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samedi 26 janvier 2013

LAPID-NETANYAHOU : UN MARIAGE DE RAISON



LAPID-NETANYAHOU : UN MARIAGE DE RAISON

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


            Il ne fait aucun doute que Yaïr Lapid fera partie du prochain gouvernement après la main que lui a tendue Benjamin Netanyahou qui a subi une contre performance aux élections. La percée électorale du parti du centre met le Likoud en position de demandeur et il est probable que Yaïr Lapid sera le véritable maitre d’œuvre de la prochaine coalition, tout en étant certainement le caillou dans la chaussure du premier ministre sortant.





Contrer la droite ultra nationale



            Lapid ne tient pas à être isolé face au clan de la droite ultra nationale, mené par Avigdor Lieberman et Naftali Bennett. Il fera ainsi tout pour convaincre les modérés Tsipi Livni et Shaoul Mofaz  à l’appuyer avec leurs huit députés. Ils ne seront pas de trop pour assurer une crédibilité diplomatique et surtout sécuritaire à la nouvelle équipe. Les travaillistes, dans leur entêtement dogmatique, ont décidé de rester dans l’opposition, malgré une campagne ratée et de nombreuses erreurs commises par la leader Shelly Yachimovich. Ils avaient un moyen de revenir dans la course pour peser dans le programme de la coalition mais, la secrétaire générale a décidé que tous les nouveaux députés, la plupart sans expérience politique ou parlementaire, se feront mieux les dents dans une cure d’opposition que dans un gouvernement.

            Il est inutile de spéculer sur le poste qu’occuperait Yaïr Lapid tant que le contour du nouveau gouvernement n’est pas établi et que les options politiques n’ont pas été énoncées clairement. D’ailleurs ces choix entraineront ou non la participation des religieux orthodoxes à laquelle Lapid n’y tient pas, sauf à les voir mettre de l’eau dans leur vin en baissant leur prétentions et en mangeant leur chapeau. Le député Yesh Atid, Ofer Shelah, a déjà posé le principe du vote immédiat d’une loi imposant un service militaire ou civil aux jeunes des écoles talmudiques, pour la plupart exemptés actuellement.



Questions palestinienne et sociale

Ofer Shelah


            Il est fortement probable que Benjamin Netanyahou aura besoin du délai d’un mois qui lui est imparti pour arrondir les divergences entre les partis, qui se sont manifestées sur le problème palestinien. Yaïr Lapid avait précisé durant sa campagne qu’il voulait  relancer le processus de paix alors que l’aile ultra nationaliste n’en fait pas sa priorité. Avigdor Lieberman avait bien posé le problème en précisant que «sur le processus de paix, il n'y avait pas de point commun entre Yesh Atid, Israël Beiteinou et Habayit Hayehudi». De son côté, Ofer Shelah a confirmé que la relance du processus de paix était «une des conditions» de l’entrée de Yesh Atid au gouvernement. 
Yasser Abed Rabbo

          D’ailleurs Yasser Abed Rabbo de l’Olp a pris la balle au bond en confirmant que son organisation était ouverte aux discussions avec les centristes. Mais Hanane Ashrawi,  du comité exécutif de l’Olp, reste sceptique : «Je ne m’attends pas à l’émergence ou à la résurgence d’une coalition de paix ou d’un camp de la paix. Les chances de paix ne vont pas soudain augmenter spectaculairement». 

            Le projet de Yaïr Lapid est de faire taire ce scepticisme sur au moins deux points fondamentaux. Contrairement à Naftali Bennett, il est favorable d'une part à la création d’un État palestinien créé en dehors des blocs juifs de Cisjordanie qui seraient maintenus sous souveraineté israélienne et d'autre part, à l’arrêt des constructions dans de nouvelles implantations. En revanche il est ferme sur Jérusalem qu’il n’entend pas diviser et dont la partie-Est restera à jamais israélienne. On voit difficilement Naftali Bennett faire des concessions sur ce projet ambitieux.

            Les questions sociales ont été au cœur de la campagne de Yesh Atid. Benjamin Netanyahou sera forcé de lâcher du lest sur des principes qui constituent l’ossature du programme électoral de Yaïr Lapid. D’ailleurs le premier ministre a vite abondé dans son sens : «Les israéliens veulent que je forme un gouvernement qui impulsera trois grands changements dans la politique intérieure : une plus grande égalité devant le service militaire, des logements plus abordables et des changements dans les méthodes de gouvernement». Yaïr Lapid veut être le porte-drapeau des classes moyennes en imposant une meilleure répartition du fardeau fiscal, des réformes pour abaisser le prix des logements et une cure d’amaigrissement pour le gouvernement avec pour mesure symbolique la réduction du nombre de ministres.



Relations avec les États-Unis

John Kerry


            Le consensus est en revanche trouvé sur le problème iranien avec un bémol cependant, Yaïr Lapid ne fera jamais cavalier seul et s’opposera à toute intervention militaire israélienne unilatérale. Il souhaite des relations apaisées avec les américains pour éviter les pressions mutuelles sur le problème iranien, les israéliens menaçant d'intervenir seuls contre les usines nucléaires iraniennes et les américains brandissant la menace de lever leur veto à l'Onu.

            Yaïr Lapid sera certainement en mesure de rétablir des relations de confiance avec le nouveau secrétaire d’État, John Kerry, qui a mis en garde que «l'opportunité d'une solution à deux États pourrait se refermer sur tout le monde et cela serait désastreux». John Kerry a définit la nouvelle orientation qu’il veut donner à la politique américaine : «la politique étrangère américaine ne se définira pas seulement par les drones et les déploiements de soldats sur les théâtres extérieurs». Il veut réduire l'interventionnisme américain tout azimut et le recours aux forces armées comme fer de lance de sa diplomatie.

            Sur le plan iranien il est convaincu que la stratégie actuelle de Barack Obama était la meilleure. Il veut privilégier, pour l'instant, une stratégie à double direction, en développant les sanctions économiques tout en favorisant les négociations diplomatiques : «Le président l'a dit de manière définitive: nous ferons tout ce que nous devons faire pour empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire. Je le répète ici aujourd'hui: notre politique n'est pas d'endiguer mais de prévenir et l'heure tourne. Le président Obama l'a affirmé et réaffirmé, il préfère une solution diplomatique et je travaillerai pour donner à la diplomatie toutes les chances de réussir. Mais personne ne doit se tromper sur notre détermination à réduire la menace nucléaire».

            Un nouveau gouvernement avec les centristes pourrait rétablir des relations de confiance avec le seul allié irréductible d’Israël. Ce sera la première tâche difficile de Yaïr Lapid.


3 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Chanson de cour d'école :

Entre les deux mon coeur balance

Je ne sais pas lequel aimer des deux

C'est à Lapid ma préférence

Et à Benett les cent coups de bâton

Denis KASSEL a dit…

"D’ailleurs Yasser Abed Rabbo de l’Olp a pris la balle au bond en confirmant que son organisation était ouverte aux discussions avec les centristes. "
Il represente qui au juste?
C'est aux gouvernements de discuter, et non à tel ou tel courant de l'OLP avec un parti et ses 19 sièges

Nancy BENOIT DESTRES a dit…

peut-être vaut-il mieux un mariage de raison où chacun est bien au clair de ce qu'il apporte et de ce qu'il peut négocier..qu'un mariage d'amour les yeux fermés ou presque ! :)