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samedi 22 décembre 2012

JOHN KERRY NOUVEAU SECRÉTAIRE D’ÉTAT


 
JOHN KERRY NOUVEAU SECRÉTAIRE D’ÉTAT
Par Jacques BENILLOUCHE
 
copyright ©  Temps et Contretemps

En complément de l'analyse du 20 décembre sur Guysen-TV. Emission DEBRIEF animée par David Sebban.

 
John Kerry a été choisi pour prendre en charge la diplomatie américaine en remplacement d’Hillary Clinton qui n’avait pas souhaité être reconduite dans ses fonctions. Ancien candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2004, il est actuellement sénateur démocrate du Massachusetts où il est né.




Origine juive

Il est d’origine juive incontestable mais non revendiquée. Son grand-père paternel juif austro-hongrois, Fritz Kohn, avait épousé une juive de Budapest, Ida Loewe. Pour des raisons non explicitées, ils s’étaient convertis au catholicisme en 1901 avant de quitter l’Europe pour les États-Unis en 1905 et après avoir changé leur nom en Kerry. Le père de John Kerry, né en 1915 au Massachusetts, a ainsi élevé ses enfants dans le catholicisme. A l’occasion de l’un de ses voyages, il a épousé une française née à Paris, Rosemary Forbes, originaire de Saint Briac en Bretagne où ils passent d’ailleurs leurs vacances tous les ans.
C’est pourquoi John Kerry est francophone et francophile. Son cousin germain, fils de la sœur de sa mère, Brice Lalonde est une personnalité française de l’écologie, ancien chef de parti et ancien ministre qui vit actuellement aux États-Unis. Son frère Cameron, avocat à Boston, a tenu à revenir à ses origines en se convertissant au judaïsme. Il est très impliqué dans le milieu communautaire juif et israélien puisqu’il a œuvré en Israël en faveur de la campagne présidentielle de son frère, auprès des américains expatriés.
John et Cameron Kerry
 

Pas de vagues

 

Il ne faut pas s’attendre à ce qu’il fasse des vagues en politique étrangère car les Secrétaires d’État ont une marge d’action limitée en restant sous le contrôle de la droite américaine et du lobby juif. Il compte comme proche ami le très influent Sénateur républicain John McCain, qui avait descendu en flammes la candidature de Susan Rice et qui saura infléchir toute position anti israélienne. Il trouvera ses ennemis parmi la droite pro-israélienne qui n’hésitera pas à le harceler.
 
Il connait bien les dirigeants israéliens, le président de l’État Shimon Pérès et le premier ministre Benjamin Netanyahou, pour les avoir rencontrés en 2010. Son voyage avait pour but à l’époque de clarifier ses prises de position de 2009 lorsqu’il s’était violemment élevé contre les constructions israéliennes dans les implantations. Les israéliens avaient interprété cette charge comme une embuscade préméditée pour le gêner lors de sa première rencontre avec Barack Obama après son élection en 2008. Ses amis avaient voulu minimiser l’impact de ses déclarations en rappelant que tous les gouvernements américains, démocrates et républicains, s’étaient prononcés contre les constructions dans les implantations car elles sont, selon eux, un obstacle sérieux à la paix.
Il est vrai que cette opposition manifestée par les américains fut théorique sur le papier  puisqu’ils continuèrent à défendre la sécurité d’Israël. Mais John Jerry s’était montré plus pugnace quand il avait exigé des «actions et non des mots pour modifier une politique américaine bafouée par Israël». Son influence ne fut pas déterminante dès lors où les constructions se poursuivirent en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
 

Nouvelle stratégie américaine

 
La question de la stratégie que John Kerry va adopter dans ses nouvelles fonctions est fondamentale pour Israël. Quelques pistes nous ont été données par les câbles diplomatiques secrets révélés par WikiLeaks. Kerry s’était déclaré profondément choqué par ce qu’il avait vu et entendu lors de l’opération «plomb durci» à Gaza durant l’hiver 2008-2009. Il n’était pas dupe sur la volonté du Hamas de ne pas reconnaitre Israël mais il était partisan d’un dialogue avec cette organisation terroriste. Il estimait qu’une réunification du Hamas et du Fatah, jugé plus modéré, était selon lui la seule solution pour parvenir à une paix possible. Il avait aussi prôné la restitution du Golan à la Syrie dans le cadre d’un accord de paix définitif.
John Kerry avec l'Emir du Qatar en février 2010
 
Il avait défendu une position originale sur la Syrie, inspirée de celle du Qatar. Lors de ses rencontres en 2010, l’Émir lui avait conseillé de concentrer les efforts sur ce pays car il était le maillon indispensable au maintien de la paix dans tout le Moyen-Orient.  John Kerry avait fait sienne l’analyse de l’Émir du Qatar prétendant que Bassar Al-Assad était l’homme du changement qui détenait le destin des occidentaux entre ses mains. Pour donner plus de poids à ses concepts, il avait d’ailleurs révélé que Netanyahou avait engagé un dialogue sérieux avec Assad au point d’accepter le principe d’un retrait total du Golan dans le cadre d’un traité de paix.
John Kerry connait bien la situation de la région et les problèmes qui s’y posent. Il avait montré une certaine clairvoyance dans son analyse de 2009 : «Aucun de nous ne peut se permettre de continuer sur la voie actuelle. Au Moyen-Orient, rien n'est immuable pour longtemps. Des deux côtés, les faits sur le terrain conspirent pour obtenir une solution plus difficile». Il ne cherchera pas à prouver aux partisans de la droite américaine qu’il avait raison de parvenir à ces conclusions mais à prouver que rien n’a été fait sur la voie d’une solution pragmatique.       

3 commentaires:

Jean a dit…

Si je comprends bien il a presque tout faux . Quant à parler de "lobby juif" c'est utiliser un terme parfaitement et dangereusement inapproprié .

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,



Est-ce notre faute à nous Français, si la France se fiche comme d'une guigne de la nomination de John Kerry au Secrétariat d"Etat ?

Mais que voulez-vous, nous avons d'autres chats à fouetter, et des tas d'autres problèmes autrement plus importants à régler que ceux auxquels devra s'attaquer ce Secrétaire d'Etat à la "marge d'action réduite" !

Je citerai pour mémoire : la zizanie entre Ayrault et Depardieu, entre Depardieu et Torreton, entre Torreton et Deneuve, sans oublier la zizanie entre Copé et Fillon, entre Désir et Cambadélis, entre Tapie et Montebourg. Je ne serais pas étonnée d'en avoir oublié.

Et je passe évidemment sous silence la zizanie sur le mariage homosexuel et celle sur l'euthanasie qui, comme chacun sait, ne sont là que pour faire diversion sur la zizanie du pacte de compétitivité et celle de l'augmentation des taxes et des impôts.

Vous voyez que ce n'est pas demain que ce pauvre John Kerry comptera autrement que pour du beurre - mais de Bretagne - chez nous.



Très cordialement.

Anonyme a dit…

Rire. J'adore votre post