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samedi 5 janvier 2013

QU’EST ALLÉ FAIRE NETANYAHOU DANS CETTE GALÈRE


 
QU’EST ALLÉ FAIRE NETANYAHOU DANS CETTE GALÈRE
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps



Le nouveau casse-tête mathématique de l’après élections risque de ne pas trouver de solution évidente. Les calculs pour trouver les contours d’une nouvelle majorité pourraient s’avérer plus difficiles que prévus. Les élections anticipées deviennent souvent le cauchemar de ceux qui les décident. Jacques Chirac en 1997 avait dû subir une cohabitation avec un premier ministre socialiste, Lionel Jospin, alors qu’il disposait à l’Assemblée d’une Chambre introuvable.






Mésententes budgétaires

Le même problème s’est posé avec Netanyahou dont la coalition majoritaire de 66 députés sur 120 était à l’abri d’une mise en minorité à la Knesset. Au lieu de trouver les quelques millions de shekels nécessaires pour régler les «mésententes» sur le budget initial présenté par le gouvernement sortant, le gouvernement a préféré se saborder en alignant cependant 500 millions de shekels (100 millions d’euros) dans les frais de campagne électorale. Et qui plus est, les finances publiques ne sont plus gérées par les hommes politiques mais par le trésorier payeur d’Israël, haut fonctionnaire de son état, jusqu’à la désignation d’un nouveau gouvernement.
En fait, un gâchis financier et politique aurait pu être évité si le gouvernement avait attendu neuf mois supplémentaires qui menaient à la date légale des élections en octobre 2013. Le premier ministre était sûr de lui, comme l’était avant lui Jacques Chirac : «Dans moins de cent jours, le peuple d'Israël décidera qui le dirigera face aux plus grands défis que nous ayons connus en termes de sécurité depuis la fondation de l'État, et qui le conduira face à la pire crise économique que le monde ait connue depuis quatre-vingts ans ». Mais il n’a pas tenu compte des alertes de ses proches collaborateurs et il a dû subir son premier revers avec le départ inattendu d'un des piliers du Likoud, le très populaire ministre des communications et des affaires sociales Moshé Kahlon, qui avait exigé un infléchissement budgétaire au profit des classes défavorisées et qui était contre la fusion avec Israël-Beitenou.
 

Sondages défavorables

Si les chiffres des sondages poursuivent leur lente et dramatique descente, le Likoud Beitenou sortira affaibli avec une trentaine de sièges à la Knesset. Les meilleurs mathématiciens devront alors s’échiner à trouver les trente députés manquants pour une nouvelle coalition bancale où les religieux de Bennett et du Shass feront leur loi à l’instar des années précédentes. Le bloc de 40 députés, menés par Yachimovich, Lapid et Livni, s’il est uni et solidaire constituera, sinon une solution de rechange, mais un contre poids qui ne facilitera pas la tâche du nouveau premier ministre. Tout cela pour ça pourrait-on dire, c’est-à-dire pour rien puisque le blocage persistera et les micros partis vendront cher leur participation.
Yaïr Shamir
 
«Gouverner c’est prévoir» avait dit le journaliste et homme politique Émile Girardin. On ne peut pas dire que le gouvernement sortant ait joué de sa calculette pour prévoir l’erreur de la fusion Likoud-Israël Beitenou, pour imaginer l’ascension fulgurante de Naftali Bennett et pour prédire le réveil d’une opposition atone, en coma dépassé, qui a repris vie parce l’arrogance n’est jamais payante. D’ailleurs le numéro 4 de la liste Likoud, Yaïr Shamir, qui ne peut être accusé d'opportunisme, n’a pas hésité à critiquer Benjamin Netanyahou et Avigdor Lieberman pour leur stratégie politique, sabordant ainsi leur campagne électorale dans une sorte de coup de poignard dans le dos de ses amis.
Une satisfaction cependant, les électeurs israéliens ont prouvé qu’on ne peut pas leur dicter leur vote et qu’ils sont suffisamment politisés pour ne faire que ce qui leur convient, malgré toutes les projections faussées des estimations électorales. Les élections vont nous conduire à une nouvelle période de turbulence politique qui aurait pu être évitée si les promesses de changement du système électoral avaient été appliquées. Avigdor Lieberman l'avait promis lui-aussi mais, marginalisé par son premier ministre omnipuissant, il n'est plus en état de peser sur l'échiquier politique. Le bipartisme n'est pas pour demain en Israël.

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