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samedi 18 août 2012

YAALON, LA COLOMBE DU CABINET DE SÉCURITÉ ISRAÉLIEN


YAALON, LA COLOMBE DU CABINET DE SÉCURITÉ ISRAÉLIEN


Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
  
Moshé Yaalon
La démocratie israélienne fonctionne avec des règles strictes qui empêchent le premier ministre de prendre seul les décisions engageant l’avenir d’Israël. Le Cabinet de Sécurité des neuf principaux ministres, organe suprême du gouvernement, est souverain en matière d’actions sécuritaires et, bien sûr, en matière de guerre. Depuis la nomination d’Avi Dichter, le rapport de force a changé au profit des partisans d’une attaque immédiate contre les usines nucléaires iraniennes.



Cinq contre quatre
Le Cabinet de sécurité

Se positionnent pour l’attaque : Benjamin Netanyahou, Ehud Barak, Avigdor Liberman, Yuval Steinitz et Avi Dichter tandis quatre ministres s’opposent : Beni Begin, Moshé Yaalon, Dan Meridor et Eli Yishaï. Il est étonnant que les deux faucons du gouvernement, l’ancien chef d’Etat-major et ancien ministre de la défense Mosché Yaalon et Beni Begin soient opposés à une action militaire. 
Yaalon, Netanyahou et Begin
Après les postes militaires qu’il a occupés, Moshé Yaalon sait de quoi il parle. Il doit détenir des informations militaires confidentielles qui justifient sa position mitigée. Pour lui il ne s’agit pas de savoir si Israël devrait attaquer l’Iran mais quand : «Mon expérience avec la guerre est qu’elle ne devrait se produire qu’en tant que dernier recours.» De ce point de vue, il est sur la même ligne que l’ancien chef du Mossad, Méir Dagan, qui estime que l’attaque doit être menée en dernière extrémité, lorsqu’il n’y aura pas d’autre choix. Il est difficile de penser que ces deux monstres sécuritaires s'expriment à la légère.
Meir Dagan
Shaoul Mofaz, chef de file de l’opposition au sein du Parlement israélien, a emboité le pas à son ancien collègue au gouvernement. Il a jugé que des frappes préventives contre l’Iran engageraient Israël dans une «guerre catastrophique». Le chef de file du parti centriste Kadima a ainsi affirmé que la pays était en train de «préparer une action hâtive et irresponsable».
Moshé Yaalon n’avait pas apprécié la volonté de dramatisation de Benjamin Netanyahou qui, dans une comparaison douteuse pour parvenir à ses fins, voulait assimiler certains aspects de la Shoah à la menace nucléaire iranienne : «Il y a beaucoup de sensibilité implicite dans la comparaison entre 1938 et nos jours. Cette sensibilité est compréhensible. Mais il n’y a rien qui puisse être comparé à la Shoah sauf certains comportements typiques de l’Ouest que nous avons vu à la veille de la Seconde Guerre mondiale».
Guerre soft

Guerre cybernétique

Yaalon n’est pas un pacifiste et il l’a démontré dans son opposition à Ariel Sharon lorsqu’il a refusé le désengagement de Gaza et a demandé à être relevé de son poste. Il fonde sa thèse sur deux stratégies : la dissuasion et la guerre soft. Selon lui, l'Iran renoncera à son programme nucléaire s'il doit choisir entre cette option ou survivre. Il est convaincu que l’Iran mettra un terme à son programme lorsque les occidentaux et les États-Unis afficheront une fermeté en menaçant de détruire le régime s’il persistait dans son entêtement. Mais il n’est pas dupe sur les négociations car il a  appelé l'Occident à ne pas «tomber dans le panneau une nouvelle fois» lors du prochain round de discussions sur le nucléaire iranien.
Mais le ministre israélien des Affaires stratégiques préfère, en deuxième voie, la guerre cybernétique. Il préconise de contrer la menace nucléaire iranienne par le recours à de puissants virus informatiques, comme la cyber-arme Flame : «Il est justifié, pour quiconque considère la menace iranienne comme une menace significative, de prendre différentes mesures, y compris celle-là, pour la stopper». 
Cette déclaration à la radio militaire avait été jugée osée car elle alimentait les spéculations sur une possible implication d'Israël dans le programme informatique de destruction des systèmes de contrôle des centrifugeuses nucléaires.  Il estime que «Israël est en pointe dans les nouvelles technologies et ces outils nous offrent toutes sortes de possibilités».
Sa prise de position négative au sein du cabinet de sécurité, ainsi que celle de Meir Dagan, ne  peuvent pas être assimilées à une lâcheté face au danger car les états de service de ces deux monstres sécuritaires sont éloquents. Ils estiment d’une part que l’Iran n’a pas encore atteint la côte d’alerte et, d’autre part, qu’il existe des armes redoutables cybernétiques qu’il faut d’abord utiliser avant d’envoyer à la mort nos soldats.
Netanyahou, Barak et le chef d'Etat-major Gantz
Israël a toujours fait confiance à son armée et à ses chefs parce qu'elle est une armée populaire de conscrits. Il ne revient à aucun civil de mesurer à leur place les risques encourus par le pays. L’armée propose et le gouvernement dispose. Le jour où la population se mettra à douter de Tsahal, alors Israël sera véritablement en danger et ressemblera à tous ses voisins. 

3 commentaires:

Hanna a dit…

Bonjour,

Merci pour votre excellente analyse... Les "va-t-en-guerre" et autres "batailleurs" devraient venir lire votre chronique.
Cordialement,
Hanna L.

Sylvain a dit…

Merci pour tes informations qu'on ne trouve pas ailleurs

Théo a dit…

L'attaque contre l'Iran mettra toute la planète en danger, pas que les Israeliens. Cela provoquerait une 3e guerre mondiale dont on ne se remettra pas.
N'y-a-t-il pas des procédés de manipulations soft des populations, qui permettrait aux populations d'être enfin frères et en paix ? On est plus au moyen âge !! il y a-t-il une armée au monde qui y pense !? à la paix ? A la santé, à l'éducation à l'avenir. Doit on tous subir tout cela. Que les grands de se monde se mettent d'accord et arrêtent de taper sur les enfants de ce monde. Yen a marre de toutes ces guerres.