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mardi 13 novembre 2012

OBAMA ET LE MOYEN ORIENT par Zvi MAZEL

 


OBAMA ET LE MOYEN-ORIENT

 
Par Zvi MAZEL

Ancien ambassadeur d’Israël en Égypte
Fellow of the Jerusalem Center for Public Affairs
copyright © Temps et Contretemps




Une nouvelle donne est-elle possible ?

Ce n’est pas la politique moyen-orientale du candidat Obama  qui a  contribué à sa réélection. Il avait pourtant déployé bien des efforts pour gagner le cœur du monde arabe. A commencer par ses discours du Caire et d’Ankara. Il a soutenu vigoureusement les premières manifestations du «printemps arabe», a donné l’important soutien logistique aux forces de l’OTAN qui a permis la victoire des rebelles contre Kadhafi. Il s’est empressé d’ordonner à Moubarak, fidèle allié des États-Unis et pilier de leur politique dans la région, d’abandonner le pouvoir sans délai. Pourtant  jamais l’Amérique n’a été aussi honnie au Moyen-Orient et des institutions américaines ont été attaquées en Tunisie, au Caire et en Libye.




Certes, fidèle aux engagements pris par George.W.Bush, Obama a fait rentrer d’Irak les soldats américains. Seulement il a laissé un pays dévasté où sunnites et chiites s’entredéchirent tandis que les militants d’Al-Qaeda sèment la terreur. En Afghanistan, les forces américaines et leurs alliés mènent un combat d’arrière garde contre les talibans, qui n’ont qu’à attendre leur départ annoncé pour 2014 – ouvrant ainsi la voie à une pénétration iranienne.
En Iran justement, Obama n’a pas soutenu en 2009 la révolte populaire provoquée par le détournement des résultats de l’élection présidentielle. La répression des forces de l’ordre a été féroce. Non seulement Obama a laissé passer l’occasion d’affaiblir ou même, de faire tomber les ayatollahs mais il a contribué au démantèlement de l’opposition.

Il a longuement hésité concernant le projet nucléaire iranien. Les sanctions enfin adoptées, bien que catastrophiques pour l’économie iranienne, n’ont pas fait reculer le régime, peu impressionné par ailleurs par les déclarations du président selon lesquelles «toutes les options étaient sur la table». Qui croirait qu’Obama, dont les troupes achevaient leur retrait d’Irak, mais se battaient encore en Afghanistan, serait prêt à ouvrir un nouveau front alors qu’il se préparait à une campagne électorale qui s’annonçait difficile? Un état de chose qui n’a pas été sans provoquer des tensions entre Jérusalem et Washington.

Islam et pays arabes
 

Il faut dire aussi que son attitude vis-à-vis de l’islam et des arabes était profondément ambigüe. Tandis qu’il déclarait haut et fort qu’il n’y avait pas de terrorisme islamique et s’employait à faire effacer toute référence au dit  terrorisme des manuels de la CIA, il livrait une  guerre sans merci à Al-Qaeda et à ses satellites. Renforcement des services secrets, envoi de forces spéciales, utilisation de drones pour cibler les chefs terroristes, et à la clé, débusquer et liquider Ben Laden. Un exploit dont il aime se vanter. Il  s’entêtait à qualifier ces  terroristes de gangsters qui ne représentaient en rien l’islam, bien qu’eux-mêmes se battaient au nom de l’islam ; d’ailleurs les pays islamiques se gardaient bien de les condamner et l’élimination de Ben Laden a déclenché une vague d’indignation dans le monde arabe.
 
Que va-t-il se passer maintenant ? Une politique énergique pourra-t-elle décourager les ennemis de l’Amérique sans qu’il soit nécessaire d’envoyer des troupes ? Une diplomatie innovante s’appuyant sur une large coalition saura-t-elle résoudre les problèmes du Moyen-Orient ? Quid de l’Iran ? Obama veut à tout prix stopper son programme nucléaire par la négociation, avec à la clé, une proposition alléchante : levée des sanctions, fin de l’isolement de Téhéran, assistance économique et reprise des relations diplomatiques.
Oui mais voila : et si l’Iran faisait trainer les discussions tout en continuant en sous-main son programme nucléaire, et touchant si près du but qu’Israël pourrait être tentée d’agir ? La coopération entre Obama et Netanyahou sera-t-elle suffisamment solide pour écarter ce scénario ? Et quelle serait la réaction de l’Arabie saoudite et des émirats du Golfe, les alliés traditionnels des États-Unis, qui considèrent que l’Iran est une menace pour leur indépendance ? 
 

Palestine et Syrie

Venons-en à la question palestinienne. Obama va-t-il faire à nouveau pression sur Israël, demandant par exemple un nouvel arrêt de la construction dans les implantations et la reconnaissance des soi-disant frontières de 1967, qui ne sont, rappelons le, que les lignes de cessez-le feu au terme de la guerre d’indépendance d’Israël de 1948.  Va-t-il au contraire demander aux palestiniens de faire preuve de plus de réalisme et de revenir de bonne foi à la table de négociations ? 
En ce qui concerne la Syrie, sera-t-il capable de rallier la Chine et la Russie pour amener Bassar Al-Assad à un compromis ? Et dans le cas contraire, sera-t-il prêt à imposer des zones d’interdiction de vol pour protéger les populations civiles, ou d’armer les rebelles au risque de voir ces armes tomber aux mains des salafistes ou des terroristes d’Al-Qaeda à l’œuvre à l’intérieur de la Syrie? Pas évident et pourtant  Obama devra prendre des décisions difficiles s’il ne veut pas que son pays perde ce qui lui reste de prestige dans la région.
 
Il a sans doute pris conscience de l’évolution du printemps arabe. Ce sont les Frères musulmans qui ont pris le pouvoir en Tunisie et en Egypte, et dont l’influence monte en Syrie, en Jordanie et en Libye où le pouvoir risque de perdre le contrôle du pays ; il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé à Benghazi. L’administration Obama avait entamé le dialogue avec les Frères avant la chute de Moubarak mais on ne voit pas très bien comment trouver un terrain d’entente entre un pays qui se veut le porte drapeau de la démocratie et de ses valeurs et un mouvement qui appelle à l’application de la charia. L’Egypte continuera-t-elle à être l’alliée des États-Unis, et à respecter son traité de paix avec Israël ?

Priorité à l’économie

Au soir de sa victoire,  Obama a déclaré faire de l’économie sa priorité. Ce qui ne veut pas dire que l’Amérique va retourner à l’isolationnisme. La sécurité et l’économie du pays sont trop dépendants de ce qui se passe ailleurs dans le monde et au Moyen- Orient en particulier. Obama a promis que l’armée américaine resterait la plus forte que le monde ait connue, mais a ajouté qu’il chercherait à arriver à une paix reposant sur la liberté et les droits de l’homme. Il a dit aussi vouloir affranchir l’Amérique de sa dépendance sur le pétrole ; une façon de dire que son pays veut prendre ses distances vis-à-vis du Moyen-Orient et de ses problèmes ? Mais c’est un processus qui prendra du temps et, en attendant, il faudra bien affronter le terrorisme islamique, l’Iran, l’Irak et l’Afghanistan, Al-Qaeda et les salafistes avec tous les risques de conflit que cela implique.
 
 
 
Les médias arabes continuent leurs attaques contre Obama qu’ils accusent d’être «pro-sioniste», mais les leaders arabes ont presque tous félicité le président pour sa réélection, en ajoutant qu’ils espéraient qu’il apporterait la paix au Moyen-Orient, «la fin de l’occupation et la création d’un État palestinien.» Les dirigeants palestiniens, quant à eux, l’ont appelé à soutenir leur demande de reconnaissance à l’Assemblée générale. Leur représentant aux Nations-Unies a refusé de remettre cette demande à un peu plus tard comme le demandait Susan Rice. Une indication supplémentaire qui montre que l’influence américaine n’est plus ce qu’elle était. Autre signe, les talibans invitent  Obama à «reconnaître» son échec et à retirer ses troupes  sans plus tarder tandis que le ministre soudanais des Affaires étrangères lui a demandé de lever les sanctions imposées à la suite du génocide au Darfour.
Le président américain va-t-il trouver sa voie à travers ce terrain miné ? Il faut bien l’espérer….

2 commentaires:

odile Haettich a dit…

Pauvre Obama, pris pour Dieu sur terre!NON, c'est un humain qui mange des hamburgers...
On lui demande beaucoup, on l'accuse de tous les maux au Moyen Orient et ailleurs, mais il ne faut pas oublier qu'il vient d'être réélu à la tête d'une Amérique décadente où il a beaucoup à faire, déjà. Obama de plus n'a pas réussi ce qu'il croyait bien pendant son 1er mandat. Il a eu tant de détracteurs dans son environnement même parmi ceux à qui il faisait confiance. Certes, il n'est pas parfait comme tant de chefs d'état d'ailleurs!De plus, les pays arabes qui ont fait leur révolution, ont pris une toute autre direction que la politique américaine alors, qu'ils prennent leurs responsabilités et qu'ils nous prouvent que la Charia est bien mieux que la Démocratie occidentale!Ce n'est pas de la critique que nous attendons mais de l'action positive. Au lieu de cela, on pleurniche de l'aide aux États Unis et ensuite, on critique, on déteste? L'Amérique n'a plus à jouer le rôle de gendarme du monde pas plus que d'assistante sociale.Il est temps que chacun s'assume, sinon on peut douter de la compétence des gouvernants à mener à bien la direction de leurs pays.

Marianne ARNAUD a dit…

J'allais commenter cet article avec quatre points d'interrogation : un pour chaque paragraphe.

Mais ayant lu le commentaire d'odile Haettich, je me range à ce qu'elle a écrit : "Il est temps que chacun s'assume, sinon on peut douter de la compétence des gouvernants à mener à bien la direction de leur pays."

En d'autres termes : chacun pour soi et Dieu pour tous.

Tel est, en certaines circonstances, le début de la sagesse.