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mardi 4 décembre 2012

LES PERDANTS DES ÉLECTIONS ISRAÉLIENNES


 
LES PERDANTS DES ÉLECTIONS ISRAÉLIENNES

Mise à jour du 5 décembre 2012
 
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


Les élections législatives israéliennes n’ont pas encore eu lieu et les primaires viennent à peine de se terminer que nous pouvons établir dès à présent la liste irréversible des perdants. Il s'agit souvent de figures emblématiques, sinon historiques, qui au sein de leur propre parti  ont participé à l'histoire et à la défense du pays.




Dalia Itzik

 

Issue d'une famille d'origine irakienne, elle a été nommée ministre à trois reprises dans le cadre du parti travailliste auquel elle était affiliée depuis 1992. En novembre 2005, elle a quitté le Parti travailliste pour rejoindre Kadima qui a été fondé par le premier ministre Ariel Sharon et Shimon Pérès dont elle était très proche.
Présidente de la Knesset à partir du 4 mai 2006, c'est à ce titre qu'elle accède à la présidence de l'État d'Israël par intérim en juillet 2007, suite à la suspension de Moshe Katsav. Première femme à accéder à ce poste, son intérim s'est achevé le 15 juillet 2007 lorsque Shimon Pérès, élu le mois précédent, prend officiellement ses fonctions.
Elle a décidé le 5 décembre de quitter la vie politique et de ne pas se représenter aux élections législatives car elle se sentait lasse des luttes de pouvoir : «Malheureusement, les luttes d'ego et le pouvoir ont déchiré la gauche et le centre. Ma capacité à influencer le processus à ce stade est petit et c'est pourquoi je me retire». Elle avait en fait tiré les conséquences de la désaffectation des électeurs de Kadima qui risquait de disparaitre de l’échiquier politique.
Dans le conflit entre Livni et Mofaz, elle avait choisi de rester neutre publiquement au cours des dernières primaires. C’est une grande femme politique expérimentée et une grande ministre qui quitte la Knesset.  





Danny Ayalon
Actuellement vice-ministre des Affaires étrangères, a été élu à la Knesset  sur la liste du parti Israël Beitenou. Il a été ambassadeur d'Israël aux États-Unis de 2002 à 2006. Il a été évincé par Avigdor Lieberman et ne retrouvera pas son poste de député.
Ayalon s’était distingué dans l’affaire de l’ambassadeur de Turquie,Ahmet Oguz Celikkol. Il l’avait convoqué au ministère en lui offrant une chaise plus basse que la sienne tandis que le drapeau turc n’avait pas été exposé délibérément. Les turcs avaient estimé que leur honneur avait été bafoué. Les excuses publiques n’ont pas suffit à calmer la situation d’autant plus que lors de sa rencontre avec Celikkol, Ayalon avait déclaré au caméraman en hébreu : «Remarquez qu'il est assis sur une chaise plus basse  et qu’il n’y a que le drapeau israélien sur la table». Le ministre des  affaires étrangères Avigdor Lieberman avait alors déclaré «qu'Israël ne voulait pas de confrontation avec la Turquie».
Ayalon a été rendu coupable du fossé qui s’est creusé entre l’Etat juif et son ami le plus proche dans le monde musulman.
Anastasia Michaeli







La député Anastasia Michaeli, d'Israel Beitenou, a annoncé qu'elle ne sera pas candidate à nouveau, pour des raisons personnelles.
En fait il semble qu’elle paie l’incident grossier de janvier 2012 à la Knesset sous les caméras des télévisions. Lors d’une réunion de comité sur l’éducation, elle a été prise d’un excès de colère en entendant l’intervention du député arabe Raleb Majadele du Parti travailliste. Elle a alors rempli un verre d’eau et l’a jeté au visage de Majadele au moment où elle quittait la séance.
Anastasia Michal Michaelevski Samuelson, ancien mannequin et titulaire d'une maîtrise en ingénierie électronique de l'Université de Saint-Pétersbourg, est née en Russie de parents chrétiens. Elle s’est convertie au judaïsme en épousant Yossi Samuelson puis au judaïsme orthodoxe à l’occasion de son remariage. Elle est mère de huit enfants. 

Stas Misezhnikov


L'actuel ministre du Tourisme, Stas Misezhnikov, du parti russophone Israël Beitenou a annoncé qu'il quittait la vie politique et ne briguerait pas de place sur la liste de sa formation pour les prochaines élections car il estime avoir peu de chances d'obtenir un positionnement réaliste à la suite de la fusion avec le Likoud.
Il est réputé pour ses frasques car c’est un habitué des bars et des clubs de nuit où il a tendance à s’y rendre après avoir semé ses gardes du corps qui s’en étaient plaint au premier ministre. Par ailleurs, lors de sa visite en Espagne, l’ambassade d'Israël à Madrid avait été mise dans l’embarras quand il avait annulé un dîner avec des contacts d'affaires pour se rendre à une fête privée. Enfin, le gouvernement avait été mis en difficulté en octobre 2010 lorsque Misezhnikov avait cherché à politiser une conférence de l’OCDE sur le tourisme qui se tenait à Jérusalem. Il avait alors précisé qu’en acceptant que cette réunion se tienne à Jérusalem l’OCDE reconnaissait implicitement la ville comme Capitale d’Israël.






 



Benny Begin

Benny Begin avait sérieusement envisagé en octobre de quitter la politique et de ne pas concourir aux primaires du Likoud : «j’aurai 70 ans en janvier 2013 et il serait temps de quitter la vie publique». Il savait qu’il aurait des difficultés à obtenir une place éligible dans la liste du Likoud. De hauts responsables l’ont poussé à participer aux primaires car il représentait la caution historique du parti et bien sûr la branche la plus à droite.
En n’étant pas désigné aux premières places du parti, les militants lui ont fait payer sa prise de position du mois de juin où il avait estimé que le gouvernement avait fait des erreurs dans la planification de la flottille à destination de Gaza en 2010. Il avait appuyé le rapport du contrôleur de l’État, Micha Lidenstrauss, dans lequel il critiquait Benjamin Netanyahou et Ehoud Barak qui n’avaient pas suivi les bons protocoles et la stratégie idéale pour traiter de cet incident : «nous avions pris en compte qu’il pouvait avoir des armes à bord. Après tout, il est évident que nous avons fait des erreurs dans la planification de l'opération. Si nous avions anticipé la résistance de la part des passagers, nous aurions préparé différemment notre action et les ordres opérationnels aurait été différent».
Les militants l’on écarté de la liste des primaires.

Dan Meridor

            Considéré comme un «prince» du Likoud, ce fils d’un compagnon de Menahem Begin  dans le groupe Etzel de l’Irgoun, se situe à la gauche du parti. Il représentait l’aile modérée et centriste du Likoud alors que celui-ci poussait ses orientations de plus en plus à droite. Il aurait fait partie de Kadima en 2006 sans le veto des fils d’Ariel Sharon qui voyaient en lui un concurrent redoutable. Dan Meridor a accepté de concourir aux primaires du Likoud même s’il savait par avance qu’il n’obtiendrait pas une place éligible tant il sentait que le parti se déplaçait vers l'extrême.
Il s’est trouvé face à des jeunes résolument à droite de l’échiquier politique. En effet, les slogans de campagne de ces jeunes du Likoud ressemblaient parfois à un concours pour savoir qui était le plus fortement opposé à un État palestinien ou à un gel des implantations et qui a exigé plus de vigueur pour une annexion unilatérale de la Cisjordanie. Pour cela, ils ont œuvré pour la fusion avec Israël Beiteinou. Dan Méridor savait que son positionnement au centre mettait en danger sa survie politique dès lors où il s’était ouvertement opposé à l’alliance avec Avigdor Lieberman. Il a été puni pour ses positions dissidentes ou modérées.
Mais il est courtisé à présent par Tsipi Livni qui lui propose une place de choix dans son parti. Il hésite à faire le grand saut.

Avi Dichter

Avi Dichter a été chef du Shabak (services secrets de la sécurité intérieure) de 2000 à 2005. Il avait rejoint, en 2005, le parti Kadima dont il fut la cinquième tête de liste en 2006 ce qui lui permit d’entrer à la Knesset. Il a occupé le poste de ministre de la Sécurité intérieure depuis le 4 mai 2006. Fidèle défenseur des éliminations ciblées contre les leaders de mouvements revendiquant les attentats terroristes en Israël, il est  l'un des pères de la barrière de séparation en Cisjordanie.
Il a quitté le parti Kadima pour devenir ministre de la défense passive depuis août 2012. Il avait bien sûr l’intention de participer aux primaires du Likoud pour obtenir une place éligible aux élections de janvier 2013, ce qui ne fut pas le cas puisqu’il a été éliminé par les militants. Il avait été accusé par certains dirigeants d’être un cheval de Troie placé par Benjamin Netanyahou chez Kadima. Pour d’autres, «il est le genre de politicien qui ne peut se complaire dans l’opposition». A l’occasion de sa récente visite de la ville de Amona dans la région de Benyamin, il avait  exprimé «son soutien à la création d'un nouvel État arabe aux côtés d'Israël». Cette prise de position a été sanctionnée par les militants. Son parachutage au Likoud a échoué.

Daniel Ben Simon

Daniel Ben Simon était considéré comme une étoile montante du parti travailliste. Cet ancien journaliste de Haaretz avait même un temps pris la décision de quitter le parti travailliste, en octobre 2009, et de créer son parti car il se trouvait en désaccord avec la ligne de Ehoud Barak. Mais depuis son entrée à la Knesset, il était devenu aphone dans une action terne au sein des travaillistes ; certains le trouvaient même hautin et d’une certaine mesure précieux. D'ailleurs il aurait peu fait campagne dans son parti tant il était sûr d'être désigné parmi les dix premiers.
Ce francophone n’a pas voulu jouer la carte communautaire alors qu’il pouvait agréger autour de lui tous les francophones orphelins d’un leader capable de les rassembler. Il a été désigné à la 22ème place de la liste travailliste alors que les sondages ne la créditent que de 19 sièges ce qui rend difficile sa réélection. Son action durant la mandature n’a pas convaincu. Il a été battu par les jeunes activistes de gauche de son parti qui ont fait preuve de plus de conviction et qui avaient été vus aux premières loges des manifestations des «tentes».

Rav Dov Lipman

            Ce jeune rabbin s’était associé au Rav Amsallem, transfuge de Shass, pour créer ensemble le parti religieux "Am Shalem". Il avait travaillé très dur pour s’introduire dans le milieu anglo-saxon, pas forcément religieux. Alors qu’il voulait se concentrer sur les immigrants de langue anglaise, il n’a pas apprécié l’orientation prise par Haïm Amsallem qui avait choisi de cibler les électeurs séfarades traditionnalistes, dans une sorte d’alternative au Shass.
Dov Lipman décida donc de démissionner d’Am Shalem en juin 2012. A la recherche d’un point de chute, il vient d’être récupéré par Yesh Atid qui recherchait la caution de religieux pour démontrer qu’il n’était pas sectaire. La place n°17 qui lui a été attribuée ne lui permet pas d’espérer entrer à la Knesset puisque les sondages attribuent 11 sièges au parti. Dans sa nouvelle stratégie, il a donc perdu au change car, en tant que n° deux de la liste d’Am Shalem, il était certain d’être élu puisque le Rav Amsallem est crédité de 2 à 3 sièges.

Ehoud Barak

Ehoud Barak est l’exemple type du héros militaire le plus décoré d’Israël, ayant à son actif des hauts faits d’armes, certains encore inconnus du grand public, qui a été un piètre homme politique. Cela prouve que la stratégie militaire n’a aucun rapport avec la stratégie politique.  Il a décidé de quitter la vie politique quand il a compris que son parti Hatsmaout n’aurait aucun élu à la prochaine Knesset. Il paie ainsi son inconstance politique et sa dispersion de la gauche vers la droite. Il a été le fossoyeur du parti travailliste qui a failli disparaitre du paysage israélien.
Les électeurs n’ont pas apprécié qu’il ait plus songé à ses intérêts personnels, en particulier son poste ministériel, plutôt qu’à ceux de son parti qu’il a déserté en organisant sa scission. Son positionnement ambigu entre le Likoud et la gauche n’avait pas été du goût de se partisans qui comptaient lui faire payer cher ce qui peut être considéré comme une désertion. Il a pris les devants en ne se présentant pas aux élections. Il a embarqué dans sa galère une poignée de députés, dont Einat Wilf promise pourtant à grand avenir politique, qui ne se retrouveront pas dans la prochaine Knesset à moins d’être récupérés par une nouvelle liste.

2 commentaires:

AMMONRUSQ a dit…

Merci pour cette présentation, pour moi cela est plus clair !

Anonyme a dit…

il manque ici zevuloun orlev et le rav daniel herchkovits du bayit yehudi qu'on a oublie car ils ont perdu il y a quelques semaines. Naftali benett les a gagne et ils ont quitte le terrain de jeu apres cela.
je pense que yaacov kats du ihud leumi aussi ne sera plus a la knesset. il reste a voir si eldad et ben ari du ihoud leumi vont rentrer a la knesset ou pas et de meme le rav amsallem.