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mardi 26 juin 2012

«PRINTEMPS» TUNISIEN : RÊVE BRISÉ DES FRANÇAIS par ALNABAB



«PRINTEMPS» TUNISIEN : RÊVE BRISÉ DES FRANÇAIS

Par ALNABAB

Un lecteur tunisien a adressé son commentaire sous forme d’analyse suite à l’article sur «le rêve brisé des révolutions arabes». Il apporte son témoignage personnel sur la situation en Tunisie et éclaire notre réflexion sur le sujet sensible de ce pays.





M. Jacques Benillouche, merci pour votre article !

1. Révolution

Des intellectuels français dénient au soulèvement tunisien le caractère de révolution car il n’y avait pas de programme cohérent sous-jacent. Par conséquent, que pouvait-on donner comme habillage idéologique à ce soulèvement «cocotte-minute»?
1)   Le marxisme-léninisme ? Non seulement, il n’est pas populaire dans les pays musulmans (athéisme, idéologie assez alambiquée, longues privations en vue d’un bien-être hypothétique);mais, en plus l’effondrement soviétique n’était pas de nature à donner du lustre à cette idéologie. Paradoxalement, le communisme attire plus d’intellectuels tunisiens que d’ouvriers.
Habib Bourguiba
2)  Le bourguibisme ? Mais le benalisme n’est que la continuité du bourguibisme qui ne fait plus rêver que des «dinosaures» comme Essebsi ou Jean Daniel du Nouvel Observateur. C’est normal que Bourguiba fût populaire en France car il détestait les arabes et l’islam. Comme me le disait une amie française : «Il fait à notre place le boulot que nous ne voulons plus faire».
3)   Le laïcisme à la française ? En réalité, les laïcs tunisiens ne répondent pas en général à la définition de neutralité par rapport à la religion. Tout compte fait, des laïcs tunisiens ont la même conception de la laïcité que Marine Le Pen, c’est-à-dire combattre l’islam à tout prix et l’extirper définitivement comme cherchait à le faire Bourguiba. D‘ailleurs, ce n’est pas un mystère si 240 franco-tunisiens avaient voté pour le FN aux dernières élections présidentielles. Mais le peuple tunisien est comme tous les peuples. Il se permet des écarts par rapport à la morale établie mais n’en admet pas pour ses gouvernants. Donc, un politicien qui se saoule et court le jupon, qui plus est, est athée, ne risque pas d’avoir beaucoup de suffrages. C’est dans ce sens que beaucoup de français ont été déçus par l’abandon de cette option qui aurait signifié la chute définitive de l’islam et le suivisme garanti par rapport à la France, donc une certaine revanche sur l’indépendance qui, en profondeur, n’en était pas une. Par conséquent, il ne reste plus que l’islamisme qui est malgré tout dans le paysage tunisien depuis des siècles.
Pour les défavorisés, la frustration vient du marasme économique car il y a eu beaucoup de promesses avant les élections. Pour les nantis incroyants, quel supplice de se retrouver encore avec Allah et Muhammad(le muezzin, le ramadan et j’en passe) ! Cela rappelle des situations en France, n’est-ce pas ?

2. L’énigme du salafisme
Salafistes tunisiens habillés à l'afghane

L’énigme du salafisme : Certains salafistes s’habillent comme des afghans, hommes et femmes : du jamais vu en Tunisie. Connaissez-vous de près la population tunisienne ? C’est une question de logique: quelqu’un qui se fait du «mouron» pour nourrir sa famille a-t-il le «loisir» de surveiller comment s’habillent les femmes du nord au sud ? Qui paie l’alimentation et le transport ? Les moyens financiers sentent le pétrole et on tombe sur un jeu dangereux : des musulmans fortunés qui poussent les autres au «casse-pipe» pour se déculpabiliser en gardant tout le confort possible pour eux et leur famille. En définitive, l’islam perd pratiquement sur tous les plans. D’ailleurs, le Prophète (saws) disait, une fois ses ennemis vaincus : «Je suis sorti du jihad mineur (militaire) au jihad majeur (la construction d’un État)». Or, la guerre économique est celle que doit gagner l’islam.
Vous avez parlé des livres scolaires distribués par les pays du Golfe pour dénigrer la société occidentale. Ce n’est qu'un détail. Ce qui est grave, c’est l’endoctrinement wahhabite qui veut supplanter le malékisme. Or, les maghrébins n’ont nullement besoin de l’aide des orientaux dans ce domaine.
3. Le féminisme
Asma Belkhodja-Rébaï pionnière du féminisme tunisien

L’islam s’est trouvé des fois dans des régions du globe comme le Bassin méditerranéen qui avait déjà une tradition très machiste. C’est aussi le cas ailleurs en Asie. En réalité, je ne pense pas que l’islam bien compris opprime la femme. Il y a dans l’islam des contraintes pour l’homme et la femme. À mon avis, l’essentiel c’est de donner à l’être humain une dignité. C’est ce qui se passe au niveau des françaises de souche converties. Pour elles, l’islam est un moyen de lutter contre le macho-capitalisme, qui se manifeste par la marchandisation du corps de la femme. On voit actuellement en France, après l’affaire DSK, que le féminisme français comme je l’ai signalé plus d’une fois vire vers le puritanisme. Avec la proposition actuelle de la suppression de la prostitution, certains crient au puritanisme d’État. Mais, tous les étrangers et les étrangères qui ont visité la Tunisie le disent : la soi-disant liberté féminine en Tunisie a dépassé le seuil de tolérance, c’est le cas de le dire.

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