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dimanche 28 octobre 2012

UKRAINE : ÉLECTIONS SANS LA PRINCESSE



UKRAINE : ÉLECTIONS SANS LA PRINCESSE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


            L’Ukraine, ancienne république soviétique, refait parler d’elle à l’occasion des élections du 28 octobre 2012. Celles du 30 septembre 2007 avaient vu la victoire d’Ioulia Timochenko. Ce pays plus étendu que la France, l’un des plus grands de l’Europe, peuplé de 50 millions d’habitants vit une situation politique très compliquée car il est virtuellement coupé en deux entités totalement opposées. L’occidentale lorgne vers l’ouest, se vante que son Eglise soit rattachée à Rome, défend sa langue, l’ukrainien, et vit sous le rêve américain. L’orientale, qui ne parle que le russe, affiliée au Patriarcat orthodoxe, est indéfectiblement attachée aux liens historiques avec la Russie. 




Poupée Barbie
  
Ioulia Timochenko

            Chacune de ces deux régions est personnifiée par des figures emblématiques : Viktor Ianoukovitch, pro-russe élu à la présidence de la république en 2010, et  Ioulia Timochenko, pro-occidentale, qui avait été son alliée lors de la Révolution orange en 2004 et qui s’était séparée de lui à la suite de dissensions politiques. Lors des dernières élections législatives anticipées du 30 septembre 2007, le bloc dirigé par Ioulia Timochenko était arrivé en deuxième position avec 30,7 % des voix tandis que le parti des Régions de Viktor Ianoukovitch avait remporté les élections avec 34,4 % des voix.  Mais c’est Ioulia qui avait été désignée comme premier ministre.
Viktor Ianoukovitch

La récente condamnation pour abus de pouvoir de l’ancienne premier ministre et chef de l’opposition, Ioulia Timochenko, à 7 ans d’emprisonnement en 2011 inquiète la communauté internationale dont une partie estime que le pays est en voie de «poutinisation». Son cas est considéré comme emblématique. Son affaire avait provoqué une grave crise entre Kiev et l'Union européenne qui y voit des motivations politiques. Elle est accusée d’avoir détourné une partie des fonds provenant de la vente au Japon de quotas ukrainiens de gaz carbonique (environ 250 millions €).
Celle qu’on surnomme la Princesse du gaz, allusion à sa richesse spontanée lors de son passage à l’Ukrainian Oil Corporation, avait comme dessein politique de s’opposer radicalement à tout lien avec la Russie et de nouer des relations privilégiées avec l’Europe qui seule, selon elle, pouvait donner le coup de fouet salvateur à l’Ukraine. Sa méfiance vis à vis de l’ancien bloc communiste avait été affirmée ouvertement dès 2005 : « La Russie a dû déjà comprendre que l’Ukraine élit ses présidents et nomme ses premiers ministres elle-même ». Mais la  figure de proue de la Révolution orange ne pourra jouer qu’un rôle indirect dans ces élections car elle croupit actuellement en prison.
Il ne s’agit cependant pas de se méprendre sur le véritable caractère de cette femme angélique, déterminée, à la coiffure de poupée Barbie et au teint aseptisé qui s’apparente plutôt à un Machiavel féminin. Capable de parler pendant des heures, sans notes, elle enflamme son auditoire pour mieux poursuivre son ascension tout en ne reniant pas sa volonté révolutionnaire.

Résultats sans surprise

Le Parti des régions du président Ianoukovitch devrait arriver en tête du scrutin, suivi de près par la principale alliance de l'opposition, composée notamment de la formation de Ioulia Timochenko. L'Union européenne et les États-Unis se sont inquiétés des méthodes douteuses observées lors de la campagne, teintées de favoritisme à l’égard de certains candidats. Déjà en 2004, des fraudes électorales massives lors de la présidentielle avaient provoqué la révolution orange pacifique. Mais il semble que ces habitudes soient ancrées chez les ukrainiens.
            Certes l’Ukraine, trait d’union entre les deux Europe, est en plein boom économique mais encore pauvre malgré un grand potentiel qui lui permet de rêver à une entrée dans l’union européenne. C’est un marché de 47 millions d’habitants qui s’ouvre pour Israël et les pays européens. L’agriculture a besoin de se moderniser pour être exportatrice. Si l’industrie locale est d’abord fondée sur la métallurgie et la chimie, l’industrie des textiles et des meubles nécessite beaucoup de fonds d’investissement qui pourraient susciter des partenariats.

            C’est pourquoi Israël tient à développer des relations facilitées par l’origine russe du  ministre israélien des affaires étrangères qui s’était rendu en Ukraine en juillet 2012 pour une visite de quatre jours. Le président Viktor Ianoukovitch et Avigdor Lieberman s’étaient rencontrés pour discuter  de la création d'une zone de libre-échange entre les deux pays et de la coopération économique. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Kostiantyn Hryshchenko,  avait déclaré : «Nous sommes parvenus au fait que cette année pourrait conduire à des échanges de biens et de services pour environ un milliard de dollars ». Par ailleurs Ianoukovitch et Lieberman ont mis l'accent sur la coopération israélo-ukrainienne dans la science et la technologie, le renforcement des contacts humains et le dialogue politique. 
Dr Alassad

       Mais l’Ukraine tient à équilibrer ses relations puisqu’elle a reconnu la Palestine qui dispose d’un ambassadeur officiel en la personne du Dr Mohammed Alasaad.

Vieux démons

            Il reviendra cependant au nouveau gouvernement de donner des gages sérieux de sa volonté de contrer l’antisémitisme ouvertement affiché dans le pays. On se souvient de l’énorme manifestation du 26 juillet en faveur des S.S qui a permis à 100.000 nazis d’Ukraine de défiler tandis que les principaux médias internationaux, à une ou deux exceptions près, passaient sous silence l’événement. Les vieux démons peuvent enfoncer encore plus l’Ukraine vers le camp du passé. 
Défilé nazi en Ukraine

Officiellement célébré par le président Viktor Iouchtchenko, le 67ème anniversaire de l’OUN-UPA (Organisation des Nationalistes Ukrainiens/Armée des Insurgés Ukrainiens) a déjà été marqué le 14 octobre 2009 par un défilé de jeunes militants nationalistes en armes et portant des uniformes SS à Lviv (Lvov).
Antisémitisme le 30 mai 2012

Pour la Coupe d’Europe 2012 en mai, la BBC a diffusé un reportage qui a représenté un véritable choc, un retour vers les heures les plus sombres du fascisme avec des chants et des saluts nazis tandis que la police restait passive. L’organisation de la coupe d’Europe en Pologne et en Ukraine a été un coup de projecteur sur la montée d’un racisme qui apparaît de plus en plus organisée et idéologique.
Le nouveau gouvernement devra, non seulement donner des gages de démocratie, mais surtout prouver qu’il ne compte pas réactiver les vieux démons. Le résultat de ces élections, sous tutelle discrète russe, orientera ou non le pays vers un autoritarisme musclé. 

Résultats
 

Le parti du président ukrainien Viktor Ianoukovitch arrive en tête des législatives avec 28% des voix, suivi par l'alliance d'opposition proche de l'ex-premier ministre emprisonnée Ioulia Timochenko (24,7%), selon un sondage réalisé à la sortie des urnes.

     Suivent ensuite le parti du
célèbre boxeur Vitali Klitschko avec 15% des voix, la formation nationaliste Svoboda (12,3%) et les communistes (11,82%), selon ce même sondage réalisé par un consortium indépendant.



1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…


Et le gagnant est : Vilktor Iouchtchenko qui a officiellement célébré le 67ème anniversaire de l'OUN-UPA qui n'hésite pas à faire défiler de jeunes militants en uniformes nazis.
La perdante étant "cette femme angélique" sur laquelle il ne faut pas "se méprendre", "qui s'apparente plutôt à un Machiavel féminin", et qui de toutes les façons - par chance ? - croupit en prison.