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lundi 26 novembre 2012

APRES LE TEMPS DE LA GUERRE, LE TEMPS POLITIQUE


 
APRES LE TEMPS DE LA GUERRE, LE TEMPS POLITIQUE
 
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright© Temps et Contretemps

               
        Le cessez-le-feu signé avec Gaza va permettre à la politique de reprendre sa place en Israël, à la veille des élections du 22 janvier 2013 dont le résultat reste cependant incertain alors que l’on croyait que les dés étaient déjà jetés. La politique reprend ses droits dans un combat sans pitié qui ne laissera au sol que des cadavres politiques.





Pepone

            Il faut cependant rendre un hommage appuyé au «Pepone» israélien qui a permis aujourd’hui de minimiser les dégâts en Israël et d’éviter l’entrée des troupes terrestres à Gaza, avec son lot inévitable de morts et de désolation. Nommé ministre de la Défense, il avait été raillé parce qu’il ne connaissait rien à l’armée et rien à la stratégie militaire. Pourtant dans les pays occidentaux, les ministres de la défense sont toujours des civils qui ont l’avantage d'arbitrer et d’éviter les frictions entre les hauts gradés de l’armée, comme ce fut le cas entre Ehoud Barak et Gaby Eshkénazi. Un civil sent plus les intérêts d’une population qui a tendance à s’en remettre toujours à ses chefs militaires. Par ailleurs, les principes démocratiques veulent que le pouvoir militaire soit soumis aux décisions du pouvoir civil. En Israël, Moshé Arens a été l'un des meilleurs ministres de la défense.
 
L’ancien syndicaliste Amir Peretz et ministre éphémère de la défense, avait été accusé de manquer de professionnalisme. Certains politiques lui avaient attribué la mauvaise conduite de la guerre du Liban alors qu’elle relevait de l’État-major et qu’il avait été le premier à mesurer le danger des roquettes. En 2006, 4.000 roquettes avaient été lancées depuis le Liban sur les villes du nord. Il avait alors décidé d’investir une partie du budget de l’armée pour créer un système qui garantirait la protection d’Israël. On lui parlait de dollars alors que lui pensait vies humaines.
La plupart des officiers supérieurs de l’époque avaient qualifié de gaspillage et d’absurde le développement de ces batteries qui ne pouvaient pas, selon eux, se substituer à l’aviation. Certes et l'argument pesait dans la balance, chaque missile d’interception coûtait environ 50.000 dollars. Mais l’avenir leur a donné tort et il est indispensable aujourd’hui de rendre hommage à notre Pepone. Non seulement le projet a été mené à son terme et son efficacité prouvée mais les États-Unis, qui avaient vite compris l’intérêt financier et stratégique d’un système anti missiles intéressant d’autres pays, ont décidé de financer la presque totalité de l’investissement israélien.

 Dôme de fer - Kipat Barzel

Primaires

            Les armes militaires étant rangées, les partis politiques entrent à présent dans la période des primaires pour désigner les candidats qui se présenteront aux suffrages des électeurs. La valse des personnalités entre différentes listes atteindra son paroxysme dans les prochaines semaines après moult retournements de vestes. Le gâteau des élections, avec en ligne de mire un poste ministériel, permet toutes les dérives et tous les renoncements.
 
Le parti Likoud-Israël Beiteinou vote le 25 novembre. Il n’est pas certain que la fusion des deux partis bénéficie des conséquences de l’opération «pilier de défense» car de nombreux militants reprochent à Benjamin Netanyahou de ne pas avoir été au bout de sa mission en n’éradiquant pas Hamas et ses dirigeants par une opération terrestre.  Selon les derniers sondages, cette coalition prend l’eau puisqu’elle passerait de 42 sièges à 33 alors que la fusion leur faisait entrevoir une dynamique électorale. Avigdor Lieberman serait en droit d’être déçu car, en volant de ses propres ailes, il aurait pu récupérer les déçus du Likoud.
Par réaction, certains électeurs de droite rejoindront la liste de la nouvelle étoile montante, Naftali Benett, ancien bras droit du premier ministre, qui a pris la tête de Bayit Yeoudi, parti religieux nationaliste et sioniste. Né en 1972, Bennett a servi dans l’unité d’élite Sayeret Matkal du chef d’État-Major. Il n’a pas fait carrière dans l’armée et a préféré obtenir un diplôme en droit de l'Université hébraïque de Jérusalem. Il a créé en 1999 la société de logiciel anti-fraude «Cyota» qu’il a revendue en 2005 pour 145 millions de dollars ce qui lui permet d’avoir les moyens de sa campagne. Cet homme moderne, spécialiste du high-tech, peut drainer à lui quelques laïcs centristes sensibles à ses positions pragmatiques et iconoclastes. Son passé militaire lui donne une réelle crédibilité en matière sécuritaire. Cantonné jusqu’alors à cinq sièges, son parti pourrait voir sa côte monter à 13 élus pour lui donner une position charnière dans toute prochaine coalition de droite.
Naftali Benett
 
Le parti travailliste, avec le handicap de ne compter dans ses rangs aucun officier général de haut rang, risque de manquer de spécialistes de la sécurité mais il peut surfer sur le mécontentement des classes défavorisées et même des classes moyennes qui s’estiment matraquées par les nouvelles mesures économiques prises par le gouvernement. Il peut espérer 22 sièges pour peser sur la Knesset.
Le nouveau parti centriste de Yaïr Lapid , ancienne vedette de télévision, commence à décevoir à vouloir être le parti ramasse-tout, sans ligne directrice bien établie, sinon une opposition ferme aux orthodoxes religieux bien qu'il inclue dans sa liste plusieurs rabbins. Il a en effet pris dans sa liste le bras droit du Rav Haïm Amsallem, co-créateur du parti Am Shalem. Cela ne suffit pas à créer une nouvelle dynamique politique. Crédité d’un nombre de sièges important à sa création, il chute à 11 élus et il est fort probable que son résultat s’étiolera au fur et à mesure de la campagne électorale s’il ne parvient pas à s’entourer de géants politiques ou de personnalités charismatiques compétentes. 
Yair Lapid

Du neuf avec du vieux

La volonté de certains de faire du neuf avec du vieux est désespérante. Ehoud Olmert est théoriquement disqualifié tandis que Tsipi Livni, qui avait un boulevard en 2009, a laissé passer sa chance en refusant de former un gouvernement alors qu’elle était arrivée en tête. Certains ont interprété ce refus à un manque de courage tandis que d’autres à une intransigeance politique qui n’est pas de mise lorsqu’on veut gouverner. La pureté politique dont elle voulait faire preuve était en décalage avec les méthodes politiciennes qui s’imposent à tout dirigeant qui veut arriver au sommet.
Elle n'a pas non plus convaincu en tant que chef de l'opposition et a mené son parti à l'explosion. Aujourd’hui elle navigue d’un bord à l’autre en étant nulle part. Il n’est pas certain qu’elle puisse faire un ticket avec le centriste Lapid ou la travailliste Yachimovich car elle peut difficilement accepter de devenir numéro 2 d’un parti alors qu’elle a été à la tête de l’opposition.
 
Quant à Ehoud Barak, il paie sa dispersion de la gauche vers la droite. Il risque de disparaitre de l’horizon politique car son parti Hatsmaout n’atteindrait pas le minimum requis pour entrer à la Knesset. Les électeurs n’ont pas apprécié qu’il ait plus songé à son poste ministériel qu’à son parti en le désertant et en organisant sa scission. Son positionnement ambigü entre le Likoud et la gauche n’avait pas été du goût des électeurs qui risquent de lui faire payer cher ce qui peut être considéré comme une désertion.
Dans le même ordre d'idée, la parti Kadima est à la dérive car Shaoul Mofaz ne peut prétendre qu'à deux à quatre députés. Il tombe dans les profondeurs de l'abime pour avoir fait son aller-retour rapide au gouvernement.
Il reste à voir si le rav Haïm Amsallem va réussir son pari d'entrer à la Knesset. Transfuge du Shass, le Rav Haïm Amsallem, avait critiqué certains dogmes appliqués par son ancien parti réfractaire à toute critique. Orthodoxe sépharade, il prône le travail pour les jeunes religieux tout en étudiant ; il exige une solidarité avec Israël et avec son armée et critique que le Shass soit devenu un parti d’obédience lithuanienne. Il est crédité de deux mandats.
Il ne s’agit que d’une photographie immédiate du panorama politique. Tout est encore en jeu et peut être modifié par quelque fait imprévisible.  Le respect du cessez-le-feu ou sa rupture peut avoir une influence sur les élections. Des exemples significatifs ont prouvé que rien n’était figé jusqu'à la veille du scrutin et que la fluctuation des engagements politiques était à la merci d’une étincelle.  Deux mois avant le vote c’est trop ou pas assez.  le Hamas, l'Iran ou le Hezbollah pourraient modifier la donne.

 

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