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vendredi 20 juillet 2012

PALESTINIENS : COMPÉTITION AU SOMMET


PALESTINIENS : COMPÉTITION AU SOMMET

Par Jacques BENILLOUCHE

copyright ©  Temps et Contretemps

Une certaine compétition existe entre les dirigeants palestiniens au point de ne plus savoir qui représente réellement l’entité qui se cache derrière la terminologie de «peuple palestinien». Mahmoud Abbas, président de l’Autorité, Ismaël Haniyeh, leader de Gaza, et Khaled Mechaal, tête pensante du Hamas, sont à la recherche chacun d’une légitimité.
Abbas, Mechaal et Haniyeh



Nouveau leadership


Jusqu’alors ces dirigeants prenait directement leurs ordres auprès du président syrien, vassal de l’Iran, en faisant régulièrement acte d’allégeance avec celui qui les armait, les finançait et les hébergeait. Mais les révolutions en Syrie et en Égypte ont changé la donne. Mohamed Morsi, le président égyptien issu des Frères musulmans, auréolé par sa victoire acquise dans un scrutin démocratique, a été promu au rang de sage du monde musulman dont on cherche à présent l’imprimatur, en attendant de lui offrir le leadership du monde musulman.
Erekat, Abbas et Morsi
Ainsi Mahmoud Abbas a été reçu par le nouveau président égyptien le 18 juillet. Ils ont évoqué ensemble le processus de paix avec Israël avec l’espoir des palestiniens que l’Égypte jouera le rôle d’intermédiaire car selon le président de l’Autorité : «les portes étaient fermées à un processus politique avec Israël et il n'y avait aucune communication bilatérale». L’Égypte est certes à l’heure actuelle plus proche du Hamas, issu des Frères musulmans, mais elle ne semble pas, pour des raisons purement économiques, vouloir se couper des américains en ne respectant pas le traité de paix israélo-égyptien de 1979.

Allégeance

Morsi et Mechaal

Le dirigeant du Hamas, Khaled Mechaal, qui a quitté sa base de Damas à la suite des évènements, tenait à marquer au pas les agissements du président de l’Autorité et même à le doubler. Il s’est déplacé le même jour au Caire pour rencontrer le chef des services de renseignements Mourad Mouwafi ainsi que le président Morsi. Dans une déclaration élogieuse, faisant office d’acte d’allégeance, il a salué l’élection du nouveau président «Nous sommes entrés dans une nouvelle ère dans les relations de la Palestine avec l'Égypte, grande sœur et chef de la nation arabe».
Mechaal, qui a assimilé la volonté de Morsi d’éviter les frictions avec Israël et avec les États-Unis, a plutôt abordé les problèmes économiques de Gaza. Il cherche à permettre à la bande de devenir indépendante pour la fourniture de gaz et de pétrole, fournis actuellement par Israël.
Mahmoud Abbas et Khaled Mechaal ont chacun tenté de «vendre» leur position et leur stratégie. Le leader du Hamas a au moins gagné sur un point, sur la durée de l’entretien de deux heures avec Morsi, deux fois plus de temps que le président de l’Autorité. Il s’agissait pour Mechaal de renouer des liens distendus avec l’Égypte car le Hamas avait choisi l’alliance avec l’Iran, le Hezbollah et la Syrie contre Hosni Moubarak. Il a insisté pour obtenir l’allègement du blocus de Gaza puisque l’ouverture de la frontière reste encore soumise à des aléas et à des mesures restrictives. L’Égypte n’a encore affiché aucun changement de politique depuis l’avènement du nouveau régime.

Dualité

Sachant que Mahmoud Abbas l’avait précédé, le leader du Hamas a demandé que l’Égypte «guide un processus de réconciliation entre le Hamas et le Fatah. L'Égypte a un rôle clé dans ce domaine alors que le Hamas reste stratégiquement engagée sur la réconciliation». Mais le président de l’Égypte doit d’abord résoudre ses propres problèmes internes, économiques et politiques.
Cette dualité entre mouvements palestiniens antagonistes stérilise toute avancée dans les discussions avec Israël et accroit la mauvaise humeur des américains qui ne cautionnent plus la stratégie brouillonne palestinienne. La situation reste donc bloquée.

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