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mercredi 18 juillet 2012

KADIMA : L’INCONSTANCE DE MOFAZ


KADIMA : L’INCONSTANCE DE MOFAZ

Par Jacques BENILLOUCHE

Shaoul Mofaz au Kotel

Le président du parti Kadima, Shaoul Mofaz, prouve une fois de plus son inconstance. Il a annoncé, lors de la réunion du 17 juillet de son groupe parlementaire, que sa formation avait décidé de quitter la coalition gouvernementale après l'échec des négociations avec le Likoud sur la modification de la loi Tal sur la conscription : «Je suis arrivé  à la conclusion que nous n'avons pas d'autre choix que de refuser la proposition du premier ministre et par conséquent de quitter la coalition».




Stratégie brouillonne

A la surprise générale, il avait été à l’origine d’un vrai coup de théâtre il y a à peine deux mois. Alors que la Knesset débattait le 7 mai de sa dissolution pour anticiper les élections législatives au 4 septembre, il avait annoncé le jour même un accord d’union nationale et l’entrée du parti centriste Kadima au gouvernement au côté du Likoud.  Shaoul Mofaz décida donc de rejoindre le gouvernement, avec rang de vice-premier ministre sans portefeuille, en tant que membre du cabinet de sécurité composé de sept ministres en charge des décisions importantes du gouvernement.
 
La carrière politique de Shaoul Mofaz ne s’est jamais effectuée en ligne droite. Son inconstance s’était déjà révélée en 2005 à la création du parti Kadima. Membre du Likoud, il avait écrit aux 3.000 membres du Comité Central pour les adjurer de «ne pas quitter la maison» mais il n’hésita pas, par opportunisme quelques jours plus tard, à rallier le dissident Ariel Sharon qui lui avait promis un poste ministériel.
Son calcul du mois de mai était lié à l’impossibilité de freiner la perte de vitesse de son parti qui devait s’accentuer avec le départ de Tsipi Livni. Selon un sondage du 29 mars, Kadima devait être supplanté par le parti travailliste crédité de 18 mandats sur 120 à la Knesset. Il était coincé entre le parti travailliste à gauche, qui s’est refait une santé avec son nouveau leader, Shelly Yachimovich, et le nouveau parti centriste laïc de l’ancien journaliste de télévision Yaïr Lapid. Il avait du mal à définir une stratégie et un programme originaux pour affronter un scrutin anticipé en automne. 
Naïveté ou calcul politique

Mofaz-Netanyahou : "Je te commande un taxi"

La question qui est posée est de savoir si Shaoul Mofaz était vraiment convaincu de son rôle efficace auprès de Benjamin Netanyahou et de ses capacités à faire bouger les lignes. Or il connait bien le premier ministre pour l’avoir côtoyé au Likoud. 
Ou bien il était persuadé que le poids de son parti, fort de 28 députés, et son propre charisme suffiraient à l’imposer comme personnage incontournable. Cela pourrait être qualifié de naïveté car il devait savoir qu’il avait affaire à un premier ministre intransigeant que l’exercice solitaire du pouvoir a rendu omnipuissant. Il n’ignorait pas qu’il n’était pas indispensable à la coalition déjà hétéroclite et que Benjamin Netanyahou l’avait uniquement appelé à ses côtes pour le neutraliser, comme Avigdor Lieberman qui a perdu toutes ses capacités de parole depuis qu’il s’est enchainé au gouvernement. 
Yaïr Lapid
Ou bien il s’est transformé en grand stratège politique en repoussant les élections législatives, prévues alors le 4 septembre, le temps de se préparer à affronter les électeurs et de choisir l’incident propice avec le Likoud qui le propulserait à la première page des médias. Il prouverait alors, qu’avec une politique indépendante, il n’est pas un béni-oui-oui face au pouvoir en place et qu'il saura lui tenir tête pour prétendre devenir le chef du prochain gouvernement. Son opposition à la loi Tal qui autorise les religieux à ne pas faire l’armée tend à couper l’herbe sous les pieds de son concurrent direct au centre, le laïc Yaïr Lapid, si tant est qu’il existe un centre en Israël.
Bien qu Benjamin Netanyahou dispose d'une majorité de 66 députés sur 120, la nouvelle donne politique imposera de nouvelles élections anticipées. En cette période de crise économique mondiale et de risque de déflagration au Proche-Orient arbitrée par les islamistes d'Egypte, d’Iran et de Syrie, nous allons entrer dans une période trouble et agitée qui n’est pas propice à une campagne électorale. Les intérêts personnels vont primer sur l’intérêt national et il est fort à parier que les électeurs devront se boucher le nez pour ne pas respirer les effluves d’une campagne électorale de bas niveau.

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