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mardi 20 novembre 2012

VISITE DU QUAI D’ORSAY EN ISRAËL


VISITE DU QUAI D’ORSAY EN ISRAËL
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright© Temps et Contretemps


La visite de Laurent Fabius a été conduite au pas de charge. Arrivé en fin de matinée le 18 novembre 2012 en Israël, il est reparti vers 22heures après des entretiens avec le président de l’État Shimon Pérès et plusieurs membres du gouvernement et après un point de presse à l’Ambassade de France.
Il est difficile d’appréhender l’intérêt de ces déplacements éclairs d’une journée qui ne peuvent certainement pas modifier la donne, sauf à orienter les sunlights sur la personne du ministre français des affaires étrangères. En période de crise extrême, comme celle que vit Israël actuellement, l’opinion israélienne attend des résultats tangibles ou des prises de position fermes qui se démarquent des gesticulations stériles ou des commentaires alambiqués.



video
Cliquer sur le triangle noir pour voir la conférence de presse

Arbitre impartial
Le ministère des affaires étrangères au Quai d'Orsay
L’arrivée au Quai d’Orsay de Laurent Fabius et l’élection de François Hollande préfiguraient l'espoir d'un virage vers des positions politiques plus équilibrées au Proche-Orient pour que la France puisse prétendre jouer un rôle d’arbitre auprès des belligérants. Les précédents occupants du ministère comptaient parmi les gaullistes et les chiraquiens les plus purs et les plus durs, qui n’ont eu de cesse d’écarter la France de son rôle arbitral parce qu’elle s’était décrédibilisée par ses positions uniquement pro-arabes.
Laurent Fabius voulait marquer sa présence sur le terrain  pour insérer la France dans le processus de paix dont elle s’est exclue d'elle-même. Mais son action risque d'être limitée car elle n'a plus aucune influence sur le problème de Gaza puisque le centre de gravité du Proche-Orient s’est déplacé en Égypte. Le chef des Frères musulmans, Mohamed Morsi, qui soutient le Hamas, lorgne du côté des américains pour faire face à la situation désespérée des finances de son pays.
Caricature de Kichka
Mais à trop vouloir respecter les deux parties, la France reste en retrait alors que la crise de Gaza impose des prises de position et des actions fermes, sinon courageuses. Or Laurent Fabius a utilisé la langue de bois, celle des diplomates qui veulent éviter les vagues tout en ne faisant pas avancer la situation. L'équilibre politique n'implique pas la passivité mais il consiste à fustiger les coupables lorsqu’ils le sont et à ménager les innocents s’ils le sont vraiment. En tout état de cause il faut savoir dénoncer sans détour les coupables lorsque les faits sont avérés. Alors que Barack Obama, fidèle à sa stature d’homme d’État, n’a pas hésité à prendre nettement position pour Israël et contre les tirs de roquettes, le ministre français estime que «les responsabilités sont partagées»  sans tenir compte de la genèse de l’affaire.

Ménager les arabes

Par sa présence en Israël, Laurent Fabius a voulu démontrer que la France devenait partie prenante au Moyen-Orient comme elle a cherché à l’être au Liban et comme elle l’a démontré en Syrie. Or vis-à-vis d'Israël, le Quai d’Orsay est resté fidèle à lui-même en ne faisant rien qui puisse indisposer les pays arabes. En revanche l’Europe, dans sa réunion à Bruxelles du 19 novembre, a encore prouvé qu’elle n’avait pas de politique commune ni consensuelle puisqu’elle n'a pas cautionné les propos de Laurent Fabius.

Council conclusions on Gaza
3199th FOREIG AFFAIRS Council meeting
Brussels, 19 ovember 2012

L'UE a montré du doigt, clairement et sans ambiguïté, les responsables de la crise de Gaza : «L'Union européenne condamne fermement les tirs de roquettes sur Israël depuis la bande de Gaza que le Hamas et d'autres groupes armés dans la bande de Gaza doivent cesser immédiatement. Il ne peut y avoir justification pour le ciblage délibéré de civils innocents. Israël a le droit de protéger sa  population de ces types d'attaques et, ce faisant, il doit agir proportionnellement et assurer la protection des civils en toutes circonstances. L'UE insiste sur la nécessité pour toutes les parties à respecter pleinement le droit international humanitaire».
La voix d'un ami s’est aussi faite entendre à Paris. Le député UMP Claude Goasguen a dénoncé : «l'attitude ambiguë du gouvernement français qui conforte les éléments les plus extrémistes du Hamas». Il a par ailleurs jugé «très choquant de voir la France dans le même temps décider d'armer des rebelles contre la dictature en Syrie et de ne pas avoir le courage de reconnaître la responsabilité de l'État totalitaire qui gouverne la bande de Gaza».
La France a donc raté son entrée parmi les arbitres du conflit israélo-palestinien et il est fort probable qu’elle suscitera en Israël le doute et le parti-pris qui ont toujours animé la politique traditionnelle du Quai d’Orsay. La visite de Laurent Fabius n’aura été qu’une péripétie stérile dans une diplomatie tout azimut.

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Comme vous y allez !

Parler de "gesticulations stériles ou de commentaires alambiqués" le jour où notre ministre des Affaires étrangères vous a fait la grâce de faire un rapide aller-retour au Proche-Orient, alors qu'il a même emmené dans ses valises une proposition de cessez-le-feu qu'il juge "durable et contrôlable" ?

Il est vrai que vous ne pouvez que constater que si Obama "n'a pas hésité à prendre nettement position pour Israël", Fabius, lui, est resté mi-chèvre-mi-chou !

Passons sur le rôle grotesque de ce "nain politique" qu'est l'UE, car cela n'a aucun d'intérêt.

Il ne vous reste plus qu'à terminer tristement votre article en notant : "La France a donc raté son entrée parmi les arbitres du conflit israélo-palestinien..."

Mais qui, monsieur Benillouche, à part vous, et ceux qui ont appelé à l'arrivée de Hollande, doutaient qu'il en serait autrement ?

Bien à vous.

Sylvain.C.T a dit…

Comment attendre autre chose de la part du plus grand spécialiste de langue de bois du PS !