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jeudi 22 novembre 2012

LE FANTÔME DE LA MOUQUATA A RAMALLAH



 
LE FANTÔME DE LA MOUQUATA A RAMALLAH
 
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright© Temps et Contretemps

Mahmoud Abbas, Khaled Mechaal et Ismaël Haniyeh
               
         L’éclatement du peuple palestinien en 2006, avec la prise de pouvoir du Hamas à Gaza, ne lui aura pas porté chance. L’Autorité palestinienne vient d’entériner son discrédit par un silence presque complice tandis que le réchauffement du front de Gaza met en péril l’existence même du Hamas. Pendant l’opération «Pilier de défense» Mahmoud Abbas pointait aux abonnés absents. Il n'a été vu nulle part et n’a fait aucune déclaration de soutien au Hamas comme s’il jubilait de voir Ismaël Haniyeh débordé par les islamistes radicaux.











Leadership palestinien

 Khaled Mechaal et Ammed Djabari
            L’élimination d’Ahmad Djabari a éclairci les rangs des prétendants au leadership palestinien. L’homme fort de Gaza, qui contrôlait la bande grâce à ses brigades Al-Quassam, repose le problème de l’unification des clans palestiniens, éclatés en Fatah et Hamas. Réfugié au Qatar depuis la révolution syrienne, l’idéologue du Hamas, Khaled Mechaal, attend son heure après avoir pris du recul vis-à-vis de son mouvement pour acquérir une stature internationale et se défaire de son image de chef terroriste. Il n’avait pas cautionné la tentative désespérée de Mahmoud Abbas d’obtenir une reconnaissance  de la Palestine à l’Onu. D'une part, il ne croyait pas à cette démarche qu'il savait vouée à l'échec et, d’autre part, il ne tenait pas  à  redorer le blason terni du chef de l’Autorité.

Khaled Mechaal rencontre l'émir du Qatar

            Fin politique, Khaled Mechaal avait su réorienter sa position en s’éloignant du régime de Damas pour choisir l’alliance avec le Qatar, ennemi déclaré de Bassar Al-Assad, qui l’héberge et le finance. Il avait persuadé l’émir d’ignorer totalement Mahmoud Abbas qui n’avait pas été invité à Gaza lors de son déplacement. Khaled Mechaal a donc reçu la caution d’un grand ami des États-Unis et d’un pourvoyeur de fonds pour le peuple palestinien. La lutte pour la première place est ainsi ouverte mais Ismaël Haniyeh, qui n’existait que par Djabari interposé, s’est discrédité lui aussi de n’avoir pas pu neutraliser les extrémistes islamistes qui mettent en danger sa position.
Destruction du quartier général à Gaza

1.600 sorties de l’aviation israélienne ont réduit les stocks de munitions et de fusées, ont détruit les principaux bâtiments militaires et sécuritaires avec un résultat négatif pour les palestiniens. Les destructions et les morts civils risquent d’écorner l’image du Hamas parmi les palestiniens car il ne peut contenir la force de frappe israélienne dans un combat déséquilibré. Le Qatar avait pourtant prévenu que son aide de 400 millions de dollars ne devait pas partir en fumée sous les coups d’une aviation israélienne agissant en représailles à des tirs de roquettes sur les villes du sud du pays.
Les Frères musulmans, qui partagent avec le Hamas la même idéologie, avaient tenté en vain d’insuffler la nécessité de pragmatisme, laissant entendre qu’il fallait mettre en sommeil les aspirations panislamistes. Mais Ismaël Haniyeh a pêché de ne pas avoir compris la nouvelle donne en Égypte. Son président Mohamed Morsi comptait sur les dirigeants de Gaza pour neutraliser les groupuscules manipulés par l’Iran qui organisaient les tirs de roquettes contre Israël et qui polluaient la sécurité dans le Sinaï.
La Mouquata'a. à Ramallah

            Mahmoud Abbas, discrédité, est isolé aujourd’hui dans ses bureaux de la Mouquata, sans soutien international ni palestinien, tandis que la difficulté de réunification du mouvement palestinien rejaillit comme son échec personnel. Il mesure les conséquences du soutien total qu’Israël a reçu de la part des pays occidentaux alors que lui peinait à faire admettre son projet, à l’exception de son adhésion à l’Unesco. Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont déclaré que «rien ne justifiait la violence à laquelle ont recours le Hamas et d’autres organisations terroristes contre le peuple palestinien. Israël, comme toute autre nation, a le droit de se défendre contre de telles attaques». Barack Obama n’a pas modifié d’un iota sa position vis-à-vis d’Israël malgré une réélection qui lui a délié les mains.
 

Acteur extérieur

Ismaël Haniyeh, Mahmoud Abbas et Mohamed Dahlan
 
            En se séparant de son homme sécuritaire fort, Mohamed Dahlan, et en l’exilant en Jordanie, Mahmoud Abbas a perdu son bras armé qui pouvait imposer par la force ses décisions au Hamas. Il a hésité de la même manière que Yasser Arafat qui ne pouvait se résoudre à une position ferme, claire et courageuse. Il n’a plus aucune chance de fédérer les deux clans Fatah et Hamas, ni par la négociation et ni par la force. Sur le plan politique il n’a pas le charisme de Khaled Mechaal qui, au contact des Qataris, s’est donné une image de dirigeant réaliste.
          L’idéologue du Hamas, devenu colombe, s’est éloigné de la Syrie et a renié l’Iran, soutien inconditionnel des terroristes qui ont imposé leurs vues aux dirigeants de Gaza. L’enlisement sur le terrain, les morts à Gaza et les destructions dramatiques infligées par l’armée israélienne ne peuvent profiter qu’à un acteur palestinien venu de l’extérieur. Le rôle de Mahmoud Abbas semble terminé par cette opération qu’il n’a pas provoquée mais qu’il n’a pas pu enrayer. Elle lui sera fatale.
 
            La visite de Laurent Fabius en Israël préfigure un changement de la politique du Quai d’Orsay qui semble vouloir s’insérer dans le processus de paix, après en avoir été écarté par les israéliens qui jugeaient déséquilibrées les prises de position du ministère des affaires étrangères. Si le ministre cherche désespérément à sauver la tête de Mahmoud Abbas en lui rendant visite, il risque d’engager la France sur une voie sans issue. L’avenir des relations israélo-palestiniennes dépendra du nouvel homme fort palestinien qui saura s’affranchir des militaires et des groupuscules terroristes islamiques freinant tout projet pacifique et qui imposera la réunification du mouvement palestinien. L’erreur des occidentaux consisterait à vouloir à tout prix ranimer un mort politique, déjà en décomposition avancée. Mahmoud Abbas a fait son temps.              

 

1 commentaire:

airdularge a dit…

"L'avenir, pour les Palestiniens, passe par un homme qui saura s'affranchir des groupuscules islamiques", dites vous :

Pensez-vous, réellement, dans le contexte actuel, qu'un tel leader existe ?
ou qu'il serait prêt à prendre, simplement, un tel risque risque ?

Cette hypothèse est à envisager avec précaution, me semble-t-il car il serait dangereux de prendre nos désirs pour un semblant de réalité.