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samedi 6 octobre 2012

ISRAEL SOUHAITE LA DÉFAITE D’HUGO CHAVEZ


ISRAEL SOUHAITE LA DÉFAITE D’HUGO CHAVEZ

Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps

Henrique Capriles

            Le président vénézuélien Hugo Chavez, qui brigue un nouveau mandat de six ans à l'élection présidentielle de dimanche, part en avance, mais il est rattrapé par son adversaire Henrique Capriles,  40 ans, ancien gouverneur de Miranda. Les partisans de Chavez l'accusent d'être "un agent sioniste"  en référence à ses origines juives en tant que petit-fils d'un survivant de la Shoah.




Hugo Chavez

       Après 14 ans à la tête du pays, Hugo Chavez, 58 ans, qui se bat contre un cancer, ne séduit que les électeurs qui vivent des subsides de l’État. Le pays compte 18,9 millions d'électeurs inscrits, et au moins 2,4 millions dépendent d'emplois publics tandis que plusieurs millions d'autres vivent d'allocations ou de programmes sociaux. L’incertitude du scrutin est liée à l’exaspération de la population qui critique la persistance du crime organisé, un taux d'inflation de 18%, la corruption et l'inefficacité du gouvernement.

Rapprochement arabe

 On le croyait à l’article de la mort avec une impossibilité technique de continuer à gouverner mais il s'accroche au pouvoir. Israël et les juifs ne pleureront pas sa défaite car il a joué la carte de l’antisionisme doublé d’antisémitisme affiché. Il était à la tête d’un pays, regorgeant de pétrole, qui a souffert du trop-plein de richesse. Au lieu de favoriser la naissance d’un modèle de démocratie et de privilégier le développement social, il a préféré choisir la voie de la dictature pour faire partie des privilégiés de l’OPEP.
Ligue arabe

            La malédiction de la profusion des ressources naturelles a touché le Venezuela qui était pourtant un modèle de stabilité. Hugo Chavez décida, dès son arrivée au pouvoir, de bouder le clan des pays démocratiques pour rejoindre celui des dictateurs. Les bases sociales du pays s’opposaient pourtant à l’instauration d’une dictature mais il s’appuya sur les reculs sociaux pour museler l’opposition et affaiblir les partis. Il grignota progressivement les espaces de liberté jusqu’à interdire les plus grands médias de son pays.
            Mais en cherchant à rejoindre les pays arabes producteurs de pétrole, il radicalisa son opposition à Israël dans une attitude qui n’entrait pas dans la tradition du pays. Il pensait que le passeport pour entrer dans le cercle fermé de l’OPEP passait par le déni d’existence de l’État  juif. Et au comble du raisonnement, le Venezuela se chercha une nouvelle identité pour faire faire partie de la Ligue Arabe. Il accepta, dans un premier temps, un strapontin d’observateur en attendant de trouver des ancêtres «bien-pensants» qui lui donneraient son certificat d’arabité.
Synagogue vandalisée à Caracas

            La volonté d’appartenance au monde arabe pourrait à elle seule expliquer l’insistance de Hugo Chavez à contrer Israël jusqu’à ne plus contrôler ses relents antisémites. Il pensait ainsi pouvoir obtenir son ticket d’entrée dans le monde fermé des milliardaires de la Ligue arabe créée le 22 mars 1945 par l’Egypte opposée à l’époque aux britanniques qui cherchaient à museler la région.  Il a suscité en 2009 la vague d’antisémitisme, sans précédent, contre la communauté juive qui compte 25.000 personnes. La grande synagogue de Caracas avait été profanée  quelques jours après un appel au boycott des magasins juifs. L’arche sainte et des livres de prières avaient été détériorés tandis que les murs étaient souillés de slogans antisémites. Hugo Chavez avait mollement rejeté la responsabilité de ces actes sur ses opposants politiques.

Axe irano-vénézuélien
Chavez-Ahmadinejad

            Le président Mahmoud Ahmadinejad, qui avait reçu en grandes pompes son homologue vénézuélien et qui avait accusé les pays occidentaux d’organiser l’isolation diplomatique de l’Iran, avait obtenu le soutien affiché d’Hugo Chavez : «Je dois profiter de l'occasion pour condamner ces menaces militaires dirigées contre l'Iran». Il avait alors contresigné le message d’Ahmadinejad destiné aux israéliens : «Les ennemis de nos peuples partiront un jour. C'est la promesse de Dieu, et la promesse de Dieu sera tenue». Ces deux pays, qui ont pour seul point commun d’être membres de l’OPEP, se sont donnés pour objectif de contrer l’hégémonie américaine et la présence israélienne au Proche-Orient. Hugo Chavez avait symbolisé sa visite comme un moyen de prouver que l’Iran maintenait des liens exceptionnels avec plusieurs pays et que la volonté des États-Unis de l’isoler s’était transformée en échec.         
Le revirement du président vénézuélien avait en fait pour but de masquer ses échecs en Amérique latine. Morales, le bolivien, lui avait damé le pion à gauche, le Pérou et le Mexique l’ignoraient et son initiative bolivarienne avait fait chou-blanc. Alors qu’il rêvait d’enflammer l’Amérique du Sud à l’instar d’un Ché Guevara plus charismatique, il était contraint de chercher ailleurs ses nouveaux alliés dont les noms suffisaient à démontrer la vanité de sa démarche. Il a trouvé une oreille attentive auprès du gauchiste français Jean-Luc Mélechon, devenu lui-aussi expert en défaites électorales. Il organisa alors une tournée auprès de plusieurs dictateurs : l’Iran d’abord pour  parler de nucléaire avec Ahmadinejad  puis la Biélorussie, la Corée du Nord et enfin la Syrie pour tenter d’obtenir  son certificat de «conversion arabe».
Chavez et Mélenchon


Manque de volonté internationale

            Les occidentaux ne semblaient pas intéressés à changer le cours des choses car les régimes dictatoriaux sont propices à leurs intérêts fondamentaux. Ils leur ouvrent le droit à une exploitation tranquille des ressources naturelles dans des pays forts, donc stables, qui peuvent s’opposer aux revendications de révolutionnaires cherchant à déloger les «pilleurs de ressources».
            Le Venezuela, comme les pays pétroliers arabes, ne fait pas bon ménage avec Israël  puisqu’il mêle sa politique anti-israélienne d’antisémitisme. La raison principale veut qu’Hugo Chavez rejette tout ce qui touche de près ou de loin à la démocratie. Or Israël est le seul point de fixation démocratique dans une région qui ne l’est pas et qui ne cherche pas à l’être, malgré les révolutions arabes qui devaient ouvrir en vain des horizons nouveaux. Il faut donc  combattre sinon détruire cet Etat juif gênant. 
Pour garantir leurs approvisionnements, les démocraties se montrent très complaisantes à l’égard des dictateurs tenants du pétrole. Elles tardent à pointer du doigt tous ces pays où la liberté a été confisquée, où l’opposition est muselée et où les prisons regorgent de politiques. Hugo Chavez et son ami Ahmadinejad ont vite assimilé ce postulat pour pouvoir se permettre de développer des critiques permanentes à l’encontre des États-Unis et d’Israël.
Israël ne verserait aucune larme si Hugo Chavez quittait la scène politique car il ne pourrait pas avoir, à sa place, de pire opposant. Mais les adversaires de Chavez craignent qu'en cas de défaite, il n'accepte pas le résultat du scrutin et se lance dans une aventure dictatoriale.  

6 commentaires:

Emile Enrico a dit…

ON ENVERRA DES FLEURS FANEES

kravi a dit…

oui, belladone ou aconit, par exemple.

Nancy Benoit Destres a dit…

une photo Chavez/Melanchon : pourquoi ? est-ce pour donner le ton de leurs relations ?

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@ Nancy

Jean-Luc Mélenchon a passé ses vacances d'été sur invitation de Hugo Chavez. Ils sont donc très proches.

Marco KOSKAS a dit…

Un ministre de Chavez ose dire dans Libé, que la criminalité hallucinante au Vénézuela est liée à l'épanouissement de la classe moyenne!... »

Sylvain.C.T a dit…

Il a malheureusement gagné !
N'oublions pas dans la liste de ses turpitudes son soutien au terroriste antisémite Carlos.