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vendredi 2 novembre 2012

LE HOLLANDE NOUVEAU EST ARRIVÉ



LE HOLLANDE NOUVEAU EST ARRIVÉ

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps



Les détracteurs de François Hollande, qui tout au long de la campagne électorale, l’ont dénigré pour ne pas dire sali, en seront pour leur déception. Un nouveau Hollande est né. Ceux qui se targuaient d’avoir une culture politique aigüe pour prédire les pires conséquences pour Israël et pour les relations israélo-françaises devront réviser leurs certitudes. Les caricatures et les procès d’intention faisaient florès pour faire croire que son élection devait conduire à l’avènement d’un État islamiste en France et à la fuite à l’étranger des bons français.


Dérives excessives


Toutes les dérives étaient bonnes pour l’empêcher de se hisser au sommet et pour permettre la réélection de Nicolas Sarkozy. L’intérêt d’Israël n’était pas recherché dans ce matraquage mais plutôt l’intérêt sélectif d’un clan qui était obnubilé par l’arrivée des socialistes au pouvoir, le couteau de la revanche entre les dents et le révolver braqué sur la tempe des riches qu’on cherchait à spolier. Les prétendus défenseurs d’un État juif en danger se sont acharnés à faire croire aux juifs et aux sympathisants français que les socialistes étaient anti israéliens et que tous les militants de gauche étaient contre la survie d’Israël alors que, comme partout dans le monde, ils ne sont qu’une minorité, gauchisante mais agissante certes.
Le spectacle émouvant que nous ont donné Benjamin Netanyahou et François Hollande à Toulouse était à la hauteur du drame vécu par les familles des victimes. L’émotion a gagné les orateurs et les téléspectateurs qui ont entendu les mots incisifs d’un président qui n’a pas mâché les mots quand il s’est agi de pourfendre les assassins intoxiqués par l’extrémisme islamiste. Enfin, la campagne électorale française avait laissé place à la réalité des faits dénaturés volontairement. La venue à Toulouse du président revêtait plein de symboles, en particulier celui de l’amitié franco-israélienne et  de l’unité du peuple français : «la sécurité des juifs n’est pas l’affaire des juifs mais celle des français dans leur ensemble».

Un président émouvant


Le président français, ferme dans son langage, émouvant dans ces mots, convainquant par son ton, a arraché quelques moments d’émotion à une assistance qui a apprécié sa détermination à combattre les islamistes qui polluent l’atmosphère française : «Vous représentez un pays créé au lendemain de la Shoah pour servir de refuge aux juifs. C’est pourquoi, chaque fois qu’un juif est pris pour cible parce que juif, Israël est concerné. C’est le sens de votre présence. Je la comprends, je la salue. Et je veux rappeler devant vous la détermination de la République française à combattre l’antisémitisme. Il sera pourfendu dans toutes ses manifestations, les mots comme les actes. Il sera pourchassé partout, y compris derrière toutes les causes qui lui servent de prétexte ou de masques, poursuivi par tous les moyens partout où il se diffuse, en particulier sur les réseaux sociaux qui accordent l’anonymat à la haine».
François Hollande ne pouvait pas être plus clair et plus rassurant. Ceux qui avaient douté de lui ont découvert un Hollande nouveau, qui en fait restait le même que celui de la campagne électorale, insultes et procès d’intention en moins. Il a mis ses paroles en accord avec ses actes puisqu’il a cautionné la décision de son ministre de l’intérieur, Manuel Valls, d’expulser un imam qui haïssait les juifs comme les femmes. Il veut prouver qu’il n’y aura aucune permissivité ni aucun laxisme quand l’unité du peuple est en danger.

Marge économique


Pourtant les experts en politique savaient que François Hollande et Nicolas Sarkozy ne changeraient rien à la politique étrangère française car elle est immuable. Cependant certains bonimenteurs, plus expressifs, donnaient l’illusion de mieux comprendre les problèmes israéliens alors qu’ils roulaient pour leur propre intérêt électoral. Tant que l’œil français restera rivé sur la ligne de la balance économique, les marges d’action sont strictement nulles et les présidents français n’auront que le choix de chercher à équilibrer la position française pour qu’elle ne soit pas dédiée uniquement à Israël. Accuser le parti socialiste et François Hollande d’être anti israéliens est d’une mauvaise foi caractérisée.
On sait pourtant que durant l’âge d’or des relations franco-israéliennes, de 1948 à 1958, les socialistes ont aidé aux premiers pas de l’État naissant et lui ont apporté l’aide militaire et nucléaire qui faisait défaut. La droite française, avec De Gaulle et son embargo, Pompidou et les vedettes de Cherbourg, Giscard d’Estaing et l’ayatollah Khomeiny à Neauphle-le-Château,  a alors défait en quelques mois les relations d’amitié tissées en dix années prospères. Dès 1986, Lionel Jospin avait posé le principe du transfert de l’ambassade de France de Tel-Aviv à Jérusalem ce qui lui a permit d’être gratifié de la caillasse des étudiants de Bir Zeit en 2000.
Certes l’extrême-gauche et les écologistes vouent Israël aux gémonies sous prétexte qu’ils estiment que leur mission consiste à soutenir les faibles, sous-entendu les palestiniens. Mais hormis les électeurs socialistes d’origine maghrébine, intoxiqués par leurs imams, la majorité penche pour la survie du seul bastion occidental au Proche-Orient depuis l’asservissement du Liban à la Syrie.
Laurent Fabius avec le libanais Hariri
Aujourd’hui un espoir subsiste avec le départ des gaullistes du Quai d’Orsay et de leur tête de file, Alain Juppé. L’ancien premier ministre Laurent Fabius, que certaines plumes traitent de «mauvais juif» alors qu’il ne se revendique pas de cette appartenance communautaire, n’a jamais caché ses sentiments pro-israéliens et il pourrait faire preuve de plus d’autonomie que ses prédécesseurs. Claude Goasguen nous avait expliqué que la politique étrangère se décidait à l’Élysée mais, par son expérience, Laurent Fabius est en mesure d’influencer la ligne politique du gouvernement malgré les faibles marges de manœuvre. Nicolas Sarkozy avait squatté le Quai d’Orsay, par Bernard Kouchner interposé, mais à sa différence, le nouveau ministre des affaires étrangères détient un pouvoir réel au sein du parti socialiste et un pouvoir de persuasion auprès du président.
François Hollande est en capacité d’étonner encore mais il sera jugé sur ses actes et sur ses réalisations. Comme pour le bon vin, il faut donner du temps au temps.

5 commentaires:

Pat Quartier-PAROLEVOLEE a dit…

Entierement d'accord avec vous Jacques Benillouche.
Bien qu'etant classe 'a droite" s'agissant de la preservation des interets territoriaux d'Israel, j'ai toujours pense et ecrit que Sarkozy etait un personnage bcp plus dangereux que Francois Hollande dans sa manifestion volontariste contre Israel,notamment lorsqu'il s'est acharne prematurement a faire rentrer les Palestiniens a l'UNESCO et a l'Onu, avec le succes partiel que l'on sait. Imprevisible sous le coup de l'ego et de la colere nul ne sait les degats qu'un Sarkozy reelu aurait pu causer.
La politique etrangere de la France ne changera pas, ses interets etant "mediterraneens" et on peut le comprendre.
Il faut apprecier seulement le degre de nuisance et de ce point de vue je prefere F.Hollande.
L'avenir dira si deborde par sa base -ce qui n'est pas certain- le danger est plus manifeste qu'avec Sarkozy. Mon intuition me fait preferer le nouveau President.
Meme si cela etonne les adeptes les adeptes du manicheisme.

Giora HOD a dit…

Il faut reconnaitre que pour l’instant Hollande et Valls ont une conduite méritoire.

Comme disait la maman de Napoléon ; "Pouvou qué ça doure".

J’avais cherché avant les élections ce que Hollande avait déclaré à propos d’Israël et je n’avais pratiquement rien trouvé. Par contre, Fabius et Co…..

Tous ceux qui ont la haine d’Israël ont voté pour Hollande et c’est comme cela qu’il a été élu.

Va-t-il prendre le risque de décevoir ses électeurs alors qu’il est très à la baisse dans les sondages? Fera-t-il mentir "dis-moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es"?

Il est vrai qu’il y a du temps jusqu’aux prochaines élections…

Hubert NATAF a dit…

Toute politique se veut équilibrée ou neutre, le Président Hollande se prépare à visiter le Liban.

David a dit…

Tout à fait d'accord avec vous, M. Benillouche.

Sarkosy, considéré comme un ami d'Israël à pris les pires décisions possible à son encontre.

Hollande et Valls font un sans faute pour le moment.

Pourvu que ça dure…

Anonyme a dit…

Pour prévenir le Liban au sujet du Hezbollah!!!