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mercredi 23 janvier 2013

DEUX PRIORITÉS DU NOUVEAU GOUVERNEMENT



DEUX PRIORITÉS DU NOUVEAU GOUVERNEMENT

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
             

         Au lendemain des résultats, nul n’est en mesure d'imaginer quel gouvernement sortira de ces élections.  Les négociations vont s’ouvrir entre les partis avec leurs lots de compromis, de chantages et de marchandages liés au système électoral à la proportionnelle intégrale qui ne génère aucune majorité stable. Durant la campagne, les candidats ont presque éludé les deux sujets importants qui intéressent au plus haut point la population israélienne : les problèmes économiques et l’image diplomatique d’Israël à l’étranger. Il s’agit en effet de sujets clivant pouvant mettre en lumière des disparités au sein d’un même parti.




Recentrage de l’opinion


            Le recentrage de l’électorat prouve que les préoccupations d’extrême-droite n’ont pas convaincu. Les constructions dans les implantations restent un sujet marginal. Si Yaïr Lapid entrait au gouvernement, sans les religieux du Shass très exigeants sur le financement de leurs écoles talmudiques alors, les options économiques pourraient être traitées sur une base plus consensuelle.  
Yair Lapid et Dov Lipman

         D’ailleurs l’ancien bras droit de Haïm Amsallem, qui l’a quitté car il n’était plus en accord avec sa stratégie trop communautaire, le rabbin Dov Lipman, élu à la Knesset en 17ème position sur la liste de Yesh Atid, a déclaré : « La population d’Israël veut un pays qui s’occupe des questions urgentes, et notamment une réforme du logement et une réforme de l’éducation. La campagne qui s’est concentrée sur les questions intérieures a trouvé un écho chez les électeurs. Avant le vote, de nombreux observateurs pensaient que les préoccupations à propos du programme nucléaire de l’Iran et des perspectives dans les négociations de paix avec les palestiniens joueraient un rôle plus important dans la campagne.»

Shelly Yachimovich, insérée à la troisième place des partis politiques, est restée fidèle à la tradition des travaillistes. Elle était seule à axer son programme sur l’économie et sur la défense des classes sociales défavorisées. Le virement à l’extrême-droite de l’opinion israélienne  a été une vue de l’esprit des sondeurs. Yéhouda Ben Meir de l’institut israélien des études de la sécurité nationale a d’ailleurs convenu que : «Ce qui est certain, c’est qu’il y a un glissement de la droite vers le centre. Je pense donc que le partenaire évident d’une coalition pour Netanyahou est Yaïr Lapid ».

Mais il n’est pas sûr que Benjamin Netanyahou acceptera la tutelle d’un nouveau venu dans la politique qui lui imposera un gouvernement à sa mesure chargé de calmer les inquiétudes d’une classe moyenne qui n’a pas eu les faveurs du gouvernement sortant. Le premier ministre craint que Yaïr lapid lui impose des coupes dans le budget des implantations pour les transférer sur des projets au profit des israéliens défavorisés. D’ailleurs réduire les constructions pourrait apaiser les craintes des palestiniens qui n’auraient plus de raison de bouder la table des négociations.



Paradoxe de la situation économique

Les acteurs de l'économie israélienne


Mais il est vrai que Netanyahou a joué sur le paradoxe des résultats économiques. La situation économique générale du pays ne prête pas à inquiétude car le produit intérieur brut (PIB) israélien a augmenté de 3,3% en 2012. Cette performance pourrait faire pâlir d’envie les pays partenaires de l’OCDE qui affichent une croissance de 1,4% en moyenne. Le revenu annuel moyen israélien s’élève à 30.000 dollars (23.900 euros)  pour une augmentation timide du niveau de vie de 1,5% par citoyen israélien. La richesse n’est pas mise en doute mais seule sa répartition fait débat. les travaillistes et le centre se sont donnés pour objectif de remédier à cette situation.

 Il est incontestable cependant qu’Israël a été touché par la crise internationale puisque l’année 2012 est l’une des moins bonnes depuis l’année 2000, sans pour autant être qualifiée de négative. Certes la consommation des ménages et les exportations ont peu augmenté ainsi que les investissements dans la construction mais Israël compte combler cet écart par une augmentation du PIB de 3,8% en 2013, grâce aux premiers revenus de l’exploitation gazière israélienne. La Banque centrale d'Israël vient d’annoncer que les réserves de devises étrangères du pays s'élevaient à la fin du mois de décembre 2012 à 75,866 milliards de dollars, soit une augmentation de 194 millions de dollars par rapport à novembre 2012.

Mais il reste le déficit budgétaire d’environ 8 milliards d’euros, 4.2% du PIB, dont la résorption avait été la cause du refus de voter le budget 2013 et la décision d’anticiper les élections législatives. Sauf à exploiter dès à présent les nouveaux revenus du gaz pour financer des mesures économiques en Israël, le nouveau gouvernement n’aura pas d’autre choix que de prévoir un nouveau plan d’austérité.



Diplomatie israélienne




L’image d’Israël a souffert de la présence d’Avigdor Lieberman au ministère des affaires étrangères. La position diplomatique a été mal défendue puisque le ministre était persona non grata dans la plupart des chancelleries occidentales. Si Benjamin Netanyahou entérine l’entrée de Yaïr Lapid ou de Tsipi Livni au gouvernement, alors la diplomatie israélienne reprendrait des couleurs et l’isolement actuel ne serait qu’une péripétie. S'il choisissait Naftali Bennet et le Shass alors nous resterons dans la situation de la précédente mandature.

Par ailleurs, les électeurs n’ont pas apprécié les divergences étalées au grand jour entre le premier ministre israélien et Barack Obama, l’allié naturel américain. D’ailleurs un certain consensus vis-à-vis des États-Unis s’est affiché entre les différents candidats. Tous les partis, de droite et de gauche, du Shass à Meretz avaient félicité Obama pour sa réélection. La sécurité d’Israël dépend en effet des bonnes relations avec les États-Unis et le nouveau gouvernement devra agir pour ramener la raison les deux dirigeants. Un bémol cependant; de nombreux nouveaux élus n’ont aucune expérience politique ni ministérielle. Certains considèrent qu’il pourrait s’agir d’un handicap tandis que d’autres estiment que cela pourrait attirer l’indulgence des Grands de ce monde.  

1 commentaire:

Avraham NATAF a dit…

Être populaire à l'extérieur reste une piètre consolation, le bon travail doit être fait à l'intérieur