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mardi 16 octobre 2012

L’AVENIR DE L’IRAN D’AHMADINEJAD Par Pr Hagay SOBOL


L’AVENIR DE L’IRAN D’AHMADINEJAD

Par Pr Hagay SOBOL
 copyright © Temps et Contretemps

Ahmadinejad à l'ONU

          Malgré un discours vindicatif à la tribune de l’ONU, et sa détermination affichée quant à la poursuite du programme nucléaire «civil», les choses vont mal pour Ahmadinejad, le très controversé président de la République Islamique d’Iran. Tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de ses frontières, le régime est aujourd’hui confronté à une crise économique sans précédant et à une contestation de plus en plus vive.



Toujours plus de sanctions !

Les rapports successifs de l’AIEA ont mis en lumière la duplicité de Téhéran. En dépit des négociations, le programme nucléaire progresse imperturbablement vers un objectif militaire. Les ingénieurs perses ne seraient plus qu’à quelques mois de la bombe atomique, selon divers services de renseignements occidentaux et arabes. Cette échéance proche inquiète non seulement les USA et l’Europe, mais également les monarchies pétrolières qui se sentent menacées par la politique hégémonique de la théocratie chiite.
Du fait de l’absence de progrès sur le dossier, la communauté internationale a mis en place une politique contraignante dont les effets commencent à se faire durement sentir. Ainsi, le rial, la monnaie iranienne n’a jamais été aussi faible, ayant perdu plus de 70% de sa valeur depuis 2011. De nouveaux trains de sanctions sont en préparation et la pression exercée par Israël sur ses alliés pour une intervention militaire est de plus en plus marquée.

La colère de la rue


Vivant quotidiennement la pénurie, le peuple iranien n’a pas oublié que c’est suite à de nombreuses irrégularités lors des dernières élections, qu’Ahmadinejad a pu ainsi obtenir un deuxième mandat, lequel s’achève en juin 2013. Dans ce contexte, la «gestion calamiteuse» de l’équipe en place, additionnée au chômage et à l’inflation galopante sont autant de raisons qui nourrissent «la colère de la rue». La contestation s’exprime à présent ouvertement à la fois au niveau politique et sur le plan social malgré un appareil répressif des plus actifs.
Désormais, l’on assiste à des rassemblements de plusieurs milliers de personnes bravant les forces de l’ordre qui ont arrêté pas moins 150 manifestants, rien que dans la capitale. En réponse, le gouvernement essaye de détourner l’attention, en instrumentalisant le film «L’innocence des musulmans» ou les caricatures de «Charlie Hebdo», mais cela ne fait pas recette. A titre d’exemple, la récente attaque de l’ambassade de France, même si on ne peut l’imputer directement aux milieux proches du pouvoir, n’a mobilisé qu’une dizaine de personnes. Cela démontre amplement que ce qui préoccupe la population est ailleurs.

Sur le fil du rasoir

La présidente des Moudjahidines du peuple Maryam Radjavi

Dans ce contexte, il devient urgent de trouver un bouc émissaire, car le régime ne peut reconnaitre ouvertement ses erreurs sans se mettre en danger. Il affirme que «la situation économique n’explique pas la chute du rial». Pour identifier et lutter contre les «vrais responsables» de la perturbation du marché des changes, une commission interministérielle incluant la police a été mise en place. Dans le même temps on apprend que le groupe d’opposants iraniens les Moudjahidines du peuple a été retiré de la liste noire des organisations terroristes par les américains. Cette décision, leur confère une nouvelle légitimité et une plus grande liberté d’action sur le plan politique à l’étranger. Les coupables sont donc tout trouvés !
Cependant, une autre lecture est possible. Ainsi, deux évènements pourraient indiquer que les jours d’Ahmadinejad à son poste sont comptés. Tout d’abord, Hassan Gul Hanban le cameraman qui accompagnait le président iranien à l’ONU, a demandé l'asile politique durant son séjour à New York. Cela préfigurerait-il les défections auxquelles nous assistons parmi les proches de Bachar al-Assad en Syrie, le plus proche allié de Téhéran, alors que le régime chancelle ? Plus inquiétant encore, Ali Akbar Javanfekr, conseiller à la communication de Mahmoud Ahmadinejad et responsable de l’agence de presse officielle Irna, vient d’être arrêté. Les chefs d’inculpations seraient «d’avoir insulté Ali Khamenei, le Guide suprême de la révolution, et d’avoir publié des contenus contraires aux valeurs islamiques et à la morale publique», sans plus de précision. Cela ressemble à s’y méprendre à un début de purge comme on en a connu sous d’autres dictatures.

Derrière le printemps perse, les Mollahs ?

Mollahs iraniens

Contrairement à la Syrie, la répartition des rôles au sommet de l’État est complexe. Le pouvoir ne repose pas sur un clan, un parti politique ou une personne, fut-elle le président. Les mollahs en sont la vrai clé, et plus particulièrement le Guide suprême qui «fait et défait les rois». L’ambition démesurée et le style populiste du président agacent profondément les religieux qui voient en lui non seulement un danger pour eux-mêmes, mais également pour le pays tout entier. Ils ne sont pas plus modérés, mais semblent disposés à sacrifier ce cavalier encombrant sur l’échiquier du pouvoir.
Alors, derrière ces manifestations et le mécontentement bien réel de la population, il faut peut-être voir une main bienveillante des mollahs laissant se développer un mouvement de contestation, tout en le contrôlant de l’autre, pour ne pas qu’il dérape, les échéances électorales étant toutes proches. L’objectif serait de préparer une transition sans trop de risque afin de mettre en place un candidat plus en phase avec leur politique et plus acceptable pour le occidentaux. Cela aurait le double avantage de se débarrasser d’un adversaire redoutable et de donner quelques gages à l’occident, notamment sur le dossier nucléaire, histoire de desserrer quelque peu l’étau auquel la République islamique est soumise.

Un peuple en colère

Malgré un scénario bien huilé, il existe de nombreuses inconnues. Tout d’abord, la crise syrienne risque d’affaiblir considérablement le régime en le privant d’un de ces meilleurs atouts, avec en perspective une dislocation de l’axe Iran - Syrie - Hezbollah - Hamas. Ce dernier ayant déjà fortement distendu ses liens avec son autorité de tutelle. Ensuite, la menace d’une attaque militaire des installations nucléaires reste toujours d’actualité, même si elle est suspendue aux résultats des présidentielles américaines, et de la coalition qui sera formée suite à l’anticipation des élections en Israël, comme vient de l’annoncer Benjamin Netanyahou. Ce dernier devrait sans trop de surprise conserver son poste de premier ministre, ce qui est moins sûr pour l’actuel ministre de la défense, Ehud Barak. 
Enfin et surtout, un peuple en colère, ne se manipule pas aussi facilement que le pouvoir le voudrait. En est témoin le gouvernement islamiste en Tunisie, où la population se retourne désormais contre ceux qu’elle a mis en place, quelques mois auparavant. Les minorités, telles que les sunnites et les kurdes, sont en embuscade. Elles attendent la moindre faiblesse du pouvoir central pour faire valoir leurs revendications, voire obtenir une autonomie comparable à la région kurde d’Irak, si l’occasion venait à se présenter.

Indépendance nucléaire

Cependant, s’il advenait que les mollahs arrivent à leurs fins, il est à craindre que les occidentaux, ne relâchent leur attention. Ces derniers, à l’image de Catherine Ashton considérant toujours «qu’il y assez de temps pour la négociation», pourraient se satisfaire de vagues promesses, trop heureux de clore cet embarrassant dossier. Ce serait une erreur stratégique majeure, car depuis le Shah, tous les dirigeants ont placé en tête de leur préoccupation l’indépendance nucléaire. Les religieux apparemment plus pragmatiques et moins ostentatoires qu’Ahmadinejad pourraient ainsi en toute quiétude poursuivre leur plan et franchir les étapes restantes jusqu’à la bombe. Il n’y aurait alors plus aucune limite à leur expansionnisme avec les risques d’instabilité que cela entrainerait sur leurs voisins, et les menaces de l’approvisionnement mondial en brut, sans parler de la prolifération nucléaire qui en résulterait. Aussi, face à ce réveil du peuple perse, il est de la plus haute importance d’agir en maintenant une pression sans faille contre le régime et de soutenir toutes les forces démocratiques. C’est à l’opposé de la gestion actuelle de la crise syrienne, où l’attentisme et la désunion priment.
Les données du problème sont connues. Il n’y a guère d’autre option, hormis une intervention militaire à l’issue indéterminée et qui pour l’heure divise, si l’on veut vraiment qu’une alternance réelle voit le jour en Iran. Et comme disait le philosophe Alain : «Savoir, et ne point faire usage de ce qu'on sait, c'est pire qu'ignorer».


3 commentaires:

Shahpour a dit…

La Perse royale : de Cyrus le Grand au Shah d’Iran

C'est avec l'aide du félon Giscard et du pusillanime Carter, et sous la houlette du sinistre ayatollah Khomeyni, hôte choyé de Neauphle-le-Château, que les révolutionnaires marxistes et islamistes de la pire espèce (dont les terroristes et assassins membres de l'OMPI:les pires du pire), terroristes professionnels occidentophobes enragés et antisémites fanatiques, ont, en 1979, renversé le Shah d'Iran, coupable d'être l'allié de l'Occident et l'ami du peuple hébreu conformément à une tradition royale plurimillénaire qui remonte à l'empereur perse Cyrus le Grand si magnifiquement commémoré en 1971 à Persépolis par le Shah d'Iran, son lointain successeur et son plus digne héritier.

Vers la Restauration de la Monarchie perse comme panacée cyrusienne

Depuis la chute de la Monarchie perse en 1979, l'Iran, rebaptisé de manière doublement antonymique "République islamique", est aux mains d'un quarteron de traîtres sanguinaires et BARBARES qui n'ont strictement rien d'iranien.

La solution la plus naturelle et la plus légitime historiquement, la seule réaliste, tous les
Iraniens la connaissent, même si les Occidents la méconnaissent: le renversement pur et simple de cette épiphénoménale "République islamique" (1979-2012) et la restauration de la Monarchie perse, vieille de plus de 2500 ans et dont le cours n'aurait jamais dû être interrompu par la conjonction d'une abjecte conspiration giscardo-cartérienne et l'action de traîtres et d'ennemis intérieurs de l'Iran (dont les terroristes de l'OMPI qui furent le bras armé de l'ayatollah Khomeyni pendant plus de deux et demi, pendant lesquels ils massacrèrent les royalistes pour consolider le pouvoir des mollahs) à la solde de puissances étrangères hostiles à l'Iran et à la Paix.

Shahpour, 80 ans, exilé royaliste perse à Paris

Kay Banou a dit…

Merci Monsieur Shahpour, pour vos commentaires réalistes et très juste. Sauf que le rôle prêté à M Giscad, est un peu exagéré malgré le séjour de Khomeini, à Neauphle-le-Château, en accord avec le Shah, sous conseil des américains, qui 15 avant la révolution, avaient sauvés la tête de Khomeini qui était condamné à mort, suite à une trahison, vis à vis le Shah, et le gouvernement et qui l'ont gardé en Irak, pour le jour où, ils auraient besoin de lui. Le discours du Shah, en 1974, à propos de notre pétrole, qui appartenait au peuple iranien et pas aux occidentaux, et l'importance de ce pétrole bon marché, pour leurs développements, aussi bien que l'animosité historique des US contre le régime soviétique, et le pouvoir communiste, a mis en route, leurs plans machiavéliques, de renverser le Shah, qui d'après eux, devenait incontrôlable (puisqu'il pensait à son pays et son peuple!. Ceci au bénéfice d'un régime religieux, seule manière de contrer le communisme (aussi la création des Talibans en Afghanistan). Sans même connaître la nature de ces mollahs, et leurs pouvoirs, basés sur des mensonges en invoquant la volonté de "Dieu", le pouvoir suprême, encore plus fort qu'un régime communiste!!!
Aujourd'hui, rebelote, et c'est toujours le peuple qui en pâtisse!! Alors qu'en 2009, ce même peuple s'est levé, avec beaucoup de courage contre les tanks et sous les tires des fusilles de ce régime, mais aucune aide, pourtant promis par Obama, lors des félicitations du nouvel an iranien "Nowrouz" au peuple iranien, est arrivée, pour finalement pouvoir s'en débarrasser de ce régime despotique. Résultat une répression encore plus forte et inhumaine subit, qui continue toujours. Encore plus dévastateur avec les embargos internationaux. Sans conséquence vraie contre le régime!!

Kay Banou a dit…

Merci Monsieur Shahpour, ce que vous dites, est tellement juste et peut être le cri d'un peuple pris en otage depuis plus de 33 ans. Tout cette misère subit, à cause du pétrole, et l'animosité des US contre l'unions Soviétiques. Khomeini, condamné à mort, 15 ans avant la révolution imposée, mais sauvé par les américains, et gardé au chaud en Irak, pour le jour où!!! Ce jour est arrivé avec les divers discours du Shah, à propos du pétrole et son appartenance au peuple iranien, et notre présence en puissance sur la scène mondiale. Ce pétrole, indispensable pour le développement et sortir gagnant dans cette course infernale à la puissance des grands puissants!! Sans se préoccuper de la force des Mollahs, avec leurs discours mensongers basés sur la volonté divine, bien plus puissante que le communisme!!!
Aujourd'hui, rebelote, et c'est toujours sur la tête du peuple qu'on casse ses oeufs!!! Alors que ce même peuple, suite au discours encourageant, d'Obama, et son soutient indiscutable , au peuple iranien, à l'occasion du nouvel an Perse "Nowrouz", s'est levé courageusement, contre chars et tanks, et les mitraillettes... Hélas, aucune aide ni soutien est arrivé!!! Le peuple, paie toujours et encore les conséquences, depuis 2009! Sans oublier, les milliers de morts et de prisonniers et ...
Encore aujourd'hui, c'est le peuple qui subit, l'embargo international!
On a été un pays puissant depuis des millénaires, connu et reconnu pour nos idées et fondateur de droit de l'homme, notre respect de la diversité, notre culture, etc... Mais deux fois, anéantit par l'islam, et plusieurs fois par les puissances étrangères, et les fausses propagandes, qui nous ont placées, aujourd'hui, parmi les terroristes, alors que notre essence même est à l'opposé, de toutes ces accusations. Tout cela pour mieux pointer des doigts, comme d'autres peuples ont été avant, tout au long de l'histoire, et ainsi légitimer les atrocités imposées, afin d'arriver à leurs buts!! Le "POUVOIR" des grands puissants!!!
Qu'importe ce que les autres subissent, tant que ce n'est pas nous!!! A chaque fois on dit, plus jamais ça, mais on dirai qu'il y a une amnésie collective et généralisée et l'histoire recommence....