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jeudi 24 janvier 2013

TRAVAILLISTES : OÙ EST L’ERREUR ?



TRAVAILLISTES : OÙ EST L’ERREUR ?

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

                 
Au dernier décompte Bennett gagnerait un siège au détriment des parti arabes

        L’échec du parti travailliste ne laisse pas d’étonner car il s’agit bien d’un échec puisque le parti arrive en troisième position avec 15 députés alors que les sondages le faisaient frôler la vingtaine pour être en position de peser sur la formation d’un gouvernement du centre-droit. L’analyse à froid permet de déceler plusieurs erreurs.





Erreur de casting


Itzik Shmuli leader de la révolution des tentes


            La formation de la liste a mis en avant de nombreux jeunes inexpérimentés aux tendances parfois gauchistes, issus de la révolution des tentes. Ils n’étaient pas crédibles pour rassurer qu’ils étaient capables de prendre en main les rênes du pays. Ils auront besoin, à la Knesset, d’une expérience dans l’opposition pour s’affirmer et pour être efficaces aux prochaines élections, à moins qu’ils ne soient appelés en force d’appoint dans un gouvernement d’union nationale. Le renouveau des candidats  était certes une bonne carte utilisée par les travaillistes mais elle a surtout inquiété. 
        De ce point de vue, le départ d’Amir Peretz, ancien chef de la Histadrout et ancien ministre de la défense a pesé sur le résultat car c’était une personnalité travailliste reconnue alors qu’il n’a été d’aucune utilité pour Tsipi Livni qui n’a pas bénéficié de transferts de voix. L’erreur de casting était manifeste et celle de la tête de liste aussi parce qu’elle ne semblait pas suffisamment charismatique pour mener le combat contre Netanyahou un peu trop sûr de lui. C’est ainsi que de nombreux sympathisants travaillistes ont déserté leur clan pour une infidélité vers d’autres cieux, plus accueillants et plus toniques.
Shelly Yachimovich

            Shelly Yachimovich a raté sa campagne. Elle n’aurait pas dû marteler à longueur de réunions qu’elle n’entrerait pas dans une coalition avec Netanyahou. Elle aurait dû laisser la question ouverte en reportant son choix définitif après les élections. Les électeurs ont jugé effectivement inutile de voter pour un parti voué à l'opposition et qui ne serait pas aux affaires. Ils ont choisi le pragmatisme du changement en se reportant vers Yesh Atid. Ils ont compris qu’il fallait  mettre à la Knesset des députés capables de concrétiser le besoin de renouveau. Shelly n’a pas réussi à convaincre l’électorat israélien qu’elle était une force d’alternance capable de prendre la place de Netanyahou.



Programme vieillot

Yaïr Lapid


            Mais le programme du parti était lui-même vieillot. Il n’y a pas eu de renouveau dans sa conception ; un renouveau qui aurait pu permettre à certains électeurs, qui s’étaient fourvoyés au Likoud, de rejoindre les travaillistes. Certains ont préféré voter pour le Meretz, qui a gagné des députés, plutôt que pour une pâle copie. 
           Pour les attirer il fallait du neuf, même avec une petite dose de démagogie. Netanyahou avait laissé un boulevard, non exploité par les travaillistes, sur la question palestinienne et sur les relations avec les États-Unis. Ces questions n’ont pas fait l’objet d’un programme précis qui aurait pu permettre aux travaillistes de se distinguer dans la campagne. Le courage politique aurait certainement payé, plutôt que le ronronnement de propositions éculées. 
       Lors des réunions électorales les représentants travaillistes, députés de surcroit, étaient flous dans leur discours malgré les questions précises qui leur étaient posées. Ils n’ont pas répondu à la colère sociale de la révolution des tentes de l’été 2011 dont les chefs, figurant sur la liste électorale, donnaient l’impression de devenir déjà des hommes politiques à la langue de bois.

            Les travaillistes devraient envisager un retournement de stratégie s’ils veulent peser sur le prochain gouvernement et neutraliser la puissance du droitiste Naftali Bennett dont certaines thèses concernant les palestiniens semblent anachroniques. Le député Avoda, Nachman Shaï, vient d’ailleurs de faire preuve de réalisme : «Nos attentes étaient trop élevées et ont provoqué une certaine déception, mais il ne faut pas oublier les succès de Shelly Yachimovich. Le parti doit examiner l'éventualité d'une entrée dans une coalition gouvernementale menée par Netanyahou en dépit des engagements de Shelly Yachimovich.»



Nouveau gouvernement


Shimon Pérès Chef de l'Etat


La commission électorale publiera les résultats définitifs officiels, le 30 janvier.  Le président de l’État recevra alors chaque leader de parti pour échanger une opinion sur le candidat de leur choix, au poste de premier ministre.  Pour l’anecdote, Benjamin Netanyahou et Avigdor Lieberman seront reçus séparément puisque les partis Likoud et Israël Beitenou n’ont pas fusionné. 

            Par tradition, sans que cela soit une règle, le président confiera au parti arrivé en tête le soin de constituer un gouvernement. Celui-ci dispose alors d’un délai de 28 jours qui peut être prolongé de deux fois 7 jours si nécessaire. En cas d’échec, le président désigne alors une autre personnalité, comme ce fut le cas en 2009 lorsque Tsipi Livni, arrivée en tête, renonça  à constituer un gouvernement viable. Ainsi, si Netanyahou est désigné, il disposera d’une période s’étendant jusqu’à la fin février pour parfaire la constitution de son gouvernement.

            Les négociations sont engagées avec tous les partis pouvant faire partie de la coalition. Une fois l’accord obtenu, chaque parti reçoit un nombre de ministères affectés sur la base de un ministre pour cinq députés.  Ainsi par exemple, Lapid pourrait avoir quatre ministères tandis que Livni un seul. Lorsque tous les partis ont donné leur accord,  le premier ministre désigne alors, pour chaque groupe,  les différents ministères qu’il leur accorde, à charge pour eux d’en désigner les titulaires.

            C’est dire si les négociations, les marchandages et les chantages auront le temps de s’exprimer tandis que les affaires courantes seront traitées par des ministres démissionnaires ou par des hauts fonctionnaires du Trésor pour tout ce qui concerne les fiances du pays. Une grande période d’incertitude s’ouvre en Israël durant laquelle toute décision restera figée. Seul Tsahal garde ses prérogatives pour défendre le pays. C’est le seul point rassurant.

2 commentaires:

André Chaloum Gabriel BERDA a dit…

Il y en a encore de trop....beaucoup trop de gauche...trop de partis....

Jean Smia a dit…

En résumé et si j'ai presque compris, entre :
- Le nombrilisme communautariste des religieux,
- L'incapacité des partis de proposer un projet de société sécurisant et progressiste,
- La certitude que l'alliance avec les états unis est acquise,
- La 'libanisation' de l'économie du pays par 10 familles,
on se retrouve dans une position qui paralyse toute action dynamique.

Étant donné qu'il me semble que cette paralysie ne correspond pas aux désirs de la population, cela ressemble à une cocote minute bouchée qui risque d'exploser.

En fin de compte, ces religieux qui attendent la destruction d’Israël pour permettre à leur messie d'arriver auront gain de cause quant à la première étape.
Quant à leur messie, ils en trouveront bien un qui leur conviendra, avec une belle barbe, des papillotes, un beau costume noir et son chapeau assorti, surtout quelqu'un qui, lui, ne leur reprochera pas leur âpreté aux gains, ne leur parlera pas d'amour du prochain, de partage, de compassion et de fraternité, un mec qui sait ouvrir la mer mais sans marcher sur l'eau.
La menace ne vient pas d'Iran mais de nos religieux.