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samedi 19 janvier 2013

ÉLECTIONS : LA DERNIÈRE LIGNE DROITE


ÉLECTIONS : LA DERNIÈRE LIGNE DROITE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


Les sondages sont tous unanimes pour annoncer que Benjamin Netanyahou arrivera en tête des élections du 22 janvier 2013 avec 32 sièges au moins sur 120 à la Knesset. Il s'était assigné ce but en faisant la fusion des listes Likoud et Israël Beitenou pour éviter l'aventure de 2009 où un siège le séparait de Kadima. Il sera désigné, de ce fait, par le président Shimon Pérès pour former un nouveau gouvernement. Il n’a pas beaucoup de choix dès lors où les partis du centre et les travaillistes s’invectivent à longueur de campagne en mettant leur égo et leur ambition personnelle au dessus des intérêts du pays.



L’étoile montante

Il est fort probable qu’une coalition Likoud-Israël Beitenou sera constituée avec Habayit Hayehudi, «Le Foyer juif», de Naftali Bennett et les partis religieux intervenants en parti charnière. L’idée d’une coalition sans les orthodoxes a fait long feu alors que de nombreuses voix dans le pays s’élèvent pour les exclure parce qu’ils refusent de participer à la défense du pays en n’envoyant pas les jeunes des écoles talmudiques faire leur service militaire. Habayit Hayehudi, parti sioniste, est censé à présent représenter dignement l’ensemble des religieux. 


Cette coalition sera alors la plus à droite, sinon à l’extrême-droite, qu’ait connue l’État d’Israël. La conséquence immédiate toucherait les palestiniens qui verraient le concept de «deux États pour deux peuples» porté aux oubliettes de l’Histoire. Avigdor Lieberman, qualifié de «faucon», parait aujourd’hui un enfant de cœur face à l’étoile montante Naftali Bennett. Alors que le Likoud avait accepté du bout des lèvres ce concept lors du discours de Netanyahou  à l’Université Bar-Ilan, le 14 juin 2009, Naftali Bennett s’oppose à tout État palestinien indépendant aux côtés d’Israël. Il est franc dans sa démarche et n’use pas de langue de bois pour afficher ses convictionsC : «Je mettrai tout mon pouvoir pour empêcher à jamais qu’un État palestinien soit créé au sein de la terre d'Israël. Il n'y a pas de solution parfaite au conflit, seuls les moyens imparfaits de vivre ensemble.» Il accepterait, à la rigueur, une autonomie palestinienne sur 40%  de la Cisjordanie puisque son programme électoral prévoit l’annexion purement et simplement des implantations, tout en attribuant la nationalité israélienne aux 48.000 arabes qui y vivent.

Problèmes économiques



Alors que le gouvernement est tombé en raison de divergences de la coalition sur le vote du budget 2013, les problèmes économiques ont été absents de la campagne. Cependant, la leader travailliste Shelly Yachimovich enregistre ici son échec pour ne pas avoir réussi à porter ces sujets épineux au sommet des débats. Elle a laissé à Netanyahou le soin de l’ordre du jour de la campagne. Et pourtant elle avait appelé auprès d’elle, comme candidats, tous les jeunes manifestants de la révolution «des tentes» de l’été 2011 qui s’étaient élevés contre la cherté de la vie, les prix élevés de l’immobilier et les bas salaires. Mais leur jeunesse et leur manque d’expérience ont eu raison de leur dynamisme face à une stratégie incompréhensible des travaillistes qui n’ont pas estimé devoir frapper là où cela fait mal. Les constructions dans les implantations et le processus de paix palestinien ont été bannis de leur campagne comme si Shelly Yachimovich ménageait l’avenir d’une éventuelle participation de son parti à un gouvernement de droite. 
Et à ma gauche, le bloc d'alternance !
Les deux partis centristes laïcs de Yaïr Lapid, «Il y a un avenir», et de Tsipi Livni, «Le mouvement», qui obtiendraient ensemble une vingtaine de sièges, envisagent fortement de participer  à un gouvernement de Netanyahou si les orthodoxes en sont exclus. Tsipi Livni se verrait bien à nouveau à la tête de la diplomatie israélienne qui a beaucoup souffert de la présence au ministère d’Avigdor Lieberman, persona non grata dans la plupart des chancelleries occidentales. Elle pourrait influer sur la volonté de la droite de se satisfaire d’un État binational qui, à terme, lui enlèverait son identité juive. Elle pourrait appuyer la création d’un État palestinien dans le cadre d’un accord négocié et après échange de territoires  car les «juifs deviendront minoritaires dans un pays où la démographie arabe explose. La solution sera au contraire la création d’un État palestinien démilitarisé, reconnaissant Israël comme État juif». Elle sait qu'elle n'a plus d'autres prétentions au sommet depuis qu'elle s'est discréditée en 2009, alors que son parti Kadima était arrivé en tête, en refusant le poste de premier ministre, même en constituant un gouvernement minoritaire sans les religieux orthodoxes.Les électeurs semblent lui en tenir rigueur puisqu'elle n'arrive pas à décoller dans les sondages.

Tensions américaines

Elle pourrait recentrer la politique israélienne vers l’Europe et les États-Unis car des militants ultra nationalistes, à l’instar de Moshé Feiglin et Yaïr Shamir, fils de l’ancien premier ministre, prônent une politique de rupture pour se rapprocher de la Russie, de la Chine et de l’Inde qui pourraient être d’aussi bons amis et partenaires que les américains. Des indiscrétions révèlent qu’elle aurait persuadé Netanyahou d’accepter la création d’un État palestinien si les américains s’engageaient à fond pour contrer le programme nucléaire iranien.
Il est vrai que les relations avec les États-Unis font débat actuellement. Le courant n’est jamais passé entre Barack Obama et Benjamin Netanyahou. Ils n’ont jamais pu cacher leurs profondes divergences sur l’Iran. En dépit des signes d'apaisement, Washington et Jérusalem restent profondément divisés sur la façon de faire face à la menace nucléaire iranienne. Un nouveau gouvernement israélien, de droite dure, aura du mal à rétablir les liens amicaux indispensables à la sécurité d’Israël s’il n’intègre pas dans sa réflexion le fait que le président américain n’est plus lié par une stratégie de réélection.
Jeffrey Goldberg, correspondant du magazine américain «Atlantique» avait révélé que Barack Obama avait déclaré : «Israël agit à l'encontre de ses propres intérêts. L'État d'Israël mène actuellement une politique qui le conduira à l'isolement total». Le premier ministre Benjamin Netanyahou avait vivement réagi à ces critiques : « Seuls les citoyens israéliens détermineront qui représente les véritables intérêts du pays. Mon gouvernement a dû faire face à de nombreuses pressions durant ces quatre dernières années dont l'exigence de modérer la lutte contre l'acquisition par l'Iran de l'arme nucléaire, celle de revenir aux lignes de 1967 et de ne pas construire à Jérusalem». Netanyahou a fait donner la charge par ses amis américains, le magnat Sheldon Adelson en particulier, qui ont fustigé les tentatives de Barack Obama «de s'ingérer dans les élections israéliennes».  
L’enjeu de ces élections est primordial pour les relations avec les États-Unis et les palestiniens. Si les centristes n’entrent pas dans la nouvelle coalition, il est à craindre un durcissement des ultra nationalistes israéliens qui feraient preuve d’une intransigeance face aux intérêts d’Israël, à la fois vis-à-vis des États-Unis que des palestiniens.

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

"... les partis du centre et des travaillistes s'invectivent à longueur de campagne en mettant leur ego et leur ambition personnelle au-dessus des intérêts du pays."

Encore des grands-pères qui devront voir leur comportement dénoncé par leurs petits-fils dans soixante-dix ans ?

Betty ERNOTTE a dit…

On verra ! La seule chose qui compte est qu'Israël garde son Indépendance. Israël tout petit état ne peut pas se permettre de laisser entrer et envahir par des palestiniens qui n'auront de cesse de prendre le pouvoir et de jeter TOUS les juifs à la mer.