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vendredi 19 octobre 2012

DÉMOCRATIE EN PANNE EN ISRAËL



DÉMOCRATIE EN PANNE EN ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
          
Netanyahou à la Knesset
        On pourrait se poser la question de la réalité de la démocratie en Israël quand on voit comment sont organisées les listes électorales dans un scrutin à la proportionnelle intégrale. Si les partis ont décidé d’écœurer les nouveaux venus, ils ne s’y seraient pas pris autrement. L’appel aux jeunes sera pour la prochaine fois. Les nouveaux visages et la nouvelle garde viendront dans quelques années.



Méthodes soviétiques

            On croirait être retourné au temps des soviétiques qui balisaient tout changement et qui protégeaient leurs privilèges en s’accrochant à leurs sièges pendant des dizaines d’années. Tous les partis sans exception sont concernés par ces méthodes d’un autre siècle.
            A Kadima, Shaoul Mofaz a bétonné son parti pour empêcher toute contestation et pour bloquer l’entrée de tout nouveau visage qui pourrait lui faire de l’ombre. Il a décidé qu’il n’y aura pas d’élections pour désigner les membres de la liste. Le chef désignera lui-même ceux qui méritent d’entrer ou nom à la Knesset par cooptation. Le «Politburo» veillera à ce qu’aucune tête ne dépasse, quitte à ce qu’il sombre dans l’échec.
Ovadia Yossef
            Au parti Shass, les militants n’ont pas droit à la parole. On se moque des mollahs d’Iran mais les orthodoxes ne se comportent pas mieux. Ils ont comme eux un vieux «Guide suprême», à l’âge canonique, qui décide de tout en politique, sous prétexte qu’il connait mieux que d’autres quelques textes sacrés qui n’ont rien à voir avec la gestion moderne d’un pays. Et puis, fidèle à tout ce qui est vieux ou réchauffé, le parti fait appel aux anciens, et même aux repris de justice, pour donner une belle image de marque à l’étranger. Le Shass donne la fausse impression qu’il manque de séfarades évolués pour combler les postes politiques. La liste des promus sera décidée dans le secret des appartements privés du rabbin Ovadia Yossef, âgé de 92 ans, dont la culture politique laisse à désirer. La volonté de mêler politique et religion reste ancrée dans ce parti anachronique dans un Israël voué au high-tech.
Espoirs déçus

Yaïr lapid

                L’espoir qu’avait suscité le nouveau parti de Yaïr Lapid retombe car il veut faire du neuf avec du vieux. En faisant appel à Ehud Olmert, lui aussi en délicatesse avec la justice, et à Tsipi Livni qui, en ne prenant pas la tête d’un gouvernement qui lui revenait de droit, a montré ses limites. L'ancien premier ministre israélien Ehud Olmert envisage son retour en politique dans le cadre d’une revanche qu’il veut prendre sur Benjamin Netanyahou. Et pourtant Yaïr Lapid, comptait sur son image de marque médiatique, forgée  à la télévision populaire, pour faire la promotion d’une politique laïque centriste et pour amener à lui des régiments de jeunes désabusés. Il risque de décevoir ceux qui voulaient parier sur lui.
            Le parti travailliste qui souffre d’être accusé d’être trop à gauche et qui n’a aucune crédibilité sécuritaire, cherche désespérément un général pour consolider sa liste qui fait pauvre devant l’absence d’expérience du nouveau leader Shelly Yachimovich.
            Enfin au Likoud tout est à l’avenant. Netanyahou «superstar» fait le vide autour de lui puisque les militants historiques quittent le parti, à l’instar de Benny Begin, tandis que les étoiles montantes, comme Moshé Kahlon, voient leur avenir obstrué par l’omnipuissance du leader. Le Likoud n'est pas prêt à une révolution jeune.

Avenir obstrué

       En fait le sentiment général qui domine en Israël donne à penser que, si les élections anticipées étaient politiquement inévitables, elles seront inutiles car peu de changement radical dans le paysage politique est attendu. Il est d’ailleurs fort probable que la travailliste Yachimovich et le centriste Lapid iront à la soupe puisqu’ils envisageraient de se joindre à un gouvernement Netanyahou.
Le changement et le rajeunissement de la classe politique ne pourront intervenir qu’à la suite d’une modification du système électoral israélien qui fait la part belle aux combines et aux notables. C’est l’Arlésienne dont on parle à chaque élection mais les hommes politiques, qui tiennent à leurs privilèges, renoncent à le modifier. Ainsi donc, les meilleurs éléments de la population israélienne resteront dans le monde de la finance et de l’industrie pour laisser les médiocres hanter les arcanes du pouvoir. 

1 commentaire:

M.Z a dit…

Olmert et Livni n'ont jamais envisage de faire cause commune avec Yair Lapid, qui a d'ailleurs proclame plus d'une fois qu'il ne prendrait aucun politicien et n'engagerait que des forces nouvelles. Par ailleurs ce jugement sévère de la politique israélienne ne se justifie pas. Netanyahu va laisser le parti choisir les délégués et Kahalon était sur d'être réélu; Quant a Mofaz il cherche surtout a limiter les dégâts en n'étalant pas au grand jour des luttes fratricides.. Begin junior n'est pas fait pour la politique et n'a rien contribue. Et Sheli fait un travail convenable et fait entrer des nouveaux venus.