ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

vendredi 22 février 2013

LA COALITION DES CONTRAIRES





LA COALITION DES CONTRAIRES

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM
Benyamin Netanyahou s’était fait élire avec pour tout programme, un slogan «un homme fort pour un État fort». L’État  devra demeurer fort, c’est une nécessité, mais les électeurs en dispersant  leurs suffrages ont fragilisé le futur  premier ministre.  Quelle que soit la coalition formée, Benyamin Netanyahou en sera l’otage alors qu’il souhaitait avoir les mains libres pour exercer son troisième mandat. 

Cliquer sur le lien pour écouter l'émission


Cliquer sur le triangle noir pour écouter l'émission

Avec seulement 31 mandats obtenus à l’issue du scrutin, dans le cadre de l’alliance Likoud Israël Beitenou, il est obligé de trouver des alliés pour atteindre les 61 mandats qui lui permettraient de s’assurer la majorité à la Knesset. En accordant 19 mandats au parti de Yaïr Lapid et 12 députés au parti de Naftali Bennett, les électeurs, ont exprimé leur désir de changement, et ils ont envoyé à la Knesset des députés qui, en principe, défendent  des positions différentes de celles de la coalition sortante mais qui peuvent aussi s’opposer entre eux sur certains sujets, comme celui de l’avenir de la Cisjordanie.



Union nationale




Benyamin Netanyahou souhaite reconduire la coalition Likoud-Israël Beitenou et partis ultraorthodoxes, qui  a gouverné le pays ces dernières années, en l’élargissant aux partis de Livni, de Lapid et de Bennet  pour former un  gouvernement d’union nationale. Le service militaire pour tous, les négociations avec les palestiniens en vue d’aboutir à la création d’un Etat palestinien, un affaiblissement du pouvoir des ultra orthodoxes, la défense des couches moyennes constituent les nombreuses pierres d’achoppement. Le chef du Likoud ne veut pas rompre son  alliance, vieille de plusieurs années déjà, avec les partis ultraorthodoxes, dont il sait pouvoir s’assurer le soutien indéfectible, moyennant l’attribution de certains ministères et le statu quo en ce qui concerne  le service militaire des étudiants, ou pseudo étudiants de Yeshivot. Lapid et Bennet veulent écarter les ultraorthodoxes et exigent le partage du fardeau de la défense par tous les citoyens.

Benyamin Netanyahou a déjà  réussi à s’assurer la participation de Tzipi Livni à son futur gouvernement en lui accordant le ministère de la justice. Elle  sera, aussi, chargée sous l’autorité du premier ministre, des négociations avec les palestiniens, et son  second de liste Amir Peretz, travailliste il y a encore peu, sera ministre de l’environnement ; c’est un bon résultat pour un parti qui ne compte que six députés. On peut être étonné de la plasticité du personnel politique israélien, quand on  se souvient des qualificatifs injurieux que se sont attribués mutuellement  Livni et Netanyahou, encore tout dernièrement….. mais enfin elle a déclaré qu ‘elle n’avait accepté «qu’en raison d’un impératif stratégique et moral de ne laisser aucune pierre non retournée, d’épuiser toute possibilité et de faire partie de tout gouvernement s’engageant à apporter la paix»



Pacte Lapid-Bennett



Dans la mesure où elle accepte de faire parti d’un gouvernement dans lequel les ultraorthodoxes sont présents, le premier ministre bénéficie, avec Kadima, du soutien de 57 députés. Mais cela ne suffit pas il en faut au moins 61. Benyamin Netanyahou va donc essayer de rompre le pacte qui lie Lapid à Bennett : ils se sont engagés à n’entrer qu’ensemble au gouvernement, et à leurs conditions, lesquelles sont inacceptables pour le premier ministre. Ce dernier qui veut maintenir Lapid dans l’opposition et l’isoler, il craint ce concurrent trop ambitieux mais aussi trop médiatique, va essayer de négocier avec Bennet. S’il échouait, il ne lui resterait plus que deux possibilités, soit trouver un accord avec Shelly Yachimovich, la dirigeante du parti travailliste, ce qui paraît difficile, mais on ne sait jamais, soit soustraire à d’autres partis les députés qui lui manquent, moyennant un poste de ministre ou de sous ministre. Il en trouvera bien quelques uns prêts à retourner leur veste pour le bien du pays.

Quoiqu’il en soit, je fais confiance à Benyamin Netanyahou pour arriver à former un gouvernement, mais la marge de manœuvre du premier ministre sera d’autant plus réduite que sa majorité sera étroite. Si elle était plus large, il serait en permanence sous la menace du retrait de l’un ou l’autre de ses alliés dans cette coalition des contraires.  

Aucun commentaire: