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vendredi 13 juillet 2012

LA QUÊTE DU LIEN Par Sarah OLING



LA QUÊTE DU LIEN

Par Sarah OLING


Nous sommes tous en quête de lien, familial, social, identitaire, religieux...Il y a chez l'Humain cette évidente nécessité de se rattacher à une histoire, dans laquelle il peut se reconnaître, ou se dénouer, mais qui le constitue originellement dans ses choix et ses rejets.
Trois générations d'une famille juive dans la Pologne d'avant-guerre.


La faille du lien

Cette faille du lien, comme nombre de ceux  qui, par les aléas  de l'Histoire ou de leur trame individuelle, s'en sont vus spoliés, m'a rendue depuis toujours «équilibriste» de ma propre vie. Manque  de lieu où poser une mémoire familiale, de référent pour authentifier ce qui me semble trop original dans mes aspirations et mes envolées lyriques.

Pourquoi aujourd'hui j'en viens à poser cette réflexion? Pour un simple mail reçu il y a quelques jours, soulevant l'espoir que ma lignée, celle des Manaster Oling, ne s'arrêtait peut-être pas à mon frère et moi, que les enfants de mon frère auraient un autre pan de leur histoire à constituer.  Ce possible maillon familial, venu d'Israël, quelqu'un qui à la mort de sa mère, née Manaster, a voulu partir à la recherche d'éventuels autres maillons de cette chaîne, en partie brisée,  a soulevé un flot de nostalgie en moi. 

Nostalgie


Un shtetl de Pologne

Nostalgie de cette Pologne du shtetl, ce village juif, où vivaient les miens avant le grand chaos, et que je ne matérialiserai jamais. Absence de Mala Esther, ma douloureuse mère, que je n'ai jamais connue, ancrée dans ce monde ci, mais l'esprit perdu, resté dans cet ailleurs ignoré de moi. Absence des Manaster, père, mère, frères et sœurs de mon père, dont je suis à jamais privée de la simple évocation de leur présence vivante. 

Absence est un mot qui m'est familier et dont, pourtant, je refuse la fatalité de son évocation. Les absents de notre vie, pour autant qu'on se laisse le choix d'un peu de légèreté et de bonté pour soi-même, peuvent être force et lumière pour avancer vers la rencontre d'infiniment présents et vivants qui ne demandent qu'à faire de nouveau lien, solide et puissant. 

Vivre avec des fantômes obscurcit la beauté d'Aujourd'hui et la promesse de Demain. Laisser la place aux vivants n'est pas nier ceux qui nous constituent mais leur redonner leur vraie place, mémorielle et non mortifère.

2 commentaires:

airdularge a dit…

Ne pas répondre à un tel témoignage équivaudrait à admettre que, seul, le temps pourra atténuer la peine.

Notre Mémoire collective saurait-elle se contenter d'une telle passivité ? et ne serait-ce pas, au fond, de la non assistance à une détresse qui n'ose pas dire son nom ?

Il faut nous ouvrir votre coeur Madame Oling,, de temps en temps.

En partageant vos sentiments, vous redonnez vie, le savez-vous ? à l'image des votres, chez des inconnus, des inconnus attentifs et qui peuvent ainsi ratacher leur expérience à la votre.

En prenant l'initiative de vous exprimer, vous aidez d'autres mémoires à se libérer.

Alors, pour les autres comme pour vous même, Madame Sarah Oling, de temps en temps, remontez le temps.

JC Cohen

s oling a dit…

Merci infiniment... Merci de me permettre d'être dans une forme de ré-appropriation d'une Mémoire qui se vide parfois de son sens, à force de la réinterpréter. Je crois infiniment à la force du témoignage, lorsqu'il se joue également dans cette partition de l'harmonie, de la force de vie... Au "nom de tous les miens" signifie pour moi de tous les miens en humanité, pas seulement ma famille identitaire. Là où une possibilité non de rédemption mais de réparation par "le rassemblement des étincelles", par ce qu'exprime beaucoup mieux que moi Marc Alain Ouaknin, là précisément je tente de faire sens par l'écriture .. Et parfois, oui, je vous prends à témoin,, grâce à Jacques Benillouche... Alors, encore merci de me pas me trouver trop hors champ"...Et de m'inviter à venir composer d'autres partitions avec et pour Vous

Sarah Oling