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vendredi 26 octobre 2012

NETANYAHOU VIRE À L’EXTRÊME-DROITE



NETANYAHOU VIRE À L’EXTRÊME-DROITE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
       
          La nouvelle a fait l’effet d’une bombe politique tant elle était peu attendue. La fusion des listes électorales du Likoud et d’Israël Beitenou, sans pour l’instant fusionner les partis, pousse Benjamin Netanyahou à l’extrême droite de l’échiquier politique. Le Likoud prend des risques car il n’est pas certain que cette addition ne se transformera pas en soustraction si certains électeurs désappointés par la proximité avec les nationalistes choisissent un autre bord. On imagine la réaction française face à une fusion de l'UMP et du Front national.



Déceptions
  
Cette décision ne semble pas inquiéter outre mesure le parti de Yaïr Lapid et les travaillistes. Ils pourraient bénéficier des voix du centre qui n’acceptent pas de se porter sur Likoud Beitenou.  Le Likoud compte actuellement 28 députés et Israël Beiteinou 15, sur un total de 120 au Parlement. Les deux formations réunies espèrent obtenir plus de 43 mandats au prochain scrutin par effet politique.
Moshe Kahlon

On comprend mieux à présent la décision de Moshé Kahlon qui avait été mis dans le secret en tant que numéro 2 du Likoud et qui n’a pas voulu cautionner le virage à droite de son parti alors qu’il prônait des mesures sociales pour les classes défavorisées. Il est vrai que cette alliance pourrait jour un rôle médiatique important pour donner du sel à une campagne qui risquait d’être terne tant les résultats étaient attendus par avance. En effet, Netanyahou se trouvait face à un vide politique que les autres partis avaient du mal à combler. La donne est à présent changée.

Déclarations à l’excès

Les déclarations de la classe politique israélienne ne brillent pas par la modération tandis que les excès dénotent un manque d’arguments politiques. Ainsi le leader du parti Kadima Shaoul Mofaz, en pleine déconfiture dans les sondages, a réagi en déclarant qu'Avigdor Lieberman avait «transformé le Likoud en parti raciste». Les représentants du micro parti d'Ehud Barak, Hatsmaout, qui doivent regretter de ne pas avoir été intégrés à cette nouvelle formation, ont fait part de leur crainte d'une «fanatisation inquiétante de l'électorat de droite».
Yaïr Lapid
Les projets de Yaïr Lapid ont été contrariés car il avait toujours annoncé qu’il intègrerait une coalition avec le Likoud sachant que son parti, Yesh Atid, ne pourrait jouer le rôle que de supplétif dans une coalition de droite ou de gauche. Il accepterait difficilement de cohabiter avec une équipe nationaliste. C’est le cas aussi de la présidente des travaillistes, Shelly Yecimovitch, qui n’avait pas exclu de se joindre à un gouvernement d’unité nationale car elle ne se sentait pas en capacité de diriger un gouvernement, par manque d’expérience politique. Il est improbable qu’elle accepte le virage à l’extrême-droite de Netanyahou.
Arieh Déri du Shass
Les réactions ambiguës du parti orthodoxe Shass démontrent son inculture politique. Tandis que ses chefs ont publié un message de félicitations suite à l'annonce de fusion des listes Likoud et Israël Beitenou et que le ministre Attias a déclaré : «nous pouvons faire équipe avec tout gouvernement», un autre dirigeant veut raviver la guerre communautaire d’un autre temps, des années 60-70, en précisant que la nouvelle entité «représentait les ashkénazes» et que le Shass défendait la cause séfarade.  Cet argument politique est dangereux pour l’unité du peuple israélien confronté à des défis politiques et économiques importants. Certes, ce parti avait été créé sur une base communautaire mais il serait temps que des arguments politiques moins spécieux soient utilisés dans cette nouvelle campagne électorale.
Au sein du Likoud, les avis sont partagés puisque le ministre Michael Eitan a déclaré que ce rapprochement pourrait mener à la «liquidation de Likoud». L'ancien ministre travailliste Itshak Herzog justifie cette union comme un «signe de panique de la part du premier ministre». En fait, il semble que la stratégie urgente de Netanyahou consiste à bloquer toutes les manœuvres en cours tendant au rapprochement entre Avigdor Lieberman, Ehud Olmert et Tsipi Livni, dans le cadre d’une nouvelle coalition.
Livni, Barak, Mofaz

Avenir incertain

Il n’est pas certain que cette décision de Netanyahou soit une décision stratégique sans péril car elle pourrait produire des effets inverses inattendus qui renforceraient le centre-gauche en lui donnant des couleurs que les sondages n’avaient pas encore prévues. Cette fusion pourrait au contraire s’avérer un désastre pour le premier ministre qui n’a pas suffisamment retenu les leçons de son ami Nicolas Sarkozy. Le président français a perdu les élections en limitant le choix des électeurs par la création d’un parti unique l’UMP qui réduisait le choix des électeurs.
La campagne électorale, qui s’annonçait terne tant le résultat était attendu face à un Netanyahou superstar, risque de s’animer et même de conduire à des résultats que le plus optimiste dirigeant de l’opposition n’aurait jamais espérés. Le premier ministre donne l’impression d’une certaine inconstance qui risque de lui coûter son poste. Il vient de relancer l'intérêt des élections, à la grande joie des israéliens qui adorent le jeu politique.


9 commentaires:

Richard ROSSIN a dit…

Cher Jacques,
Je crois que tu as tort. Sans pour autant avoir de la sympathie pour ce rapprochement (qui au demeurant n'est pas mon affaire) je ne crois pas qu'on puisse assimiler Lieberman au FN. Ce me paraît très excessif. Le rapprochement est plutôt comparable à celui du PS et des verts... Ou du NPA.
Amitié
Richard

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@ Richard

Pour justifier le rapprochement avec le FN je me bornerai à donner quelques citations de Liebernan :

Lieberman avait affirmé à la radio militaire : «Les négociations avec les palestiniens ne doivent pas prendre comme base le principe de la terre contre la paix, mais de l'échange de territoires et de populations»

A Maariv : « Les arabes israéliens ont trop de droits, et cela dans tous les domaines. Qu’ils arrêtent de nous casser la tête. »

Il est «le diable» pour le rédacteur en chef du quotidien Haaretz. Un «fasciste», l'homme qui va «repeindre Israël en brun» pour l'ancien ministre travailliste Yossi Sarid.

En 2003, il avait suggéré que des prisonniers palestiniens remis en liberté soient «transportés en autocar vers la mer Morte, pour y être noyés».

Lieberman a apostrophé un jour le député arabe Mohammed Barakei de cette façon : «Dans un pays communiste, ils vous auraient envoyé au peloton d'exécution.»

Et cela n'est pas exhaustif. Il est vrai que depuis qu'il est au gouvernement il est bâillonné.

merci pour ton commentaire.

Philippe BOUCHOUCHA a dit…

c'est quoi l'extrême droite : défendre les JUIFS

Eliezer ZIS a dit…

Je connais personnellement Ivet [Avigdor] Lieberman.... S'il est d’extrême droite, qu'est-ce que je suis alors?
Lieberman est très loin de l’extrême droite, allevaille qu'il le soit!
J'avais travaillé avec lui quand nous étions l'un et l'autre membres actifs du Likoud; je sais de quoi je parle, lolllll....

andre a dit…

C'est beaucoup de présomption que de vouloir donner des leçons de politique à des leaders nationaux comme Liberman ou Netanyahu . Ils ont décidé de se présenter aux électeurs unis puisqu'ils ont decidé de gouverner ensemble. Les électeurs décideront si Israël notre maison est un parti repoussoir ou si les représentants d'un centre qui ne se trouve nulle part ou d'une gauche molle et sans message sont plus qualifiés.
Quant à Nicolas Sarkozy, il n'a perdu que de très peu. Eût -t-il ,dans sa dernière année de mandat, écouté ceux qui lui conseillaient d'aller vers les Français qui souffrent et arrêter une immigration incontrôlée , que les quatre millions de suffrages stérilisés par le FN auraient été moitié moins .
Laissons les électeurs voter et leur choix est sûrement meilleur que celui des conseilleurs .
André Mamou


Jacques BENILLOUCHE a dit…

@ André

Je ne vois aucune leçon dans l’article sinon une analyse exhaustive basée sur des faits avérés. Sauf à considérer que le rôle d’un journaliste n’est pas d’analyser et d’expliquer mais d’approuver tout et son contraire comme un militant de base, il n’est pas interdit de donner son sentiment. Nous ne vivons plus au temps de la Pravda ni au temps des godillots gaullistes qui sclérosaient une presse aux ordres du ministre de l’information Pierrefitte.

Bien sûr les électeurs sont grands pour se faire leur propre religion et aucun journaliste n'est en capacité de mieux convaincre que les candidats eux-mêmes.

Nicolas Sarkozy n’a pas perdu de "très peu". Son écart avec François Hollande était exactement de 1.139.983 voix.

Mitterrand a lui perdu de très peu en 1974 puisque son écart avec Giscard d’Estaing était de 424.599 voix.

Mais cela est vrai que tout est relatif et que l’UMP se console comme elle peut en refaisant l'élection comme peut être demain Netanyahou dont les derniers sondages prédisent déjà une baisse des mandats cumulés malgré la fusion des deux listes.

Merci du commentaire.

airdularge a dit…

La comparaison des situations politiques israéliennes et française est-elle tout à fait pertinente ?

Je n'en suis pas convaincu pour ma part, en particulier à comparer l’extrême-droite israélienne au Front National, ne serait-ce qu'en terme d'expérience pour les Juifs...

Ne pourrait-on, dans nos analyses et quelles que soient nos tendances politiques, éviter des comparaisons que notre Mémoire réprouve ?

Airdularge

Anonyme a dit…

Arrêter de freiner les prises de positionsfortes de nos gouvernants! Assez des ventres mous!ne laissons pas les gauchos d'israël decider!Israël à mal pour sa population du sud qui est en permanenc traumatisée par ''les bombardements'' un Israel fort n'est pas forcément un Israel
Fasciste adaptons les appellations:Israel Beteinou n'est pas
Le parti faciste de Mussolini ! Pas de comparaison...
Nous avonsdes problemes specifiques avec le monde antissemite et les arabes haineux qui nous entourent et ne nous recnnaitrons jamais et je pense que M.libermann dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas...ils nous faut de la solidarité,du respect pour nos dirigeants.il nous faut etre forts car nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes!

Anonyme a dit…

Je voudrais ici appeler aux bonnes volontés:les populations du sud vont trés mal et ont besoin de nous unissons-nous
Pour les aider,besoin de votre présence auprés d'eux,si vous êtes psychologues parlant l'hèbreu vous êtes bienvenus.Il faut de l'argent bien sûre,des musiciens et des clowns pourquoi pas ! M. Benillouche vous pourriez être le
president de cette association et troquer votre plumes queques heures par semaine contre une bonne action .
Merci,Merci,Merci
Deborah