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dimanche 3 mars 2013

DES PARLEMENTAIRES AMÉRICAINS POUR UNE FRAPPE CONTRE L’IRAN




DES PARLEMENTAIRES AMÉRICAINS POUR UNE FRAPPE CONTRE L’IRAN

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


Le Sénat américain a confirmé le 26 février la nomination de Chuck Hagel au poste de secrétaire à la Défense au terme d'un bras de fer avec le président Obama et après une procédure de blocage républicaine sans précédent. Les élus se sont prononcés par 58 voix contre 41 mais une grande majorité d'entre eux préférait un autre candidat. En plus des voix des démocrates et des indépendants, quatre républicains ont voté pour l'ancien sénateur du Nebraska. Barack Obama a alors déclaré : «Je remercie Chuck Hagel de nous avoir rappelé que, lorsqu'il s'agit de notre défense nationale, nous ne sommes ni démocrates ni républicains, mais américains».





Lobby israélien


Obama au congrès de l'Aipac


Les républicains étaient vivement opposés à la nomination de Chuck Hagel jugé trop conciliant à l'égard de l'Iran, pas assez proche d'Israël et favorable aux coupes budgétaires de l’armée. En écho et à l’approche de la visite de Barack Obama en Israël, des sénateurs américains ont tenu à s’engager sur le nucléaire américain le jour où, justement, Chuck Hagel prenait ses fonctions. Le sénateur républicain Lindsey Graham et le démocrate Robert Menendez ont cosigné une résolution exigeant un soutien américain à une attaque militaire israélienne contre les installations nucléaires iraniennes. Ils expriment en fait le sentiment répandu d’une majorité des membres du Congrès.
Lindsay Graham

Cette résolution, soutenue par d’importantes personnalités démocrates, sera portée par les délégués du lobby israélien AIPAC à l’occasion de leur congrès annuel qui se réunira au début du mois de mars. Les sénateurs américains veulent ensuite défendre un projet de loi engageant les États-Unis à s’impliquer en cas d’attaque israélienne qui, selon certains experts, risque de déstabiliser la région, d’écrouler l’économie mondiale et de pousser les iraniens vers une attitude extrême.
Robert Menendez

Selon des indiscrétions américaines, la résolution «demande instamment que le gouvernement des États-Unis soutienne Israël et lui fournisse un soutien diplomatique, militaire et économique dans la défense de son territoire, de sa population et de son existence,  si le gouvernement d'Israël était  obligé de prendre des mesures militaires en cas de légitime défense » Les sénateurs se défendent de vouloir donner un feu vert à une action israélienne, à fortiori américaine. 
Gary Sick

Mais Gary Sick, professeur à l’université de Colombia et expert sur l’Iran, qui avait travaillé au Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche,  s’insurge contre un éventuel engagement des États-Unis dans une guerre décidée par un État étranger : «Lancer une guerre est la pire étape que toute nation peut prendre. Cette loi aurait pour effet de confier cette décision à un État régional alors qu’une telle décision est une responsabilité américaine qui ne peut pas être sous-traitée.»



Iran belliciste


Obama-Hagel au Pentagone


Bien sûr cette résolution ne fait pas acte de loi au Congrès et elle risque de rejoindre les nombreuses autres sans effet qui ont déjà été émises, en particulier celle proposée fin 2011 par 73 sénateurs républicains conduits par le sénateur Louie Gohmert. Mais celle-ci, qui a l’avantage d’être aussi cosignée par des démocrates, tend à souligner le danger d’un Iran belliciste, soupçonné de fabriquer des armes nucléaires, au moment où des négociations sont en cours. Elle rejoint le discours de Barack Obama qui avait déclaré vouloir «empêcher l'Iran d'obtenir une arme nucléaire».

Les deux sénateurs ont volontairement choisi le moment du congrès de l’AIPAC pour donner plus de poids à leur démarche en bénéficiant de l’influence du lobby et de ses milliers de délégués. Mais les amis de l’Iran ne restent pas inertes. Alizera Nader, analyste iranien à la Rand corporation plaide pour une position plus neutre : «Cela pourrait avoir plusieurs conséquences négatives. La résolution pourrait être interprétée comme approuvant une frappe israélienne préventive contre l'Iran, ce qui va à l'encontre de la stratégie américaine. Les services de renseignements ont établi que l'Iran n'a pas pris la décision politique de créer des armes nucléaires. Une capacité nucléaire iranienne n'est pas imminente, par conséquent, une attaque militaire israélienne contre l'Iran, en ce moment, n'est pas nécessaire ou justifiée et pourrait pousser l’Iran à se doter d'armes nucléaires de façon plus agressive que jamais».

Les résolutions du lobby font partie du jeu américain. Elles précèdent généralement un projet de loi au Congrès. Dans ce cas précis la résolution Graham-Menendez tente d’influencer la politique que choisira le nouveau Secrétaire d’État Hagel.

1 commentaire:

sylvieb a dit…

à suivre avec beaucoup d'attention