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lundi 14 janvier 2013

LES ÉLECTIONS ISRAÉLIENNES 3/ LE PROBLÈME PALESTINIEN


LES ÉLECTIONS ISRAÉLIENNES
3/ LE PROBLÈME PALESTINIEN
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

Université de Bar Ilan en juin 2009
               

La méthodologie pour résoudre le problème palestinien n’est presque pas abordée par les candidats  qui se contentent de s’y référer rapidement, alors que les électeurs attendent de connaitre la façon dont ils comptent le régler. Quelques déclarations éparses permettent de situer la position des candidats sans qu’un texte écrit n’ait été publié pour servir de référence. Ce sujet est celui qui suscite le plus de clivage dans les milieux politiques et au sein d’un même parti ; c’est pourquoi les candidats évitent de l'aborder.












LIKOUD – ISRAEL BEITENOU

Le premier ministre Benjamin Netanyahou avait, dans son discours à l’université de Bar Ilan en juin 2009, abordé l’idée de «deux États pour deux peuples». Il avait accepté l’établissement d’un État palestinien démilitarisé aux côtés d’Israël : «Il s’ensuit que la condition préalable fondamentale pour mettre fin au conflit est la reconnaissance publique et catégorique d’Israël en tant que patrie du peuple juif par les Palestiniens». Ce futur État palestinien, totalement démilitarisé, sera sans armée, sans moyens aériens et n'aura pas le droit de nouer des liens avec l'Iran ou le Hezbollah.
De ce point de vue, la divergence est marquée avec Avigdor Lieberman et au sein même du Likoud. En effet le programme du parti, confirmé par  le ministre de l’éducation Gideon Sa’ar, esquive la reconnaissance d’un État palestinien tandis qu’Israël Beitenou rejette catégoriquement la possibilité qu’un État palestinien puisse être établi aux côtés d’Israël. 
Moshé Feiglin, qui représente l’extrême-droite au sein du Likoud, suggère une annexion et un transfert des palestiniens. «Il faut donner à chaque famille un demi-million de dollars pour encourager l’émigration». Il  a reçu le soutien du ministre Yuli Edelstein tandis que le député Zeev Elkin, a proposé d’opter pour la technique du «salami» : annexer les territoires palestiniens par petits morceaux.
Malgré cela Avigdor Lieberman a beaucoup évolué face au dogme du Grand Israël. Le nationaliste pur et dur a exposé au quotidien de gauche «Haaretz»  des propositions que ne désavoueraient pas la gauche. Il s’est justifié en qualifiant son appartenance à la «droite rationaliste, qui estime que l’idéal sioniste n’est plus aujourd’hui accessible dans son intégralité mais qui sait quelles sont les intentions réelles des palestiniens et veut agir en conséquence sans se bercer d’illusions». L’expérience l’a convaincu de choisir le réalisme plutôt que les rêves insensés.
Il a détaillé sa stratégie: «pour faire baisser la pression internationale sur Israël et empêcher des décisions unilatérales, il faut impérativement transférer, au moins partiellement, le poids de la preuve de bonne foi sur les palestiniens en leur proposant un plan sur lequel ils devront se positionner. A eux de l’accepter et montrer leur volonté de paix, ou le refuser et être rendus responsables de l’échec du processus». Il est donc prêt à donner aux palestiniens une partie de la Cisjordanie.
Tu es assis sur ma chaise !

TRAVAILLISTES

Avoda veut lutter pour la paix et la stabilité au Proche-Orient, tout en œuvrant sans compromis contre le terrorisme et la violence.  La politique de gouvernement envers les implantations (investissements et constructions) ne changerait pas tant qu'il n'y aura pas d'accord signé et sans l'assurance du respect de la sécurité de l'État. Les travaillistes proposent de s’appuyer sur la proposition Clinton en permettant la reconnaissance d'un État palestinien, dont les frontières seront l'issue de négociations (les grands blocs d'implantation resteront sous le contrôle israélien, avec la possibilité d'échange de terres). Le retour des réfugiés palestiniens à l'intérieur des frontières israéliennes ne sera pas accordé. Il sera accordé un statut spécial aux quartiers arabes de Jérusalem-Est.

BAYIT HAYEHOUDI

Naftali Bennett défend son projet d’annexer 60% de la Cisjordanie, en donnant aux 45.000 arabes de cette partie le choix de devenir citoyens israéliens ou de bénéficier d’un statut de résidents privilégiés disposant des droits des israéliens mais sans droit de vote. Il propose une autonomie palestinienne aux 40% restants avec liberté de mouvement totale, gestion financière et fiscale indépendante mais le contrôle sécuritaire et le contrôle des frontières restent de la responsabilité d’Israël. Il ne souscrit pas à la création d’un État indépendant : «Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, à jamais, pour empêcher un État palestinien d’être fondé en Terre d’Israël. En réintégrant ces 60 % de territoire, je m’assure ad vitam aeternam qu’aucun État palestinien ne verra le jour car le concept d’État palestinien doit être balayé de notre lexique !».
Naftali Bennett a lui aussi abandonné le dogme de l'extrême-droite en déclarant le 14 janvier : «Le Grand Israël n'est plus notre flambeau!».
HATNOUAH

Tsipi Livni a réaffirmé son attachement à un «État juif et démocratique», et reste convaincue de la nécessité d'un partage territorial avec les palestiniens pour préserver la démocratie israélienne. L'ex-ministre a renoncé au rêve du «Grand Israël» et prône la création d'un État palestinien au côté d'Israël, tout en exigeant le maintien de blocs de colonies en Cisjordanie occupée. Tsipi Livni estime que les juifs deviendront minoritaires dans un pays  binational où la démographie arabe explose.
La solution sera la création d’un État palestinien démilitarisé, reconnaissant Israël comme État juif. Tsipi Livni a reproché au gouvernement de «négocier avec le Hamas, responsable des attentats contre Israël, et de geler tout dialogue avec l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. A cause de ce même gouvernement qui refuse de prononcer les mots "deux États", nous avons obtenu un État à l'ONU et nous avons déjà un État du Hamas à Gaza »
SHASS

Le Shass a une position ambivalente en ce qui concerne les palestiniens. En effet, la loi religieuse lui impose de lutter pour le maintien de l'ensemble de la terre d'Israël sous souveraineté juive. Elle lui permet cependant d'appuyer des concessions territoriales si ces dernières permettent de sauver des vies. Dans la pratique, le Shass a été relativement fluctuant, soutenant selon les époques le Likoud ou le parti travailliste en fonction des avantages financiers qu'il retire de sa participation a une coalition gouvernementale. Le Shass est formellement opposé à la construction dans les implantations juives et dans les territoires conquis en 1967 hormis dans Jérusalem-Est.
YESH ATID

Yahir Lapid à Ariel

Yaïr Lapid, président de Yesh Atid, a précisé qu’il ne fera pas partie d’une coalition qui ne réactiverait pas les pourparlers de paix avec les palestiniens. Il a posé comme principe que Ma'ale Adumim, Gush Etzion et Ariel, ainsi que Jérusalem, resteront sous souveraineté israélienne, et qu'Israël ne devrait jamais permettre aux palestiniens le droit de retour. Mais il a accusé Benjamin Netanyahu d’avoir «gaspillé quatre ans sans faire des progrès vers un accord de paix». Il réfute l’idée qu’Israël n'a pas de partenaire pour la paix. Si Israël ne parvient pas à un traité avec les palestiniens, alors l'État juif sera confronté au risque de devenir binational.
Il estime qu'Israël peut atteindre un accord de paix avec les palestiniens sans avoir à diviser Jérusalem ou abandonner le contrôle des quartiers arabes. Si Israël se montre intransigeant sur la question de Jérusalem, comme la position ferme qu'il a prise sur le droit au retour, les palestiniens renonceront à terme à leur demande que Jérusalem devienne la capitale d'un État palestinien. Lapid est contre un compromis territorial à Jérusalem, affirmant que la ville "restera sous souveraineté israélienne et ne sera pas divisée. Les arabes vivent dans l'État d'Israël et nous devons apprendre à vivre avec eux".
Même s'il est dépourvu de toute expérience en politique étrangère et n'a jamais participé à des discussions diplomatiques avec les palestiniens, Lapid a présenté une vision plutôt optimiste de la question palestinienne : «Abou Mazen a renoncé au droit au retour parce que les palestiniens se sont rendus compte qu'il y a un consensus défini dans le public israélien sur cette question, ils sont donc passés à la rubrique suivante. La même chose doit se passer en ce qui concerne Jérusalem. Nous ne pouvons pas hésiter sur cette question. Quand il s'agit de Jérusalem, il n'y a pas de compromis. Si les palestiniens se rendent compte qu'ils n'auront pas un État s'ils ne renoncent  pas à Jérusalem, alors ils finiront par abandonner cette demande. » 

MERETZ

Le parti d’extrême-gauche Meretz  a pris acte d’une situation sur le terrain qui met à mal le processus entamé à Oslo. Il esquisse donc, sur les décombres d’accords désormais difficilement applicables en l’état, un nouveau plan de paix. Il  ébauche un plan de paix qui substituerait aux accords d’Oslo un nouveau programme de sortie du conflit. Suivant ce plan, Israël aiderait la Palestine à devenir le 194e membre des Nations unies et serait le premier pays à reconnaître le nouvel État : «Sans vouloir déterminer à qui incombe la responsabilité de ceci ou cela, il faut remplacer le processus d’Oslo par un nouveau schéma. Un État palestinien est dans l’intérêt d’Israël, aussi doit-il être le premier à le reconnaître et à soutenir son admission à l’ONU.»
Selon ce programme, Israël mettrait fin à l’occupation sur la base des frontières de 1967, avec des échanges de territoires. La capitale Jérusalem serait répartie conformément aux propositions de l’ancien président des États-Unis, Bill Clinton, les quartiers juifs revenant à Israël, les quartiers palestiniens à la Palestine, et un statut particulier étant réservé aux Lieux saints. Ce plan propose également la proclamation par le gouvernement d’un gel immédiat des implantations, qui durerait aussi longtemps que nécessaire à la tenue des négociations.
Ce plan préviendrait une déclaration unilatérale d’indépendance de la part des palestiniens et améliorerait radicalement la position israélienne sur la scène internationale, en faisant éclater la «majorité automatique» à l’encontre d’Israël aux Nations unies. Un plan qui «aiderait également Israël à rassembler une coalition contre l’armement nucléaire de l’Iran». L’État d’Israël doit être la patrie du peuple juif, mais il doit garantir l’égalité des droits à tous ses citoyens, y compris aux arabes israéliens.  

KADIMA

Le leader de Kadima, Shaoul Mofaz veut qu'Israël conserve les principaux blocs d’implantations et donne en échange à l'Autorité palestinienne un territoire de surface identique. Il est clair en ce qui concerne les résidents israéliens vivant dans les zones qui seraient cédées : «Si on leur donne les bonnes incitations, ils quitteront leurs maisons. Il faudra évacuer ceux qui ne le font pas.»

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