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mercredi 31 octobre 2012

OBAMA : UN BILAN MITIGÉ DE POLITIQUE ÉTRANGÈRE



OBAMA : UN BILAN MITIGÉ DE POLITIQUE ÉTRANGÈRE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps



Les candidats américains n’ont pas accordé dans leur débat une place importante aux affaires étrangères. Les enjeux économiques et internes ont dominé la campagne. Il est établi que la politique étrangère nécessite du temps pour s’imposer et pour obtenir des résultats tangibles. Les présidents reportent donc souvent leur action internationale après leur réélection. D’ailleurs, aucun président américain ne s’est affirmé dans l’Histoire sans avoir accompli  deux mandats. Le premier mandat sert à s’informer et se former et le second à agir car, libéré des contingences de sa réélection, il reprend une liberté d’action qui lui permet de s’affranchir des lobbies qui dictent son action. 
Barack Obama n’a jamais évoqué la nouvelle action qu’il compte mener pour les dossiers internationaux d’importance comme s’il craignait de mettre en évidence ses failles, sauf à considérer qu’il y aura continuité avec la politique du premier mandat.



Plus de flexibilité

Clinton aux accords d'Oslo

L’exemple de Bill Clinton est éloquent. Il avait eu une position effacée durant les accords d’Oslo de 1993 où il avait été mis devant le fait accompli. En revanche il utilisa son deuxième mandat pour entrer dans le vif de la négociation israélo-palestinienne. Il avait presque réussi et, sans l’intransigeance de dernière minute de Yasser Arafat, le sommet de Camp David en 2000 aurait pu se terminer sur un résultat inespéré.  
Barack Obama sait qu’il pourra avoir «plus de flexibilité», selon ses termes, durant son deuxième mandat puisqu’il n’aura plus les yeux rivés sur l’objectif de sa réélection. Ses conseillers prédisent qu’il pourrait alors imposer un politique plus audacieuse, sinon risquée. D’ailleurs en cas de réélection, il est fort probable qu’il change l’équipe qui l’entoure dans le cadre d’un remaniement de grande envergure. Hillary Clinton a déjà annoncé qu’elle ne garderait pas son poste de secrétaire d’État s’estimant pénalisée par une centralisation extrême des outils décisionnels à la Maison-Blanche qui lui ont enlevé toute capacité personnelle d’action.
La politique étrangère n’a pas été absente de son premier mandat mais Israël a compté peu dans l’agenda américain. Les guerres d’Irak et d’Afghanistan, la mort d’Oussama Ben Laden, et l’élimination du colonel Kadhafi lui ont permis de se faire les dents sur des sujets internationaux alors que son expérience était limitée en début de mandat.

Réussites partielles

Dès son arrivée au pouvoir, Barack Obama a tenu à respecter son engagement de campagne en ce qui concerne le désengagement des États-Unis d’Irak. Les opérations militaires ont cessé en 2010 tandis que les dernières troupes ont quitté le pays en 2011. Mais il n’a pas réussi à stabiliser un pays toujours en proie à l’instabilité et à parfois à la guerre civile. Il avait décidé de concentrer ses moyens sur l’Afghanistan en envoyant 33.000 soldats supplémentaires. 
Mais, estimant que son action avait donné un coup à l’expansion des talibans et d’Al-Qaeda, il a décidé de rapatrier ses renforts pour, progressivement, cesser les opérations américaines en 2014. Cependant l’avenir de l’Afghanistan et de l’Irak reste sujet à caution car ces pays ne sont pas en état de résister seul à la montée des extrémismes qui pourraient entrainer l’effondrement des institutions avec à la clé une guerre civile.
Oussama Ben Laden
L’élimination d’Oussama Ben Laden, le 2 mai 2011, est sans conteste une victoire à mettre au crédit de l’administration Obama. L’audace de la CIA qui a réussi à identifier le lieu de sa résidence est incontestable et les forces spéciales ont prouvé leur efficacité totale en évitant un bombardement aérien qui aurait coûté de nombreuses victimes collatérales. Il faut reconnaitre à Obama une bonne vision de la situation puisque, en endossant une totale responsabilité des actions entreprises, il avait autorisé cette opération contre l’avis du vice président Jo Biden et du secrétaire à la Défense Robert Gates qui craignaient une détérioration des relations avec le Pakistan.
Barack Obama insiste, lors de la campagne, sur l’incapacité de Mitt Romney à conduire des opérations de ce genre contre le terrorisme international. La réussite de l’opération Ben Laden a confirmé l’efficacité de la nouvelle stratégie qu’Obama a imposée pour lutter contre le terrorisme, consistant à imbriquer les forces spéciales de l’armée américaine et les troupes paramilitaires de la CIA. John Brennan, conseiller spécial du président, avait d’ailleurs affirmé : «Notre meilleure attaque n’est pas nécessairement le déploiement de larges armées à l’étranger mais d’apporter une pression ciblée, chirurgicale, sur les groupes qui nous menacent». Cette nouvelle stratégie a permis a permis d’affaiblir Al-Qaeda au Pakistan et au Yémen. Il est indéniable que cette victoire contre Ben Laden a conforté Obama au rang de héros en traçant une image positive de son action. Mais il a perdu une partie de son aura à la suite de l’assassinat de l’ambassadeur américain à Bengazi, faisant tomber sa côte de popularité de onze points.

Révolutions arabes

Obama au Caire en 2009
Mais sa politique a subi un échec cinglant avec les révolutions arabes alors qu’il s’était engagé à redorer l’image des États-Unis dans le monde. En choisissant de s’adresser en 2009 aux musulmans, depuis la tribune du Caire, il voulait ramener à lui les pays arabes modérés qui doutaient : «un nouveau départ entre les musulmans et les États-Unis. Le cycle de la méfiance et de la discorde devait s’achever». Il avait par ailleurs engagé un dialogue épistolaire avec l’Iran en écrivant une lettre personnelle au guide Suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, pour le convaincre de renoncer à son programme nucléaire. L’Iran avait rejeté l’offre de dialogue qui a entrainé les États-Unis à se venger en votant des sanctions économiques alors que les capacités de production d’uranium enrichi auraient triplé depuis son élection. 
Moubarak à son procès
La lâcheté dont il a fait preuve vis-à-vis d’Hosni Moubarak, qui constituait un élément fondamental dans sa stratégie moyen-orientale a été mal perçue par certains pays qui faisaient confiance jusqu’alors à la parole américaine et qui ont mal interprété la politique de deux poids et deux mesures avec l’intervention armée contre le colonel Kadhafi. Les maladresses ont conduit le président à multiplier les échecs qui ont été couronnés par l’attentat de Benghazi. L’abandon d’amis arabes sûrs et historiques s’est soldé par la venue au pouvoir des islamistes dans des pays où ils avaient été sinon éliminés, au moins écartés des arcanes du pouvoir.

Israël négligé
           
            L’administration américaine a bradé les relations amicales avec Israël suite à des malentendus sérieux. Elle a mal compris, ni mesuré, l’inquiétude des israéliens face au danger du programme nucléaire iranien. Benjamin Netanyahou critiquait Obama pour son manque de soutien, sinon sa passivité, face au nucléaire iranien et s’était permis des attaques sévères jamais lancées contre un président américain : «ceux, dans la communauté internationale, qui refusent de mettre une ligne rouge face à l’Iran n’ont pas le droit moral de mettre un feu rouge devant Israël». Le fossé s’est creusé entre les deux dirigeants jusqu’à un point de non retour, qui du côté israélien, ne pourra être résolu que par l’élection hypothétique de Mitt Romney.
            Obama donne l’impression de ne pas vouloir prendre une position partisane en raison de la difficulté du conflit. Il pourrait s’insérer dans la négociation uniquement si les deux parties lui en font l’expresse demande. En revanche, il compte sur sa nouvelle équipe d’envergure pour élaborer d'originaux thèmes de politique étrangère dynamique.
            L’ambitieux programme présenté en 2008 a donné des résultats contrastés sur le plan de la politique internationale. Si Al-Qaeda a été partiellement neutralisée en Afghanistan, l’organisation reste très active au Yémen, en Somalie, en Afrique du nord et au Sinaï. Le projet de nouvelles relations entre les États-Unis et le monde arabo-musulman a capoté. La main tendue à l’Iran n’a pas ralenti la progression rapide vers l’arme nucléaire. 
         Il est improbable que, durant le second mandat, la politique internationale prime sur les problèmes économiques et budgétaires. Mais le président pourra difficilement éluder la question de la Syrie et de l’Iran ainsi que le positionnement israélien vis-à-vis d’une attaque d’envergure contre les installations nucléaires iraniennes. Sa volonté systématique de dialogue pourrait s’avérer ambitieuse et il devra obligatoirement s’impliquer dans les conflits à moins d’imposer aux États-Unis un positionnement pragmatique neutre.

2 commentaires:

Saulnier a dit…

Moralite
Barack Hussein
DEGAGE !

kravi a dit…

Je vous trouve très indulgent. Cet homme en qui nous projetions de grandes espérances – certainement trop en raison de son élection historique – a été extraordinairement décevant. En fait de bilan mitigé, sur le plan de politique étrangère je parlerais plutôt de fiasco tous azimuts.