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samedi 14 juillet 2012

UN GÉANT VACILLE Par Johann HABIB



UN GÉANT VACILLE

Par Johann HABIB
Avocat Israélien


Le gouvernement israélien est au bord de l'implosion. Avec l'affaire de la conscription universelle, son chef Benyamin Netanyahou, a semble-t-il été pris à son propre piège. A vouloir contenter tout le monde, il déçoit toutes les composantes de sa majorité. Plus dommageable, les membres de son parti prennent des positions indignes, voire blessantes.

Mofaz et Plesner



last in first out

Shaoul Mofaz a rejoint les rangs de la majorité avec ses 28 députés Kadima. L'ancien chef d'État-major des armées a impulsé la formation de la commission Plesner, du nom d'un député de son parti, chargée de faire des propositions pour la réforme du service national. Celle-ci a suggéré, pour assurer la juste répartition de la charge des besoins, d'imposer le service civil ou militaire pour tous, juifs, arabes, religieux et laïcs, assorti de sanctions pour les récalcitrants.
Netanyahou, sentant le vent tourner, a affirmé après réception des conclusions qu'il ne s'agissait pas de systématiser le service mais de fixer un objectif à moyen terme d'augmentation de la conscription des religieux tout en bannissant toute idée de sanction. 
Yaalon, Netanyahou et Begin
A l'ordre du jour du conseil des ministres dimanche 15 Juillet, aucune discussion sur la nouvelle loi n'est prévue Dès lors, Boggie Yaalon prépare le terrain de la sortie du gouvernement de Kadima en déclarant qu'à son avis, aucune loi ne serait votée avant le 1er août et que le gouvernement survivrait à la sortie de Kadima. De là à voir de l'enthousiasme dans cette annonce par ce vice-premier ministre Likoud, il n'y a qu'un pas. En effet, il a très mal accueilli la nouvelle de la nomination de Mofaz au même poste que lui à l'occasion de l'entrée de Kadima au gouvernement.

Invectives
D'autres cadres dirigeants du Likoud insultent Plesner, le traitant «d’embrouilleur de marché» qui ne cherche qu'à se faire de la publicité. Ces dégradantes invectives sont proférées parce qu'il défend une réforme juste soutenue par une grande majorité de la population. Elles sont d'autant plus étonnantes qu'elles viennent de membres d'un parti qui compte dans ses rangs nombre d'anciens chefs de guerre.
Le toujours si peu courageux ministre des affaires étrangères, Avigdor Libermann, a indiqué qu'en l'absence de conscription généralisée il ne soutiendrait aucune réforme et présenterait son propre projet. En bottant en touche, il réussit à se désolidariser du gouvernement contesté, auquel il appartient, sans quitter franchement cette majorité hétéroclite. 

Fièvre du samedi soir

On entend assez peu les arabes israéliens dans ce débat pour lequel ils sont pourtant concernés au premier plan. C'est normal: ils comptent les points entre deux pans du pays qui se font face: jusqu'alors on aurait pu distinguer la position des laïcs et celle des religieux. Mais les temps changent et comme le dit un des leaders de la contestation «Netanyahou doit s'attendre à voir de nombreuses kippas tricotées colorées lors de la prochaine manifestation». En effet, les membres du mouvement Bne-Akiva se joignent à la prochaine manifestation des «frayerim» (pigeons) samedi soir prochain.

Le chant du cygne


Yoel Hasson

Si le mouvement s'intensifie et se diversifie, Kadima, suivant l'appel de Yoel Hasson, quittera sans doute la majorité. Netanyahou perdra alors toute légitimité à se présenter comme grand rassembleur national. C'est dommage pour la nation, il aurait pu saisir cette chance d'une majorité pléthorique pour promouvoir des orientations historiques tant sur le plan intérieur qu'en matière de politique extérieure. Ce nouveau revers met en évidence son incapacité à avoir une vision à long terme tout en étant préoccupé que par l'agenda politique qu'il s'est fixé.
Autre symptôme d'un gouvernement dont l'autorité est contestée : la récente polémique sur la commande puis l'annulation de voitures de fonction allemandes de luxe pour des membres du gouvernement. Un commentateur-TV de la chaine-1 railla cette décision jeudi soir: «Il vaut mieux un ministre courageux roulant en BMW plutôt qu'un ministre poltron roulant en Citroën-C5». Les dirigeants de PSA, actuellement dans la tourmente, apprécieront.
Citroen C5

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