ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mercredi 9 janvier 2013

LES ÉLECTIONS ISRAÉLIENNES : 1/ LES MODALITÉS ET LES PARTIS


LES ÉLECTIONS ISRAÉLIENNES
 
1/ LES MODALITÉS ET LES PARTIS
 
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

 
 

Pour comprendre l’enjeu des élections israéliennes, nous vous proposons six articles qui vous aideront à appréhender, d’ici le 22 janvier 2013, le panorama électoral complexe d’Israël. Le premier article concerne les modalités des élections et une présentation des différents partis qui sont en lice. Ce document servira de document de base, pour les francophones israéliens qui seront amenés à voter et pour les étrangers qui souhaitent suivre les analyses et les débats dans les radios et télévisions. 




Système électoral

 

Contrairement au système français qui privilégie un vote personnalisé par circonscription, le système israélien est fondé sur la proportionnelle intégrale par liste dont l’ordre des candidats est défini par les partis eux-mêmes. Les électeurs votent pour une liste sans pouvoir la modifier par ajout ou suppression de candidats. Il n’y a qu’une seule circonscription pour tout le pays et les sièges des députés sont rigoureusement attribués selon le pourcentage de voix obtenues. Ainsi, la Knesset comportant 120 députés, si un parti obtient 10% des voix, il se voit attribuer 12 sièges de députés qui sont choisis dans l’ordre de la liste.
Pour éviter l’émiettement des micros partis, un parti doit obtenir au moins deux députés pour entrer à la Knesset ; dans le cas contraire, il perd ses voix qui sont redistribuées aux autres listes. Les candidats non élus peuvent être appelés à siéger en cas d’incapacité de l’un des membres élus de la Knesset (décès ou démission). Le suivant de liste, non élu, est chargé de le remplacer automatiquement sans nécessité de recourir à des élections partielles.


Likoud-Israël Beitenou
 

Ces deux partis de droite, Likoud dirigé par Benjamin Netanyahou et Israël Beitenou dirigé par Avigdor Lieberman, ont fusionné la liste de leurs candidats mais pas les partis eux-mêmes qui continuent à exister indépendamment. Ils ont déjà annoncé qu’ils ne fusionneront pas leurs partis après les élections. La première place de la liste a été réservée à Benjamin Netanyahou et la seconde à Avigdor Lieberman. Chacun des partis a sélectionné ses candidats soit par primaires pour le Likoud, soit par désignation par ses dirigeants pour Israël Beitenou. Les listes ont été ensuite fusionnées sur la base des résultats de 2009 : le Likoud occupe 27 places et Israël Beiteinou 15 pour les 42 premières places dans un ordre croisé. Le reste de la combinaison a été négocié. Israël Beitenou est un parti qui se situe à la droite du Likoud avec des positions très tranchées sur le statut des palestiniens, des territoires et des arabes israéliens.
Cette nouvelle liste se caractérise par l'élimination de l'aile gauche du parti, des libéraux et de certaines personnalités historiques. Benny Begin, Dan Meridor et les ministres Dany Ayalon, Avi Dichter et Michael Eitan ne feront pas partie de la prochaine Knesset. Les militants ont ainsi tranché.
Les derniers sondages attribuent 34 sièges à la liste. La stratégie de fusion semble pour l’instant négative dans la mesure où les deux partis risquent de perdre des sièges de députés. 

Parti travailliste
 

Le parti travailliste, Avoda,  est l'héritier du parti socialiste MAPAÏ qui a fondé l'État et qui fut conduit par David Ben Gourion. Il a gouverné pendant de nombreuses années, depuis la création d’Israël en 1948 jusqu’aux élections de 1977 qui ont vu l’arrivée du Likoud au pouvoir sous la conduite de Menahem Begin. Les candidats ont été désignés par les militants sur une liste nationale unique dans le cadre de primaires internes au parti et leur classement a été imposé par le nombre de voix obtenus.  Les 60.000 membres du parti ont voté pour la liste définitive dont la tête a été réservée à la secrétaire générale du parti Shelly Yachimovich.
Avoda est crédité de 16 sièges dans les sondages.
 

Kadima 


          Le parti centriste Kadima, crée par Ariel Sharon et Shimon Pérès, avait obtenu 29 sièges en 2009, le plaçant comme premier parti d’Israël. Mais depuis la maladie d’Ariel Sharon et le départ de Tsipi Livni qui a été évincée de la direction et remplacée par Shaoul Mofaz, le parti est en déconfiture. Ses dirigeants n’ont d’ailleurs pas estimé nécessaire de procéder à des primaires internes. Les candidats ont été désignés par une commission de trois membres dont l'ancien Premier ministre Ehoud Olmert, le président du parti Shaoul Mofaz et le maire d'Acco, Shimon Lankri. Le parti paie ainsi les conséquences des luttes internes qui l’ont secoué pour le leadership du parti. Il pourrait prétendre au mieux à 2 députés tandis que certains sondages l’éliminent totalement de la Knesset. Ce parti n’existait que pour et par Ariel Sharon. 

Hatnoua (Le Mouvement)

 

L'ancienne dirigeante de Kadima, Tsipi Livni, et ancien chef de l'opposition a créé un nouveau parti : Hatnoua (Le Mouvement) qui se situe au centre-gauche de l'échiquier politique. Des anciens députés de Kadima ont confirmé leur ralliement à Tsipi Livni, en particulier : Yoel Hasson, Robert Tabiev, Shlomo Mula, Majli Whabee, Rachel Adato, Orit Zuaretz, et Meir Sheetrit.
Le général de réserve Elazar Stern, religieux sioniste et ancien directeur des ressources humaines de Tsahal est en 4ème position sur la liste. Il s’était démarqué de la communauté religieuse en approuvant le désengagement de Gaza. Amram Mitzna, général de réserve puis maire de Haïfa de 1993 à 2003 est le numéro 2 de la liste.
La surprise est venue du numéro 2 de la liste travailliste, Amir Peretz, ancien dirigeant de la Histadrout, puissant syndicat ouvrier, et ancien ministre de la Défense qui a quitté son parti historique, la veille du dépôt des listes, pour rejoindre le parti de Tsipi Livni à la place n°3. Il pourrait amener à lui certains électeurs travaillistes séfarades qui se sentent en minorité dans un parti entièrement refondu qui a fait la part belle aux jeunes militants.
Les sondages créditent le parti de 10 sièges de députés.

 

Ihud Léumi (union nationale) et Habayit Hayéhudi

 

Ces deux partis religieux ont décidé de réunir leurs listes en une seule et de fusionner les partis après l'élection. Ils disposaient ensemble de 7 députés à la Knesset.
L'Ihud Leumi (Union nationale), alliance de droite nationaliste, se composait en 2009 de quatre partis : Moledet, Hatikva, Eretz Yisrael Shelanu et Tkuma.
Habayit Hayéhoudi, Foyer juif, est l’ancien parti national religieux sioniste (PNR), qui avait été de toutes les coalitions de 1948 à 1977. La direction a été confiée à un jeune du high-tech, Naftali Bennett. A la suite des primaires du parti, il a pris la tête d'une liste avec une équipe chargée d'insuffler un nouvel esprit sinon une nouvelle doctrine au parti. C'est un parti proche des habitants des implantations et il vient de se faire adouber par les francophones, orphelins d'un leader charismatique. Bennett veut incarner un nouveau réveil religieux moderne en incluant de nombreuses femmes en position éligible et quelques francophones.
Selon les sondages, le parti a fait une percée fulgurante en atteignant de 14 à 16 députés, un record pour un parti religieux de la droite nationaliste.   
 

Yesh Atid

 

Ce nouveau parti du centre, l’Avenir, a été créé par le journaliste vedette de télévision Yaïr Lapid, fils de Tommy Lapid qui avait fait de Shinouï un grand parti libéral et centriste réussissant à être le 3ème parti de la Knesset en 2003 avec 15 députés. La politique de Shinouï, dont s’est inspiré Yaïr Lapid, était axée sur la réduction de l’influence des religieux : obligation du service militaire, suppression des subventions publiques aux religieux, création du mariage civil et autorisation d’importer des produits non-casher.
Les candidats de la liste et leur ordre ont été définis par Yaïr Lapid et ses proches conseillers. Les candidats viennent d'horizons divers avec Yaël German, maire d’Hertzlia, ancienne du parti gauchiste Meretz et Meir Cohen, maire de Dimona ou Yaacov Peri, ancien chef du Shin-Bet (service de sécurité intérieure) et Micky Levi, ex-commandant de la police de Jérusalem, ou les religieux Rav Shai Piron, professeur Aliza Lavi et Rav Dov Lipman ancien bras droit du Rav Amsallem. Une francophone Maitre Karin Elharer figure dans la liste. Ce parti donne l'impression d'attirer à lui les déçus des différents partis avec une ligne politique suffisamment floue pour faire partie de toutes les prochaines coalitions. Il peut compter sur 9 à 10 députés.

 

Shass

 

Les juifs orthodoxes sépharades de Shass comptaient 11 députés à la Knesset. La liste des candidats a été arrêtée par les leaders religieux et en particulier le chef suprême, le rabbin Ovadia Yossef. Ces orthodoxes sont contre toute évolution moderne de la religion et ils risquent de se faire doubler par le jeune Naftali Bennett, religieux sioniste, qui veut donner un coup de jeune aux religieux. Le parti reste très sectaire en n’étant ouvert qu’aux séfarades et totalement fermé aux femmes puisqu’aucune d’elle ne figure dans la liste des candidats. Ils devraient maintenir entre 10 et 11 sièges à la Knesset.
 

Meretz

 

Ce parti d’extrême-gauche, reste toujours marginal. Il a organisé des primaires en optant pour la parité avec en tête Zahava Galon. Il dispose actuellement de 3 députés mais selon les sondages, il pourrait passer à 4 ou 2 députés ce qui mettrait en danger le poste de Nitzan Horowitz, ancien journaliste et ancien correspondant en France. Ce parti est en lien étroit avec le mouvement «Shalom Archav», la Paix Maintenant, qui entretient des relations étroites avec les palestiniens au point d'être qualifié, abusivement, d’anti sioniste.

 

Am Shalem

 

Ce parti religieux a été créé par un transfuge du Shass, le Rabbin Haïm Amsallem, qui avait critiqué certains dogmes rigides appliqués par son ancien parti, réfractaire à toute critique. Tout en étant orthodoxe, il prône le travail pour les jeunes religieux durant leurs études talmudiques. Il exige une solidarité avec Israël et avec son armée et regrette que le Shass, conçu au départ pour les sépharades, soit devenu un parti d'obédience lithuanienne. Il avait adopté une position originale moderne qui s’est estompée au fil de la campagne, grignotée par le parti de Bennett. Il a perdu son numéro 2, le rabbin Dov Lipman, qui pouvait attirer à lui les voix anglophones mais qui a préféré rejoindre la liste Atid à une place qui n’est pas éligible. Les pessimistes ne lui donnent aucune chance d’entrer à la Knesset mais 2 sièges pourraient lui revenir.

 

Otzma Leisraël

 

Ce nouveau parti, Otzma Leisraël, d’extrême-droite, adopte des positions tranchées, presque racistes, qui lui ont généré beaucoup d’ennemis, même parmi les religieux nationalistes. Il est animé par les députés Michael Ben Ari et Arié Eldad qui ont peu de chance de retrouver leur siège à la Knesset. Mais certains sondages leur attribuent une remontée récente pour parvenir à sauver leurs 2 postes de députés.
 

Partis arabes

 

Trois partis arabes, dont un communiste, se partagent les voix des arabes israéliens. Ils peuvent compter sur 11 à 12 sièges de députés à la Knesset.

 

2 commentaires:

Mivy a dit…

Les arabes votent-ils tous pour les partis arabes qui sont en génral anti israélien ?

Jacques BENILLOUCHE a dit…

Les arabes votent pour tous les partis puisque des candidats arabes et druzes figurent dans plusieurs listes non arabes.

Certains juifs votent aussi pour le parti communiste arabe Haddash qui a toujours été mixte et qui comporte des juifs dans ses listes.

Tous les arabes ne sont pas forcément anti-israéliens.