est vrai j'oubliais, CHavez le Saint homme que l'on a pas le droit de critiquer ! Mélenchon va certainement venir me lyncher....

Marianne ARNAUD a dit…


Ah non, monsieur Benillouche, ne nous dites pas que l'éducation catholique de Chavez "ne pouvait le mener qu'à un antisémitisme viscéral" !
Vous ne sauriez imaginer le nombre d'anciens enfants de choeur qui, à l'âge adulte, sont devenus des athées bon teint, totalement étrangers à toute forme d'antisémitisme.
Chavez, en parfait démagogue, a choisi les thèmes et la façon de les aborder qu'il savait être porteurs auprès du peuple vénézuélien, et que sa cause nécessitait.
Présenter Israël comme ennemi du peuple, en était un.
Je suppose qu'il y en a eu beaucoup d'autres.
Très cordialement.

Jen H KA a dit…

Ce mec me fait vomir, et encore plus, son statut d'icône. Après Hessel, il me semble que le monde ne veut voir que ce qu'il veut bien voir.

Avraham NATAF a dit…

Au Venezuela ou ailleurs l'antisionisme est une excuse et l'antisemitisme est la raison