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vendredi 20 juillet 2012

LE DISCOURS QUE NOUS ATTENDIONS Par Gérard AKOUN


LE DISCOURS QUE NOUS ATTENDIONS

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM
 copyright ©  Temps et Contretemps


Dimanche 22 juillet, à l’occasion du 70e anniversaire de la rafle du Vel d’hiv, le président de la République a tenu à prononcer lui-même le discours de commémoration. Il a commencé en prononçant cette phrase : «Nous sommes rassemblés ce matin pour rappeler l’horreur du crime, exprimer le chagrin de ceux qui ont vécu la tragédie, évoquer les heures noires de la collaboration, notre histoire, et donc la responsabilité de la France». 



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 Cliquer sur le triangle noir pour écouter la chronique

Dans la lignée de Chirac

D’emblée, par ces mots, François Hollande se situait dans la lignée de Jacques Chirac, qui, il y a 17 ans le 16 juillet 1995, avait déclaré : «La France, la France, patrie des lumières et des droits de l’homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable». Le président actuel coupait court ainsi à toutes les interrogations mal intentionnées de ceux qui se demandaient s’il allait confirmer la prise de position très claire de Jacques Chirac, ou au contraire reprendre le jugement qui, de De Gaulle à François Mitterrand, attribuait au seul gouvernement de Vichy, et non à la République française, la responsabilité de la rafle. 
Jacques Chirac avec l'ambassadeur Yéhouda Lancry
Comment a-t-on pu penser, à moins d’être d’une partialité malhonnête, que François Hollande aurait pu faire fi de toutes les avancées effectuées depuis Jacques Chirac dans le sens de la reconnaissance de la culpabilité française ? Non seulement il n’est pas revenu en arrière, mais il est allé plus loin encore, en déclarant : «la vérité, c’est que la police française … s’est chargée d’arrêter les milliers d’innocents…  C’est que la gendarmerie française les a escortés jusqu’aux camps d’internement. La vérité, c’est que pas un soldat allemand, pas un seul, ne fut mobilisé pour l’ensemble de l’opération. La vérité, c’est que ce crime fut commis en France par la France».
En revanche, il a déclaré que ce crime fut commis aussi contre les valeurs qui sont celles de la France depuis la révolution : l’égalité entre tous ses fils.  Et que son honneur fut sauvé par les justes, connus ou anonymes, qui risquèrent leur vie pour sauver des juifs, par le Général De Gaulle, et par tous les résistants.

La Shoah, histoire des français


Mémorial du Vel d'Hiv

Dans la suite de son discours, fort de la constatation que «deux jeunes français sur trois ne savent pas ce que fut la rafle du Vel d’hiv», François Hollande a rappelé l’importance de l’enseignement de l’histoire de la Shoah dans les établissements scolaires. Il a déclaré : « La Shoah, ce n’est pas l’histoire du peuple juif, c’est notre histoire. Il ne doit pas y avoir un seul établissement où cette histoire là ne soit pleinement entendue, respectée, méditée. Il n’y aura pas, pour la République, de mémoire perdue».
Il faut transmettre, mais il faut aussi rester vigilant. Rappelant que la tuerie de Toulouse prouve que des enfants peuvent encore, en France, être assassinés parce qu’ils sont juifs, François Hollande a pris l’engagement que la République pourchasserait systématiquement tous les actes ou propos antisémites, et condamnerait tout ce qui pourrait amener les juifs de France à se sentir inquiets dans leur pays. Il a ajouté : «La sécurité les juifs n’est pas l’affaire des juifs, c’est celle de tous les français, et j’entends qu’elle soit garantie en toute circonstance et en tous lieux».  
Henri Guaino
Je ne peux terminer cette chronique sans condamner les propos injurieux, consternants, de l’ex conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, qui persiste à nier la responsabilité de la France dans cette page noire de son histoire, et qui se permet d’insulter le président de la République en déclarant : «Peut-être, François Hollande se sent proche des notables apeurés qui se sont rués à Vichy après l’armistice». De tels propos, après un discours de cette qualité, ne grandissent pas celui qui les tient.

3 commentaires:

Mivy a dit…

Ce discours est le bienvenu, mais comme Alain Michel dans Hérodote le fait remarquer, il y a des erreurs historiques.
http://www.herodote.net/articles/article.php?ID=1357
Par exemple, la déportation a été organisée directement entre les nazis (services d'Eichmann) et les responsables de la police, sans que le gouvernement de Vichy ne soit même mis au courant.
Hollande rend hommage au Général de Gaulle et à la Résistance, mais aucun des deux n'a levé le petit doigt pour sauver les juifs. (même si des gaullistes et des résistans se sont dévoués pour cela, ils ont agit en tant qu'individus)
Mais l'essentiel n'est pas là, face à la montée de l'antisémitisme il était très important de montrer jusqu'où l'infamie pouvait aller. Les hommes politiques ne sont pas des historiens, ils utilisent l'histoire à leur sauce et la déforment. Pour une fois que la déformation va dans le bon sens, et que les intentions sont louables, nous n'allons pas nous plaindre.

tapouzit a dit…

Alain Michel? Vous parlez bien de cette personne dont les média nauséabonds sont fous? Celui qui se vautre sur Radio Courtoisie qui se définit comme "la radio libre du pays réel et de la francophonie" en référence à Maurras et dont l'interview est repris avec délice par le site "françaisdedesouche"?
Il prétend dans son dernier livre (2ème en tout)que " Il n'y a pas eu de déportations depuis l'Afrique du Nord, mais un nombre non négligeable de Juifs originaires de cette région, surtout d'Algérie, habitaient en France en 1940, et certains d'entre eux ont été arrêtés et déportés". Faux!
Et il y a d'autres erreurs, que je ne vais pas toutes citer...
Ce n'est pas une référence pour moi, juste un pauvre individu qui cherche à atteindre la renommée à tout prix, fût-ce au prix d'affirmations insensées sur la Shoah, tellement insensées qu'elles pourront faire suffisamment de bruit pour faire connaître son nom sans intérêt.

Marianne ARNAUD a dit…

Il est tout à fait "normal" que le discours du président Hollande suscite ce genre d'article en Israël.
Je me contenterai donc de m'aligner sur la réflexion de Mivy : "Les hommes politiques ne sont pas des historiens, ils utilisent l'histoire à leur sauce et la déforment."
En revanche, il me paraît beaucoup plus intéressant, plutôt que de débattre si ce qui s'est passé au Vel' d'Hiv il y a soixante-dix ans, était l'oeuvre de la France ou de l'état collaborationniste imposé par les nazis à un pays vaincu, de se demander pourquoi il est si difficile de traiter de la Shoah dans les écoles françaises d'aujourd'hui, au point que le Président lui-même a dû reconnaître dans ce discours solennel, que "deux jeunes Français sur trois ne savent pas ce que fut la rafle du Vel' d'Hiv".