ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

samedi 24 novembre 2012

VERS UNE RECOMPOSITION DU MOYEN-ORIENT ? Par Pr Hagay SOBOL


 
VERS UNE RECOMPOSITION DU MOYEN-ORIENT ?
 
Par Pr Hagay SOBOL
copyright© Temps et Contretemps
 

 

Le 21 novembre un cessez-le-feu décrété annoncé par l’Egypte a mis un terme à 8 jours de combats entre les groupes terroristes de Gaza et l’État hébreu. Ce dernier après un pilonnage intensif de ses agglomérations, n’a eu d’autre choix que de lancer «Pilier de défense», une riposte proportionnée à l’agression de sa population civile. Au niveau de communauté internationale, Israël a été reconnu dans son droit à la légitime défense. Ce blanc-seing est allé bien au delà des pays occidentaux, et préfigure très certainement une recomposition du Proche et du Moyen-Orient. 








Les civils, des cibles légitimes ? 


Israël a lancé «Pilier de Défense» en réponse aux pilonnages incessant de roquettes, tirées depuis Gaza, visant spécifiquement la population civile. Cette opération a débuté avec l’élimination d’Ahmed Jabari, le chef d’État-major du Hamas. Il suffit de ne citer qu’un chiffre pour bien se rendre compte de quoi il s’agit. Près de 1.400 roquettes, missiles et obus de mortier ont été tirés depuis Gaza sur les villes israéliennes. Nous avons même assisté à un changement qualitatif puisque les deux villes les plus peuplées du pays, Tel-Aviv et Jérusalem (cette dernière étant également une ville sainte pour l’islam), ont été prises pour cible, dans le but évident de faire un maximum de victimes civiles. 

Israël a fait ce que beaucoup attendent ?

 
Même pour certains pays de la sphère arabo-musulmane, Israël a fait ce que beaucoup attendent : mettre fin au règne de la terreur imposé par l’Iran via la branche armée du Hamas et du Djihad islamique. Ainsi, lorsque le chef de la diplomatie égyptienne, Mohamed Amr, a dit «nos relations avec Israël ne limiteront pas notre aide aux palestiniens», il a indiqué clairement que dans l’ordre des priorités, viennent en premier les relations avec Israël. Le Qatar quant à lui attend avec impatience le retour au calme pour pouvoir tranquillement investir ses pétrodollars.
 
Laurent Fabius, au nom de la France, n’a pas hésité à mettre les points sur les i en dénonçant : «la responsabilité extrêmement lourde de l’Iran». Il a encore affirmé que l’on «retrouve l’Iran au Liban, en Syrie, en Irak, à Gaza, à chaque fois avec des intentions extrêmement négatives». 

Échec de la stratégie iranienne
 

Aujourd’hui une trêve a pu être décrétée uniquement parce que la stratégie perse a échoué. C’est un virage majeur qui change drastiquement les rapports de force. Il ne sert pratiquement plus à rien d’amasser des dizaines de milliers de roquettes. Les systèmes antimissiles «Dôme de fer» et «Fronde de David», alors même qu’ils ne sont qu’à la phase initiale de leur déploiement, ainsi que le Dôme de renseignements, ont montré leur efficacité. Ainsi parmi 1.400 projectiles qui ont été lancés depuis Gaza, seulement une quarantaine a frappé des zones habitées, avec un nombre limités de victimes à déplorer. Le front intérieur a très bien réagi également. Sans panique, les femmes, les enfants, les malades et les personnes âgées se sont soumis aux contraintes draconiennes de sécurité, malgré le temps très limité, une poignée de secondes, entre la sirène signalant une frappe et son impact.
 Dôme de fer
 
De son côté, Israël a procédé à des frappes chirurgicales, surtout si on les compare à ce que l’armée du régime fait subir à la population civile en Syrie. L’armée de l’air et la marine ont effectué quelques 1.400 attaques, ayant occasionné une destruction substantielle du stock de missiles à moyenne portée iraniens (Fajr5). Contrastant avec un nombre limité de pertes du côté palestinien, en majorité des activistes, selon les sources entre 65 et 150 morts et 900 blessés et ces opérations étant très précises, le Hamas a eu bien du mal à se victimiser.  

Israël a gagné la guerre de l’information 

Autre changement majeur, Israël a pris l’initiative de la guerre de l’information. C’est la première fois que l’on peut suivre en temps réel le déroulement des opérations ou prévenir les civils des deux bords via les médias sociaux (Twitter ou Facebook). Après les horreurs commises en Syrie et les précautions des militaires de l’État hébreu, la guerre des images n’a pas porté ses coups fatals sur les opinions publiques comme lors des précédents conflits. Le Hamas en sort très diminué,  n’ayant pu jouer de ses ressorts traditionnels, alors qu’il a initié le conflit et porté ses attaques essentiellement sur les populations civiles.
Durant ce conflit, l’État hébreu a dû également faire face à des cyber-attaques avec 44 millions de tentatives de piratage sur différents sites institutionnels et du gouvernement. Là encore, une anticipation a permis la mise en place d’une organisation adaptée ayant eu pour résultat que toutes les attaques auraient échoué sauf une. 

La trêve préférable à une offensive terrestre ? 


Les nations se sont pressées pour demander un cessez-le-feu, tout en reconnaissant à Israël la légitimité de sa réponse. Cependant, force est de constater que leur zèle n’a eu d’équivalent que leur impuissance face à la crise syrienne, ou à la précipitation de leur départ de théâtres d’opération où leur présence est autrement plus nécessaire, l’Afghanistan ou la Libye, pour ne citer que quelques exemples.
Pour sa part, Israël, autant la classe politique que l’État-major, n’a pas voulu créer à Gaza un vide à l’irakienne. Et c’est exactement ce qui se serait produit s’il avait été décidé d’en finir avec le Hamas, sans proposer de solution de remplacement. L’Autorité palestinienne n’étant  en mesure ni d’assumer elle-même la reconquête de Gaza dont elle a été chassé par les armes, ni pour l’heure d’en assurer l’administration en milieu hostile. Il n’est pas non plus question pour l’État hébreu de réoccuper un territoire dont il s’est totalement désengagé depuis 2005. Aussi, un cessez-le-feu avec un Hamas et un Djihad islamique, désormais décapités et désarmés, le tout assorti d’un dispositif de contrôle réellement efficace, est peut-être pour le moment largement préférable à une offensive terrestre, toujours aléatoire. Elle permet à Israël de se concentrer sur d’autres dossiers ou théâtres d’opération, tels que le Soudan et l’Iran. 

Une étincelle peut mettre le feu aux poudres 

         Aujourd’hui sur le plan politique Israël a gagné des points. Non seulement il lui a été reconnu le droit légitime de se défendre. Et comparé à la 2ème guerre du Liban ou à l’opération «Plomb durci» c’est un renversement de situation que l’on aurait tort de minimiser. Mais surtout, se dessine très nettement une ligne de fracture au Moyen-Orient qui passe par l’Iran, avec de nouvelles alliances qui obligent à repenser la grille de lecture de cette région.
Cependant, en dépit du cessez-le-feu entre Israël, le Hamas et le Djihad islamique, l’Iran à tout intérêt à maintenir un abcès de fixation pour détourner l’attention et poursuivre son programme nucléaire. Les factions armées, de leur côté, clament leur victoire et disent haut et fort qu’une trêve ne signifie pas que le combat est terminé. Aussi beaucoup pensent, qu’à plus ou moins long terme, à la moindre étincelle, Israël sera obligé de finir le travail. Pour l’heure, nous en sommes à la phase diplomatique qui pourrait, une fois n’est pas coutume, être favorable à l’État hébreu.

 

 

5 commentaires:

David a dit…

Excellent décryptage d'une situation confuse...

Max SITBON a dit…

Fabius cornaque par le Quai d'Orsay a déclare que la responsabilité de la situation à Gaza était partagée entre Israël et le Hamas.A noter qu'en hébreu Hamas signifie violence. Tout un programme

JEAN a dit…

Chronique bien optimiste , cela ne fait pas de mal , optimisme tempéré cependant par la dernière ligne du dernier paragraphe .

JOHANN HABIB AVOCAT ISRAELIEN a dit…

Bel article. Ajoutons que la population Gazaouie n est pas duppe: a la question d un journaliste d al aqsa (la chaine du hamas) "alors on a gagne que pensez vous de cette victoire?" un vieux gazaoui a repondu "quelle victoire? encore une victoire comme celle ci et il n y aura plus de Gaza"

airdularge a dit…

Cependant, un autre acteur fait sa réapparition sur la scène moyen-orientale : la Russie.
La perte probable de son allié syrien lui fait rechercher d'autres bases en Méditerranée ; ainsi peut s'expliquer la présence de navires de guerre russe au large de Gaza.

Tout au long du conflit au moyen-orient, nous avons assisté à des évolutions qui tendent à signifier que rien n'est jamais acquis ;
une nouvelle alliance arabo-russe, avec ses conséquences stratégiques pour Israël, est-elle à exclure ?
Et après la Russie, qui aura intérêt à instrumentaliser ce conflit ?

La configuration de ce problème qui dure depuis 65 ans, sans avoir trouvé de solution, peut faire augurer sans risques excessifs d'erreur, qu'il faut s'attendre plutôt à des rebondissements, dans l'immédiat, qu'à une stabilisation durable, voir favorable.