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jeudi 19 juillet 2012

LA CRISE ÉCONOMIQUE EXIGE L’INCITATION DE L’ÉTAT


LA CRISE ÉCONOMIQUE EXIGE L’INCITATION DE L’ÉTAT

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright ©  Temps et Contretemps

La Bourse de Tel-Aviv

        Les immolations pour difficultés financières mettent au devant de l'actualité les problèmes économiques touchant les classes sociales défavorisées en Israël. La politique totalement libérale du gouvernement israélien en matière économique doit subir des inflexions en fonction de la situation dramatique d’entreprises en difficulté. Certaines régions subissent de plein fouet la concurrence asiatique, aidées en cela par les décisions de dirigeants de sociétés obnubilés par le seul souci de l’accroissement des dividendes. Le délitement progressif des tissus industriels fait courir au pays un danger dont les conséquences deviendront dramatiques à court terme. Bien sûr, le problème n’est pas propre à Israël mais à toute l’Europe en crise. Seulement Israël peut intervenir par des mesures d’incitation car il est maitre de sa monnaie et maitre de sa politique. 



Souci de rentabilité

        Des usines ferment, non pas parce qu’elles ne sont pas bénéficiaires, mais parce qu’elles sont soumises au chantage de la rentabilité à outrance qui impose des délocalisations dans les pays à main-d’œuvre bon marché.
Usine Tefron Parc industriel de Teradion
 
        L’exemple de la société Tefron est éloquent en la matière. Elle s’était spécialisée dans les technologies de pointe pour confectionner des articles sans couture qu’elle vendait en Europe à Dim et Cacharel et aux États-Unis à Victoria’s Secret et Gap. L’arrêt de son activité en Israël risquait d’avoir un impact dans des zones déjà défavorisées qui abritaient l’usine de production à Misgav en Galilée, l’usine de tissage au kibboutz Afek et le site de teinture de Yavné sans oublier les ateliers de tissage dans le village druze de Yarka.
Tefron a traversé la pire crise de son histoire il y a trois ans. La mauvaise gestion,  exacerbée par la crise du crédit, avait mis l’entreprise au bord de la faillite. L’État n’est pas intervenu mais les sociétés d’investissement ont compris qu’il fallait sauver ce joyau textile. Aujourd’hui, Tefron équilibre ses comptes.
        La dernière entreprise textile du Néguev, Century Miracle, avait licencié ses 40 employés et fermé ses portes à Ofakim après une décision de délocalisation de son usine en Chine. Les usines textiles Delta ont déjà délocalisé une grande partie de leur production en Égypte en 1995, en Jordanie en 1996 et depuis 1999 en Europe centrale. Le high-tech est logé à la même enseigne puisque la société américaine A.C Nielsen a fermé son centre de recherche et de développement en Israël après avoir renvoyé dans leurs foyers 60 employés.  La société TCS a repris ses activités de recherche en Inde.

Décisions fiscales

Bank of Israël

        Le gouvernement peut et doit contrer ces mouvements de fermeture par des décisions fiscales incitatives de façon à utiliser les mêmes armes que ses concurrents. Des mesures tendant à réduire les coûts de production et les prix de revient pourraient rendre les entreprises plus compétitives.
La seule solution qui s’ouvre à l’administration est la création de zones franches dans des régions désespérées. Ces zones géographiques limitées doivent bénéficier d'incitations à investir, incluant l'exonération des droits de douane et un traitement fiscal et social préférentiel. La priorité nationale implique plusieurs objectifs :
*  La sauvegarde ou la création d’emplois
* Le renforcement de la balance commerciale par une augmentation des exportations induisant une entrée des devises
*  L’amélioration de la compétitivité de l’industrie nationale par une synergie entre industries
*  L’augmentation de la compétence des travailleurs par un accroissement du transfert de technologie
*  Le maintien de la main d'œuvre sur place pour favoriser une meilleure décentralisation
        Certes, il existe déjà une zone franche et un port franc à Eilat dans lesquels les entreprises sont exonérées de tout impôt sur le revenu pendant sept ans et par la suite sont imposées au taux maximal de 30%.  Mais il faudrait s’inspirer des mesures européennes qui ont permis une relocalisation d’entreprises qui avait fui pour des raisons purement financières.

Mesures concrètes


      Les mesures concrètes existent mais elles exigent un courage politique qui doit s'imposer à tous les partis : 
* La baisse du taux de change du dollar et de l’euro pour réduire le coût des marchandises à l’exportation.
* La création de zones franches dans des zones défavorisées pour inciter des sociétés nouvelles à s’installer réellement en créant des zones d’activité et de vie.
* L’exonération du bénéfice fiscal pendant au moins dix ans avec plafond maximum à définir
* Le dégrèvement d’impôt de 25.000 NIS pour chaque salarié employé dans la zone pendant une durée minimum de six mois.
* La déduction fiscale de 50% des sommes versées lors de la souscription du capital des sociétés nouvelles pour les sociétés soumises à l’impôt société.
* L’exonération des charges salariales patronales jusqu’à 1,4 fois le salaire minimum légal.
* L’exonération des taxes foncières et taxes locales pendant dix ans.
* Le bénéfice de l’allègement reste subordonné à l’exercice d’une activité effective dans la zone pour éviter les transferts fictifs de sièges sociaux sans personnel.
* L’exonération complète de la TVA sur les investissements d’équipements, les matières premières et les machines outils.
        L’investissement financier du gouvernement sera largement compensé, à moyen terme, d’une part par l’économie sur les indemnités de chômage, par les recettes d’impôts sur les revenus payés par les salariés restant en activité et par les bénéfices fiscaux taxés au-delà du plafond maximum. D’autre part, les recettes de TVA induites par la consommation des salariés restés en activité ne pourront que s’accroitre dès lors où le pouvoir d’achat est maintenu. La solidarité nationale impose en tout état de cause un effort financier du gouvernement pour ne pas accroitre la misère dans des zones déjà déshéritées.
        Les populations les plus touchées du Néguev, de la Galilée et du Golan doivent être aidées en priorité car leur présence assurera une majorité juive dans leur région. Ces zones deviendront le vivier où pourraient s’épanouir de nouveaux immigrants qui recherchent un moyen d’intégration par le travail mais qui, déçus, risquent de réintégrer leur pays d’origine lorsque l’emploi fait défaut.

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