ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mardi 26 février 2013

RÉCONCILIATION PALESTINIENNE EN PANNE



RÉCONCILIATION PALESTINIENNE EN PANNE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
             
          La droite nationale israélienne donne souvent l’argument qu’aucune paix ne pourra être signée avec les palestiniens sans interlocuteur légitime unique, capable d’entériner les décisions d’une négociation sur le processus de paix. Certes, tous les accords de réconciliation signés par les palestiniens ont toujours été voués à l’échec.  En fait une bataille sournoise sévit entre le Hamas et le Fatah réduisant à zéro toutes les tentatives d’union. Chaque faction fait du porte à porte pour pousser les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales avec l’ambition cachée de les voir voter pour eux lorsque les élections seront programmées. Et pourtant aucun signe ne prédispose à croire que des élections seront planifiées à court terme.




Redynamisation de l’OLP


Khaled Mechaal et Mahmoud Abbas au Caire


La commission de développement de l’OLP s’était réunie en février au Caire pour poursuivre l’examen des clauses introduites à l’ordre du jour, et en particulier la loi portant élection de l’Assemblée nationale palestinienne. De son côté, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, avait déclaré à la presse que la réunion s’était penchée sur la question de la réconciliation à travers les commissions spécialisées dans la préparation des élections présidentielle et législatives. Le document de «redynamisation et de développement de l’OLP» avait proposé la formation d’un nouveau Conseil national représentant toutes les forces politiques, factions et associations palestiniennes, ainsi que des personnalités indépendantes. La durée du mandat de la commission avait été fixée à quatre ans pour coïncider avec les élections du Conseil législatif.

En fait le large fossé politique existant entre les factions rivales reporte la réconciliation aux calendes grecques. Cinq points importants de divergence ont été répertoriés. Le Fatah et le Hamas ne sont pas d’accord sur le système électoral à appliquer. Le Fatah souhaite une proportionnelle intégrale pour les présidentielles, les législatives et les élections au Conseil national. Le Hamas exige que 25% des représentants soient élus sur la base de circonscriptions électorales.

Le Fatah exige que les élus au parlement en Cisjordanie et à Gaza intègrent automatiquement le Conseil national alors que le Hamas souhaite des élections distinctes pour le Parlement et le Conseil. D’autre part, le Hamas voudrait modifier la compétence de la commission électorale et attribuer plusieurs circonscriptions aux représentants de la diaspora palestinienne.



Deux États

  
Saeb Erekat

Par ailleurs, les deux partis rivaux divergent sur les questions de sécurité sur la base d’accusations réciproques. Le Hamas accuse Mahmoud Abbas de refuser la réconciliation car il est à la botte d’Israël et des États-Unis et parce qu’il ne veut pas indisposer Barack Obama à l’occasion de son prochain voyage dans la région. Le Hamas n’a pas apprécié que le président de l’Autorité pose comme condition de réconciliation l’acceptation du principe du dogme de deux «États pour deux peuples» rejeté par les islamistes parce qu’il implique la reconnaissance de l’existence d’Israël. Saeb Ereikat, membre du Comité central du Fatah, a démenti tout lien entre la prochaine visite d’Obama à Ramallah et les atermoiements constatés sur la réconciliation nationale. Ereikat a déclaré le 24 février que «La réconciliation nationale ne sera pas reportée après que Obama et le secrétaire d’État John Kerry aient visité la région. Les États-Unis ne veulent pas de réconciliation, ce qui est leur propre opinion, mais la position du président Abbas est que la réconciliation est une obligation de premier plan et notre premier objectif dans l’action.»
Khalil Al-Hayya

Sur un autre plan, le Hamas accuse le Fatah d’avoir fait libérer tous ses militants des prisons israéliennes et de continuer d’arrêter et de soumettre à des interrogatoires des centaines de membres du Hamas en Cisjordanie. Khalil Al-Hayya, membre du bureau politique du Hamas, a déclaré que : «Un accord sur les libertés est essentiel afin de créer un climat propice à un accord sur une date pour les élections. L’accord sur la formation d’un gouvernement de consensus et sur la durée de son mandat dépendra de l’accord entre les factions sur les conditions et les exigences pour la tenue d’élections pour le Conseil national, le parlement et la présidence».

Échec flagrant


En fait la réunion du Caire a été un échec flagrant dont on cherche à minimiser la portée. Khalil Assaf, grande figure du Forum indépendant en Cisjordanie, n’a pas mâché ses mots en accusant les deux factions d’être coresponsables de l’échec de la réunion du Caire. Il accuse les deux parties de n’avoir aucune intention sincère : «Il est évident que les intérêts partisans et individuels ont pris le pas sur les intérêts nationaux. Je blâme les deux partis pour cet échec,  quoique à des degrés divers. Il était clair que le Fatah attendait que le Hamas fasse un faux pas et puisse être mis en cause, et vice versa. Malheureusement, ceux qui en paient le prix sont les palestiniens, et ceux qui bénéficient de cette situation sont les occupants, leurs programmes et leurs colonies. Aussi, je pense maintenant que le peuple palestinien devrait prendre des mesures et descendre dans la rue.» Il s’agit d’un appel clair à une nouvelle intifada. 

Mais les nationalistes israéliens peuvent être tranquilles. Il y a peu de chance que les palestiniens parviennent à une réconciliation qui aurait pu apporter du tonus au processus de paix moribond. Les clans palestiniens se font peu confiance et soupçonnent les uns et les autres de faire appel aux interventions étrangères  pour briser le consensus d’une union nationale. L’union nationale est ainsi à la dérive.
 

Aucun commentaire: