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lundi 18 juin 2012

DEUX FEMMES : DEUX DESTINS POLITIQUES BRISÉS


DEUX FEMMES : DEUX DESTINS POLITIQUES BRISÉS

Par Jacques BENILLOUCHE
        
          La politique est impitoyable car elle ne s’encombre d’aucune contingence de morale ou de logique. Ce métier, longtemps masculin, s’entête à ne voir que des intruses qui se risquent dans leur monde. Deux femmes, qui n’ont pas démérité, ont été éliminées de la scène politique de manière précoce.
Valérie Hoffenberg


Valérie Hoffenberg
Valérie Hoffenberg, qui se présentait dans la 8ème circonscription des français de l’étranger incluant Israël, a souffert de sa grande proximité avec le président sortant Nicolas Sarkozy. Le vote utile, pour une majorité parlementaire de gauche, soutenant François Hollande, a profité à la candidate du P.S alors que les français d’Israël avaient voté à 92% pour la droite à la présidentielle.
La nouvelle élue, Daphna Poznanski, avait certes des qualités personnelles qui lui ont permis de dépasser la logique de clan politique. Elle était dans le paysage israélien depuis de nombreuses années et sa concurrente pouvait être assimilée à une parachutée de France.
La campagne électorale a été rude, brouillée par les invectives et les mensonges, alors que la solidarité entre juifs relevait d'une image d’Épinal. Valérie a été soumise à un matraquage violent de la part d’un candidat étiqueté à droite, éliminé au premier tour, mais dont la haine et l’acharnement ont mis en évidence ses contradictions et son incohérence puisqu’il a donné consigne à ses soutiens de voter pour la candidate de gauche, Daphna Poznanski. Les sentiments personnels ont été poussés au paroxysme.
Daphna Poznanski

Nous n’étions pas à une incohérence près puisque ce genre de situation s’est aussi reproduit dans plusieurs circonscriptions métropolitaines où les éliminés du deuxième tour se sont exprimés sans aucune logique politique, en privilégiant leurs ressentiments plutôt que leurs convictions. Les électeurs ont compris que la politique était un art qui consomme la vindicte sans modération. On pouvait contester les prises de position de Valérie Hoffenberg mais une accusation au moins était indécente lorsqu’elle était qualifiée d’antisioniste sous prétexte qu’elle avait accepté de favoriser le dialogue de paix avec les palestiniens. Le premier ministre Benjamin Netanyahou lui-même avait prôné la «paix par l’économie».
L’échec de Valérie est d’autant plus douloureux qu’il s’agissait d’une lutte fratricide entre deux candidates, dans un pays où la notion de droite et de gauche s’efface lorsque la légitimité d’Israël est contestée. Toutes deux, amies d’Israël, devront à présent se hisser ensemble  en première ligne dans le combat contre les ennemis de l’État juif.

Ségolène Royal

Ségolène Royal


Ségolène Royal a fait l’objet d’un duel à mort qui a vu une interférence entre passion sentimentale et passion politique. Elle paie le fait de s'être comportée en terrain conquis à la Rochelle en n’acceptant pas le principe de la démocratie participative dont elle vantait l’usage. Elle a refusé de participer aux primaires pour la désignation du candidat aux élections législatives de la Rochelle. Elle s’estimait, en tant qu’ancien candidate à la présidentielle, en droit d’être désignée sans vote.
Ségolène Royal a concentré sur elle toutes les inimitiés. Dès 2007, elle avait été la première responsable socialiste à défendre l’idée de primaires ouvertes alors qu’il n’entrait pas dans la culture du parti socialiste d’abandonner le principe d’une désignation interne du candidat par les militants. De cette période datent les relations exécrables avec les «éléphants» du parti qui n’acceptaient aucune intrusion dans leurs prérogatives.
Sa décision de damer le pion au secrétaire général François Hollande, candidat naturel, avait été mal perçue et justifiait la froideur de l’appareil du parti dans la campagne présidentielle de 2007. Elle n’avait pas réussi à légitimer sa candidature, jugée par beaucoup de caciques du parti comme une vengeance contre son compagnon qui l’avait abandonnée. Elle s’était mise en dehors du parti qui n’hésita pas à lui barrer par la suite la route lorsqu’elle chercha à en être le leader.
Ségolène Royal n’avait pas convaincu dans sa campagne participative de 2007 et laissa certains dirigeants du PS dubitatifs. Elle se sépara progressivement de ses principaux soutiens en raison de ses méthodes abruptes. Elle n’avait pas voulu entendre les critiques et les mauvais résultats des sondages qui lui imposaient de changer sa stratégie. Vincent Peillon, son ex-lieutenant, puis Arnaud Montebourg prirent leurs distances et s’opposèrent à elle quand elle avait cherché à remettre la main sur son propre courant.
Son isolement l’amena à un échec cinglant, sans appel, aux primaires du parti socialiste. Avec 7% des voix, son destin élyséen était définitivement compromis. Mais, étoile déclinante et battue à l'élection législative, elle restera très encombrante du fait de sa présidence de région car elle garde un enracinement dans les couches populaires qui pourrait servir en cas de difficultés du nouveau régime à imposer la rigueur. Frustrée, elle peut devenir gênante alors qu’elle aurait été neutralisée au perchoir de l’Assemblée nationale.

2 commentaires:

odile Haettich a dit…

Ségolène Royal ne laisse pas indifférent car c'est une femme de cran. Elle combat plus que la moyenne des "éléphants" car elle ne s'embarrasse pas des intrigues dont ces derniers usent. Elle peut agacer certes mais elle force quand même l'admiration tant elle fait preuve de courage même celui du désespoir.
Elle dérange car trop innovatrice pour ses "collègues" plus conservateurs.Elle mérite mieux que ce qu'on lui fait subir et j'espère sincèrement qu'elle trouvera la place qui lui convient et où elle sera utile.

SC a dit…

Tu es à présent en première Ligne pour nous représenter,
Mais aussi, en première Ligne , dans le Combat contre les ennemis de l'Etat d'Israel
Hazak et Mazal Tov,
SC