ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

dimanche 17 février 2013

L’IRAN VEUT VENGER LA MORT DU GÉNÉRAL SHATERI



L’IRAN VEUT VENGER LA MORT DU GÉNÉRAL SHATERI

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps 


Général Hassan Shateri

            Les détails de l’opération du 30 janvier 2013 sont encore nébuleux car Israël garde le mystère entier en ne communiquant pas ou en imposant une censure militaire. L'État juif craint une dissémination d'armes chimiques en provenance du régime de Bachar el-Assad. Cette attaque s'inscrivait également dans sa volonté d'éviter que le conflit syrien déborde sur les villes du Golan, donnant ainsi l'occasion à l'Iran et au régime syrien de faire diversion.



Éliminer les cadres
Général Qassem Soleimani

            Mais cette attaque semble avoir eu un double objectif consistant à frapper les forces iraniennes au combat en Syrie et à éliminer les cadres iraniens qui collaborent avec le Hezbollah avec l’intention soit de sauver le régime de Bachar el-Assad, soit de préparer la relève du pouvoir par les islamistes en cas de chute du régime syrien. Le commandant des Brigades Al-Qods, le général Qassem Soleimani, se trouvait alors en Syrie, à la frontière israélienne, et il était le premier visé d’abord par un attentat au Golan syrien auquel il a réchappé et ensuite par la frappe d’un convoi d’armement.
            L’Iran a publié un communiqué, le 16 février, annonçant qu’il a l’intention de se venger sur Israël pour l’assassinat d’un commandant des pasdarans en Syrie, de surcroit collaborateur du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali  Khamenei. Les iraniens avaient précisé au départ que Hessam Khoshnevis , allias Hassan Shateri, avait été tué en Syrie par les rebelles qui se battaient contre le président syrien soutenu politiquement et militairement par les iraniens. De leur côté, les rebelles accusaient la Garde révolutionnaire iranienne d’aider les troupes d’Assad à écraser le soulèvement qui dure depuis 22 mois déjà. L’Iran n’a jamais affiché ouvertement son soutien matériel au président Assad et dément toute implication de ses troupes en Syrie.
En fait il semble bien que, pour éviter toute confrontation avec les israéliens, les iraniens aient caché le jour et la date de la mort de Shateri qui a eu lieu le 30 janvier, à l’occasion de la frappe aérienne israélienne présumée contre un convoi d'armes destiné au Hezbollah au Liban. Le général iranien et deux officiers, roulant en voiture, ont été les objectifs réels de cette frappe aérienne. Les iraniens ont rapproché cet assassinat de celui à Damas du responsable de la sécurité du Hezbollah, Imad Moughniyeh, en février 2008, qui occupait les mêmes fonctions que le général Shateri.
Imad Moughnieh

La main présumée d’Israël

            La précision très militaire de la conduite de l’opération et l’infiltration profonde en Syrie des membres du commando incitent les iraniens à attribuer la paternité de l’assassinat à Israël. On ne prête qu’aux riches bien sûr. Les détails de la mort de Shateri sont encore fragmentaires et seul l'envoyé iranien à Beyrouth, Ghazanfar Roknabadi, a envisagé un lien entre son assassinat et Israël. Ali Shirazi, représentant de Khamenei auprès de la force Al-Qods, armée de l'ombre du régime iranien, a estimé que cet assassinat renforçait la conviction de l’Iran de «s’attaquer à Israël». 
Officiers iraniens d'Al-Qods

          Shateri appartenait à cette unité d’élite Al-Qods, faction clandestine considérée comme le fer de lance de la «mollahcratie» de Téhéran, chargée d’agir pour promouvoir les acquis de la révolution islamique à l'étranger. L’agence iranienne ISNA a publié une menace : «Nos ennemis doivent aussi savoir que nous allons rapidement venger la mort de Haj Hassan Shateri perpétrée par les israéliens. Nos ennemis ne peuvent pas éteindre le peuple iranien avec ces actes stupides». Aucun commentaire israélien n’est venu étayer l’hypothèse de l’action de ses services sécuritaires dans cette action.

Cadre de haut niveau

Le service de presse de Gardiens de la révolution a déclaré que Khoshnevis avait été «martyrisé sur son chemin de Damas à Beyrouth par des mercenaires». En revanche on en sait plus sur les états de service de Khoshnevis, alias Shateri,  qui a occupé une fonction d’ingénieur militaire pendant le conflit entre l’Iran et l’Irak, de 1980 à 1988, et qui a ensuite été envoyé en mission en Afghanistan. Il a été chargé des grands projets de reconstruction civile au Liban au cours de ces sept dernières années tout en aidant le Hezbollah libanais dans la construction de ses bases militaires et de ses blockhaus souterrains. 
L’importance de la personnalité  de Shateri a été attestée par l’imposante cérémonie funèbre du jeudi 15 février qui a été conduite par le ministre de la défense Ahmad Wahidi, le ministre des affaires étrangères Ali Akbar Salehi et le commandant des brigades Al-Qods le général Qassem Soleimani. Le général défunt était en effet missionné  pour créer en Syrie une brigade de 10.000 miliciens, constituée paritairement avec des gardes révolutionnaires iraniens et des membres libanais du Hezbollah. Cette force avait pour objectif de renforcer la défense de Bachar Al-Assad autour de Damas et de sécuriser les axes routiers menant au Liban pour le transfert d’armes de haute technologie. Mais elle représentait effectivement un danger latent aux frontières d'Israël. D'ailleurs le principal bloc de l'opposition syrienne a accusé le 17 février le Hezbollah libanais d'intervenir "militairement" dans le conflit en Syrie, soulignant que cela constituait un "danger" pour la paix et la sécurité dans la région.
L’assassinat de Shateri n’a pas été revendiqué et il est probable qu’il ne le sera jamais même si l’Iran pointe du doigt les services du Mossad.

1 commentaire:

Brigitte BARKATZ a dit…

on s'y attendait