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dimanche 13 janvier 2013

LES ÉLECTIONS ISRAÉLIENNES 2/ PROGRAMMES ECONOMIQUES


LES ÉLECTIONS ISRAÉLIENNES
 
2/ PROGRAMMES ECONOMIQUES
 
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

Les responsables de l'économie israélienne :Stanley Fischer(Banque d'Israël), Benjamin Netanyahou et Youval Steinnitz (Ministre finances)
 
 

Les divergences de la coalition sortante sur le budget 2013 ont été à l’origine de la décision d’anticiper les élections législatives. Les options économiques représentent en effet un clivage sérieux entre les partis car l’idéologie n’est pas absente des réflexions des candidats. Et pourtant le sujet est peu abordé, ou superficiellement, dans les professions de foi des candidats qui annoncent timidement un embryon de programme économique, à l’exception des travaillistes qui ont publié un programme précis.



Il est vrai que la situation économique générale du pays ne prête pas à inquiétude car le produit intérieur brut (PIB) israélien a augmenté de 3,3% en 2012. Cette performance pourrait faire pâlir d’envie les pays partenaires de l’OCDE qui affichent une croissance de 1,4% en moyenne. Le revenu annuel moyen israélien s’élève à 30.000 dollars (23.900 euros)  pour une augmentation timide du niveau de vie de 1,5% par citoyen israélien. La richesse n’est pas mise en doute mais seule sa répartition fait débat.
 Il est incontestable qu’Israël a aussi été touché par la crise internationale puisque l’année 2012 est l’une des moins bonnes depuis l’année 2000, sans pour autant être qualifiée de négative. Certes la consommation des ménages et les exportations ont peu augmenté ainsi que les investissements dans la construction mais Israël compte combler cet écart par une augmentation du PIB de 3,8% en 2013 grâce aux premiers revenus de l’exploitation gazière israélienne. La Banque centrale d'Israël vient d’annoncer que les réserves de devises étrangères du pays s'élevaient à la fin du mois de décembre 2012 à 75,866 milliards de dollars, soit une augmentation de 194 millions de dollars par rapport à novembre 2012.
Le siège de la Banque centrale d'Israël à Jérusalem
 
Le projet économique des principaux partis peut ainsi s’exposer en fonction des déclarations faites par leurs principaux ténors.  

Likoud-Israël Beitenou 

Le budget initial de Benjamin Netanyahou, qui imposait une cure d’austérité, a provoqué l’éclatement de la coalition et ces élections anticipées. Le premier ministre tenait en effet à ramener le déficit budgétaire (dépenses de l’État supérieures aux recettes) de 4% à 3%. Il faut s’attendre à peu de changement dans la politique économique, déjà mise en œuvre depuis 2003 et fondée sur un libéralisme à base d’économie de marché. Le secteur privé sera favorisé avec de nouvelles privatisations. La réduction du déficit budgétaire passe par une baisse des dépenses publiques et de la protection sociale accompagnée d’une baisse des impôts ou du moins de la fiscalité directe au profit d’une hausse de la Tva. La droite nationale ne permettra pas de toucher au budget de la défense ce qui risque de limiter les budgets pour aider les populations défavorisées et neutraliser les inégalités sociales.
 
 
 

Travaillistes


Le parti Avoda veut appliquer un programme économique de tendance sociale-démocrate pour réduire les inégalités au niveau de la moyenne de l’OCDE, pour restituer les services de base, pour atteindre une croissance économique pour l’ensemble de la population avec un renforcement de la classe moyenne. Ce projet implique une politique d’imposition plus juste et mieux répartie.
En ce qui concerne les services de base, l’assurance maladie sera à la portée de tous en imposant un arrêt de la privatisation des services de santé. Le budget des établissements scolaires sera augmenté pour permettre l’éducation gratuite à partir de deux ans et un investissement dans les transports scolaires. Le congé maternité sera allongé à 16 semaines tandis que les employés pauvres recevront un complément de revenu.
Il n'y aura plus de temporaires dans la fonction publique (la très grande majorité dispose de la sécurité absolue de l'emploi). Le Smic sera augmenté à 55% du salaire moyen. Le marché financier sera régulé : renforcement du contrôle de l’État, limitation du salaire des dirigeants des sociétés publiques, interdiction de donner des dividendes si la société ne fait pas de bénéfices,  et lutte contre les monopoles.
Avoda veut enfin favoriser la baisse du prix des logements et de l’alimentation.  La construction de logements sur des terrains publics à des prix abordables sera doublée d’un renforcement du plan d’occupation des sols. La baisse du prix de l’alimentation sera consécutive à une baisse de la tva et à un contrôle de l’État sur les prix des articles de première nécessité.
Sur le plan industriel, Avoda prévoit  un investissement massif dans l'enseignement professionnel et technologique, l’augmentation de l'aide à la recherche et au développement, la création de neuf zones industrielles en province et la création de milliers d'emploi avec  encouragement à l'emploi des cadres en province. Le gaz naturel servira d'abord à l'indépendance énergétique d'Israël et ne sera pas exporté.
Pour financer ce projet, Avoda prévoit : augmentation progressive de l'imposition des sociétés les plus puissantes jusqu'à un taux de 30%, comme la moyenne de l'OCDE, impôt de 60% sur les bénéfices de l'exploitation des ressources de gaz et pétrole, augmentation du dernier palier des impôts sur le revenu, augmentation des impôts sur les revenus boursiers, impôt sur les héritages à partir de 15 millions de Shekels (3 millions d’euros). 

Kadima 

Kadima utilise le projet intitulé «Un nouvel ordre social» qui reprend une grande partie du programme du parti travailliste. Il s’agit d’accroitre la dépense publique et de réduire la TVA sur les produits de base. La baisse du prix des logements sera consécutive à un «plan d’urgence à long terme»  basé sur l’augmentation des terrains à construire. Kadima a chiffré le coût de son programme à 26 milliards de shekels (5,2 milliards d’euros) qui seront couverts par une réduction du budget de la défense et par une augmentation du déficit budgétaire. Kadima estime que la réactivation du processus de paix avec les palestiniens  sera bénéfique pour l’économie du pays. 

Hatnoua
 

Tsipi Livni, qui a créé le nouveau parti centriste Hatnoua (mouvement), n’a pas publié son programme en détail mais l’arrivée de Amir Peretz lui a donné l’idée d’un «dôme de fer politique et social» par analogie avec la construction du dôme de fer qu’il a imposé aux militaires et dont l’efficacité a été reconnue lors de la guerre avec Gaza.  L’allusion au Dôme de fer résulte de la nécessité pour elle d’un solide filet de sécurité sociale et d’un renforcement du rôle de l’État dans une économie de marché. Hatnoua veut réduire  «les dépenses publiques réalisées dans les localités juives de la Cisjordanie». 
La priorité économique consiste, selon elle, à faire la paix avec les palestiniens : «A mes yeux, le plus important pour l’économie et pour les disparités sociales, c’est un accord»,: Selon elle le budget du pays est «mal dirigé», vers les implantations et les ultra-orthodoxes : «On dépense de l’argent pour déplacer les gens d’une colline à l’autre sur des lieux dont nous savons, malheureusement, et je répète, malheureusement, qu’ils ne feront pas partie du futur État d’Israël». La candidate centriste prône une approche médiane : protection des travailleurs mais sans supervision gouvernementale rigide ; libre-concurrence mais intervention étatique en cas de défection des marchés. Elle a ainsi cité les cinq droits de base qui doivent être fournis selon l’idéologue et leader révisionniste Zeev Jabotinsky : se nourrir, se loger, se vêtir, se soigner et étudier. Ce à quoi elle a ajouté la sécurité. «Je ne crois pas au capitalisme à la Netanyahou, sans aucune régulation gouvernementale, mais je suis également opposée au socialisme à l’ancienne que promeut Shelly Yachimovich». 


Yesh Atid
 

Yaïr Lapid veut être le défenseur des classes moyennes grâce à une «nouvelle politique» dont il définit mal les contours. Pour Lapid, la hausse des taxes entrée en vigueur le 1er janvier illustre une absence de priorités du gouvernement : «La classe moyenne est devenue la vache à lait du premier ministre Benjamin Netanyahou». Et de critiquer la hausse des impôts tandis que plusieurs budgets ne sont pas réévalués : salaires extravagants des travailleurs portuaires d’Ashdod, subventions à la communauté religieuse et mauvaise gestion du secteur public. Il veut limiter le nombre de ministères et de fonctionnaires qui y travaillent «Comment osent-ils siéger avec 34 ministres et vice-ministres puis se tourner vers la classe moyenne en affirmant qu’ils vont leur ponctionner 1.800 shekels supplémentaires ?».
 Lapid estime que les ministres sans portefeuille coûtent 60 millions de shekels (12 millions d’euros) au contribuable,  l’équivalent de ce que sollicitent les parents d’autistes en aides sociales. Le système politique, selon lui, est en partie à blâmer en citant l’exemple du parti Shass qui accapare les fonds publics pour son propre électorat. Il veut s’attaquer à la corruption publique et ne plus financer les dettes des sociétés privées. Yesh Atid prône une politique libérale qui rejette «l’économie socialiste» ce qui constitue un point d’achoppement pour une union avec les travaillistes. Il veut limiter les impôts qui touchent la classe moyenne sinon il prédit pour Israël  un «scénario grec». Le parti n’a toujours pas publié de programme économique précis et détaillé mais il l’expose à l’occasion de conférences de presse.  

Habayit Hayehudi
 

Le parti de Naftali Bennett parle d’économie en termes généraux ce qui est paradoxal pour un ancien homme d’affaires attaché à la rigueur des chiffres. Il prône une économie juive, qui se soucie des plus faibles car l'État d'Israël a le devoir de soutenir ceux qui sont faibles tout en encourageant ceux qui le peuvent à participer à la force de travail. La mission la plus urgente doit être de baisser les prix, que ce soit dans les produits de base que dans l'immobilier. Et pour cela, il va devoir se battre contre deux géants qui tiennent le marché entre leurs mains : les monopoles et les gros syndicats.
Une fois élu, sa première priorité serait de rendre les logements plus accessibles car les prix de l’immobilier ont augmenté de 40 % durant le mandat du premier ministre Benyamin Netanyahu. «Tout est trop cher, et Israël est carrément l’un des endroits du monde où la vie est la plus dure en termes de prix. Je vois quasiment cela comme non-sioniste.» 

Shass 

Le parti des juifs séfarades orthodoxes se donne la mission de défendre les plus défavorisés d'origine orientale tout en renforçant la tradition juive. Peu prolixe sur les projets et sur les moyens mis en œuvre, il s’engage à interdire les coupes budgétaires qui touchent la population pauvre. C’était la position qu’il avait adoptée pour refuser de voter le budget 2013. Le parti est toujours prêt à négocier sa participation à toute coalition qui maintiendrait ou augmenterait les subventions à ses écoles talmudiques.  

Meretz 

            Le parti d’extrême-gauche veut axer sa politique sur la réactivation du processus de paix qui permettra, selon lui, de réduire les coûts de la défense et de booster en conséquence  la croissance économique et la justice sociale. Très opposé aux religieux, il prône des économies budgétaires en supprimant les subventions aux écoles talmudiques et en stoppant les investissements dans les implantations de Cisjordanie pour rediriger les sommes vers les plus démunis.

 

1 commentaire:

Jean Smia a dit…

Merci,
Maintenant je commence à comprendre quelque chose.