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vendredi 28 septembre 2012

MARGE DE MANŒUVRE ÉTROITE POUR MAHMOUD ABBAS



MARGE DE MANŒUVRE ÉTROITE POUR MAHMOUD ABBAS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            
Pyrrhus

       La marge de manœuvre de Mahmoud Abbas reste étroite.  Après avoir échoué l’an passé à obtenir la reconnaissance de la Palestine comme membre à part entière de l’ONU, il a persisté cette année, en faisant cependant une requête moins ambitieuse. Il risque alors d’avoir une victoire à la Pyrrhus, roi d’Épire qui fut vainqueur des Romains aux batailles d'Héraclée en 280 av. J-C. et à celle d'Ausculum en av. J-C. avec des pertes telles que son royaume ne put s’en remettre.



Strapontin à l’ONU

            N’ayant pu obtenir satisfaction auprès du Conseil de sécurité où le veto des États-Unis s’applique, il s’est adressé à l’Assemblée Générale parce qu’il peut compter sur 150 à 170 voix pour une résolution n’ayant pas les mêmes conséquences. En effet, elle n’imposera pas l’indépendance de son peuple mais une simple recommandation pour un strapontin à l’ONU. Mais il risque des représailles à la fois des américains et des israéliens qui lui feront payer son entêtement à se passer de leur imprimatur.
Les États-Unis pourraient réduire leur aide économique tandis qu’Israël appliquerait des représailles à une économie palestinienne totalement dépendante de son voisin. Les critiques sont nombreuses à l’égard de Mahmoud Abbas qui est accusé de faire preuve de peu d’originalité. Son ancien collaborateur, Mohamed Dahlan, vient de le lui faire remarquer dans un communiqué. Il lui manque le génie et le courage d’un Ben Gourion  pour innover et pour présenter des propositions concrètes  pouvant servir de bases à des discussions sérieuses. D’ailleurs Aaron Miller, ancien conseiller américain au Département d’État a fustigé l’absence d’idées nouvelles : «Les palestiniens n'ont pas de stratégie, ni les israéliens ni même les américains. Malheureusement, la situation va empirer».

Économie en berne

            Effectivement la situation palestinienne s’aggrave et pour la première fois à Hébron, à Naplouse et même à Gaza la population s’est soulevée contre les forces de l’ordre, non pas pour réclamer plus de liberté, mais pour protester contre la cherté de la vie et contre toute hausse d’impôts. Et pourtant Mahmoud Abbas s’entête à refuser, depuis 2010, le dialogue direct avec les israéliens en posant son préalable de l’arrêt des constructions en Cisjordanie. Cela n’a pas empêché les implantations de se développer, faisant reculer d’autant l’espace qui pourrait être alloué à un futur État palestinien. Le président de l’Autorité est coupable d’avoir fait rêver son peuple en faisant croire que l’ONU allait résoudre son problème alors qu’il ne pourra être résolu qu’à Washington. Passer d’une demande d’État à un statut «d’observateur» est une régression qui le discrédite aux yeux des palestiniens et qui laisse la porte ouverte à d’autres ambitions. On se remet à parler de Mohamed Dahlan, exilé en Jordanie, ou Marwan Barghouti, prisonnier en Israël.
Marwan Barghouti

            Mahmoud Abbas sait que ce nouveau statut n’apportera rien de concret sur le terrain sinon une certaine mauvaise volonté israélienne au moment où chaque mois plus de 5.000 permis de travail sont débloqués pour les palestiniens. Mais les israéliens ne restent pas indifférents à cet éventuel changement de statut. D’ailleurs le vice-premier ministre Dan Méridor a soulevé l’inquiétude des israéliens : «Je ne prétends pas que c'est bon pour nous, mais il sera pire pour eux ».

Représailles

Les représailles seront certainement immédiates. Israël pourrait bloquer les recettes fiscales perçues au nom des palestiniens et représentant les deux tiers de leurs entrées tandis que le Congrès américain, sous la pression du lobby juif, risque de geler les 200 millions d’aide financière. Les palestiniens ne peuvent se permettre cet écart au moment où la Banque Mondiale et le FMI publient des rapports calamiteux sur l’état de l’économie palestinienne.
Le débat est bloqué entre Israël qui exige des négociations directes et refuse les initiatives unilatérales et les palestiniens qui s’accrochent au problème des constructions. La marge de manœuvre est étroite pour l’Autorité palestinienne qui, par son action stérile, donne des arguments politiques au Hamas. Pourtant les diplomates américains sont convaincus  que : «En cas de  pourparlers directs, la solution de deux États pourrait voir le jour sous 18 mois.». Mais Mahmoud Abbas tient à sa victoire à l’Onu, sa victoire à la Pyrrhus. 

1 commentaire:

Nancy Benoit Destres a dit…

merci de cette belle analyse :)