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samedi 8 décembre 2012

ISRAËL À LA CROISÉE DES CHEMINS par Gérard AKOUN


 
ISRAËL À LA CROISÉE DES CHEMINS
 
Par Gérard AKOUN
 
Judaïques FM

Maale Adoumim
 
Israël a rejeté la décision de l’ONU de reconnaitre la Palestine comme «État observateur  non membre». Benyamin Netanyahou a décidé, de punir l’Autorité Palestinienne  pour avoir réclamé  ce statut en lançant de nouvelles constructions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, en bloquant le reversement des taxes qu’Israël perçoit pour le compte des palestiniens.  Le premier ministre a justifié les constructions, en particulier celles qui vont permettre d’assurer la continuité entre Maale Adoumim et Jérusalem,  par des considérations sécuritaires. Il a déclaré «la réponse à l’attaque contre le sionisme et l’État d’Israël doit être de renforcer et d’insister sur la mise en œuvre du plan de peuplement dans toutes les zones dans lesquelles le gouvernement le décide».




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Accords Rabin

Il ne faisait que reprendre, mot pour mot, a t-il précisé une déclaration d’Itzhak Rabin, alors premier ministre, en réponse en 1975 à une décision de l’ONU assimilant le sionisme au racisme. C’est très astucieux de se placer sous le parrainage d’un illustre prédécesseur mais malhonnête, lorsque l’on sait que trente-sept ans séparent ces deux déclarations, et qu’entre ces deux dates la situation a évolué. Benyamin Netanyahou a-t-il oublié qu’Itzhak Rabin  avait signé en 1993 les accords d’Oslo dont il était, lui, un opposant irréductible et qu’il s’est efforcé de détricoter année après année ? Des accords qui auraient permis, peut être, d’aboutir à la création, par étapes, d’un État palestinien aux côtés de l’État d’Israël. Itzhak Rabin l’avait payé de sa vie et son assassin, un extrémiste religieux de droite, partageait et partage encore les idées de ceux qui sont aujourd’hui à la tête du pays.
 Les accords d'Oslo
 
On peut, bien sûr, expliquer à ceux qui veulent bien y croire qu’aux Nations-Unies, le vote a été acquis grâce à la majorité automatique, en grande partie arabo-musulmane, dont disposent les palestiniens. Sur le plan des chiffres c’est exact, mais ce qui fait l’importance de ce vote, c’est le soutien apporté à la demande de l’Autorité palestinienne, par des pays réputés partager les valeurs de l’Occident. Ce qui n’indique  pas, pour autant,  qu’ils reprennent à leur compte toutes les revendications palestiniennes ou les propos agressifs tenus par Mahmoud Abbas lors de son discours à l’ONU. Il ne faut pas s’y tromper,  en votant pour, ou en s’abstenant, ce qui ne veut pas dire être contre, ils ont signifié leur désaccord avec la politique israélienne.  Pour s’en convaincre, il suffit de constater que les représailles annoncées  par le gouvernement israélien ont été critiquées, condamnées, par l’ensemble des européens  et par les américains qui, comme chacun le sait, s’étaient opposés, eux, à l’admission de la Palestine. Benyamin Netanyahou  a beau évoquer  les intérêts stratégiques d’Israël, personne ne peut  croire que poursuivre la colonisation, couper la Cisjordanie en deux en construisant dans la zone E1, empêcher par là même la création d’un État palestinien permettrait de mieux  assurer la sécurité d’Israël.
 

Deux adversaires
 

Israël se trouve à la croisée des chemins, il a en face de lui deux adversaires, l’un, l’Autorité palestinienne qui semble prête à négocier, l’autre, le Hamas qui se refuse à toute négociation et veut le détruire. Mahmoud Abbas s’est glorifié du «succès historique» remporté par les palestiniens à l’ONU, en utilisant la voie diplomatique  mais ce serait pour lui une victoire à la Pyrrhus si des négociations directes avec les israéliens ne reprenaient pas d’urgence, sans conditions préalables et avec quelques chances d’aboutir.

Le Hamas considère qu’elles échoueront, que les israéliens ne comprennent que le langage de la force. La  preuve en est, disent-ils, qu’ils ont obtenu en bombardant Tel-Aviv, Jérusalem, le territoire israélien, qu’Israël négocie avec eux un cessez le feu, même si c’est de manière indirecte. Ils ont obtenu disent-ils que le blocus qu’ils subissent du côté israélien soit desserré, sans garanties et sans contreparties majeures de leur part. La force paye alors que la diplomatie n’apporte que punition et humiliation.
Benyamin Netanyahou est, sans doute, obligé en période électorale de donner des gages à sa majorité  en déclarant «même sous les pressions internationales, il n’y aura pas de changement à la décision qui a été prise» mais je veux encore croire qu’en réalité, il  est suffisamment  réaliste pour ne pas vouloir  se mettre à dos tous ses alliés. Des voix qui comptent commencent à s’élever en Israël pour critiquer la manière dont a été menée et conclue l’opération «pilier de défense» et  la méthode utilisée pour réagir au nouveau statut de la Palestine. Ils sont nombreux à écouter les mises en garde d’Hillary Clinton, quand elle déclare «sans progrès sur la voie de la paix, Israël sera contraint de choisir entre la préservation de la démocratie et l’identité juive de l’État» ou qu’elle ajoute visant directement la coalition au pouvoir : «il est des israéliens pour prétendre que le président Mahmoud Abbas n’est pas un partenaire sur la voie de la paix, eh bien je pense que l’expérience mérite d’être tentée, même si vous ne pouvez parvenir à l’accord parfait, il est de l’intérêt d’Israël d’essayer».
Si un accord n’est pas recherché et trouvé avec l’autorité palestinienne dont les dirigeants sont avant tout des nationalistes, l’affrontement entre deux nationalismes, qui peuvent encore entendre raison, se transformera en guerre de religion avec des islamistes au pouvoir en Cisjordanie et à Gaza.

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