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vendredi 9 novembre 2012

LA CRITIQUE EST INTERDITE


LA CRITIQUE EST INTERDITE
 
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright© Temps et Contretemps


Chut ! La critique est interdite. Certains, et ils sont de plus en plus nombreux parmi les soi-disant défenseurs de l’État d’Israël, voudraient imposer le silence aux journalistes qui n’entrent pas dans le rang, c’est-à-dire ceux qui ne rampent pas devant les tenants du régime. Pourtant il n'y a pas d'exclusive à la critique dans ce site quand cela semblait nécessaire, en particulier à l'encontre de Tsipi Livni, de Shaoul Mofaz, des religieux du Shass, et de la gauche en général. Ceux qui critiquent l'absence de liberté dans les pays arabes sont les premiers à vouloir appliquer en Israël les mêmes restrictions.
 



Gauchiste

Critiquer Netanyahou devient un crime de lèse-majesté puni par l’infamant qualificatif de «gauchiste»  et par le bannissement. Comme dans un régime de dictature que rêvent de nous imposer quelques illuminés, la pensée unique doit régir la communication dans un monde où le journaliste ne doit être que le larbin du régime. Cela devient grave car, aux mots et aux verbes, certains veulent substituer à présent la menace physique pour démontrer à quel point leur cerveau est dérangé tant ils sont intoxiqués par l’idéologie qu’ils veulent imposer.
            Pourtant les opposants à Netanyahou sont nombreux et ils riraient de se voir traités de gauchistes. Tsipi Livni, Shaoul Mofaz, Ehoud Olmert, Yaïr Lapid et d’une certaine mesure Haïm Amsallem et Shimon Pérès seraient ainsi des suppôts de la gauche antisioniste et des traitres à la nation parce qu’ils rejettent le livre "bleu" du Likoud. Cette bonne compagnie est pourtant la garante de la vraie démocratie en Israël et de l’existence d’une opposition libre. Où sommes-nous tombés pour interdire le débat, pour vouer aux gémonies ceux qui ne pensent pas selon les règles imposées, pour interdire qu’une tête dépasse et  pour condamner les réfractaires de la pensée unique ?  La démocratie israélienne filerait un mauvais coton si elle devait s’engager dans cette impasse.
 
            La liberté de penser autrement et de s’exprimer différemment est un droit accordé à tout journaliste, à fortiori lorsque les bureaux du premier ministre lui ont octroyé la carte officielle de presse. Il ne doit rendre des comptes qu’à ses lecteurs et, à la rigueur, à sa rédaction. Alors on veut à présent classer les journalistes  par catégorie ou par clan, les bons, généralement sans talent, qui ne cherchent qu’à convaincre des convaincus et les mauvais qui traversent la ligne jaune symbolique érigée par ceux qui se croient détenteurs de la bible journalistique. Les journalistes d’opinion représentent la sale race qui décortique et analyse les paroles et les actes face à ceux qui se contentent de reproduire les dépêches d’agence en ayant auparavant sélectionné les plus ternes. Être journaliste d’opinion est à présent un délit pour certains anachroniques, qui manquent de talent,  qui se croient encore du temps de la Pravda de l’URSS et qui pensent qu’exprimer des idées différentes c’est exprimer sa haine.

La haine



            Critiquer Netanyahou est assimilé à de la haine même si c’est pour dire que la pauvreté (dixit l’OCDE) s’accroit en Israël dans le pays de la haute technologie tandis qu’une dizaine de familles mettent le pays en coupes réglées. On agite les problèmes sécuritaires pour étouffer la contestation et on fait de l’esbroufe.
            Critiquer Netanyahou est assimilé à de la haine même si c’est pour dire que peu d’actions ont été entreprises pour faire cesser les tirs de missiles sur les pauvres villes du sud trop loin de Tel-Aviv pour attirer notre sensibilité.  On bombe les muscles et on fait de l’esbroufe.
            Critiquer Netanyahou est assimilé à de la haine même si c’est pour dire que l’on ne peut pas se couper du monde en se fâchant avec les grands dirigeants occidentaux et avec nos alliés comme Nicolas Sarkozy et Barack Obama hier, puis François Hollande aujourd’hui. On pousse la chansonnette israélienne populaire en dépit des règles de courtoisie vis-à-vis de l’hôte, président de la république, parce qu’il est bon pour la campagne électorale israélienne de faire de l’esbroufe.
            Critiquer Netanyahou est assimilé à de la haine  même si c’est pour dire qu’il n’a aucune autorité vis-à-vis des chefs militaires et sécuritaires qui le critiquent en public et qui refusent ses ordres comme vient de le révéler la presse étrangère. Pendant que l’Iran accroit dangereusement ses capacités nucléaires jusqu’à un point de non-retour, il fait du surplace et agite le chiffon rouge pour tenter d'impressionner et faire de l’esbroufe.
             Critiquer Netanyahou est assimilé à de la haine  même si c’est pour dire que certains désirent vivre dans un État totalement juif parce qu’ils ne croient pas à la cohabitation avec les arabes et craignent de perdre leur identité juive. Chacun chez soi et les vaches seront mieux gardées. Alors on parle de deux États et deux peuples sans en donner la signification sinon pour faire de l’esbroufe.
             Un véritable journaliste d'opinion n'a pas peur des menaces surtout lorsqu'elles sont émises de manière anonyme par de véritables courageux. 
         
 

2 commentaires:

Pat Quartier-PAROLEVOLEE a dit…

Quoi! On a osé attaquer J.Benillouche sur ses critiques contre Natanyahou?
Les reprenant une par une je constate qu'il a parfaitement raison concernant notre PM..
Le problème est que le débat est pipé ; là ou les gauches israéliennes n'ont, n'auraient pas fait mieux sinon pire, au niveau economique, social et sécuritaire.(on sait qu'en Israel les tenants du grand capitalisme anti-social ayant soutenu Oslo sont à gauche au parti travailliste, des post modernistes peu intéressés à la sauvegarde de patrimoine historique et culturels juifs et aux territoires qu'ils sont prêts à bazarder pour faire d'Israel un petit homg kong laique.
Quant à la sécurité, il n'y'a aucune différence réelle d'action entre Natanyahou et la gauche: il n'y 'a pas lieu de les opposer!Il suffit de constater l'inaction des uns et des autres contre Gaza où ils ne retournent militairement que forcés dans un carcan sauf le jour ou TA sera touché!
Non, la vraie droire ne se situe dans aucun des partis dont on parle trop :likoud, Israel Beitenou,kadima, avoda...Et encore moins avec le parti religieux Chass arrierré et corrompu.

Anonyme a dit…

Certes, la "chansonnette" de B.N à la cérémonie de Toulouse semblait à première vue être déplacée. Cependant, le message sous-jacent à cet "esbroufe" est que les juifs doivent se raccrocher à la vie, ne pas avoir peur, se battre pour survivre et ne pas (re)vêtir l'eternel habit de la victime idéale. Entendre dire que les juifs ont peur et que leur sécurité est une cause nationale n'est pas leur rendre service. Nous n'avons PLUS peur!! Nous devons relever la tête et affronter ceux qui nous haîssent. Aller se battre à Gaza, au Liban, à Djénine...là est la vraie peur. Porter une kippa dans la rue en France...et avoir peur!! Allons...Alors évidemment cela comporte un risque, évidemment on s'expose aux insultes aux agressions.... aux attentas...mais nous devons(ou pas) assumer ce que nous sommes, nos opinions. C'est la réalité! En cela B.N a eu raison: le peuple d'Israel Vivra et tout le monde entier doit l'entendre. Au culte de la mort, les juifs opposent celui de la vie! Chantons pour montrer que rien ne nous détruira.

Monsieur BENILLOUCHE vous assumez vos opinions! Tant mieux et bravo même si nous ne sommes pas forcément d'accord.