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dimanche 27 mai 2012

TANT QU'IL Y AURA DES LIVRES... par Sarah OLING



TANT QU'IL Y AURA DES LIVRES...

Par Sarah OLING


Pour moi, qui viens d'une culture où le Livre s'écrit avec respect et majuscule, je n'ai jamais occulté la puissance qui pouvait se dégager de «cet assemblage de feuilles imprimées», selon la définition du Petit Robert. Le livre a accompagné ma remontée vers la lumière, en des temps où je ne savais pas si demain aurait encore un sens et une légitimité. Il a abattu, un à un, les murs que j'avais érigés en dérisoire protection contre ce qui me semblait par avance inaccessible, la Connaissance. 



Depuis, le chemin est tracé, mon bâton de cherchant, le Livre, est devenu un compagnon fidèle. Mais pour d'autres, lire, simplement en avoir le droit, est marqué du sceau de l'interdit. Dans nos pays démocratiques, il est devenu si évident de trouver partout un accès à la lecture. En France, des bénévoles se mobilisent pour apporter le livre au cœur des quartiers, vers ceux qui, comme moi en d'autres temps, pensent que la lecture n'est pas de leur univers. Alors souvent le miracle s'accomplit. Le bâton de cherchant se transmet. 

Pourtant, pour des êtres persuadés de représenter la seule vérité admissible, le Livre est un brûlot, un semeur de trouble, un agent de perversion, qu'il faut détruire ou interdire. Le premier autodafé nazi, en mai 1933 à Berlin, suivi de nombreuses «répliques», entendait éradiquer publiquement des livres dits dissidents. Ainsi furent condamnés à brûler en public les ouvrages de Brecht, de Freud, de Marx, de Stephan Zweig, entre tant d'autres. 
10 mai 1933 à Berlin


En Afghanistan, sous le joug des Talibans, qu'avait-on interdit aux femmes, tous âges confondus? L'instruction, la possession de livres. Retenues chez elles par des barreaux invisibles, des femmes afghanes, bravant au péril de leur vie tous les interdits, enseignent en secret, évitant ainsi le total anéantissement culturel de plus de la moitié du pays. Les quelques livres encore en leur possession sont alors  porteurs d'une folle espérance.
Ecole en Afghanistan

Partout dans le monde, des hommes luttent pour la survie de leurs nobles combats, retenus par les fers, en se remémorant des passages de livres, les empêchant, jour après jour, de sombrer. Lire peut être un acte militant, si l'on garde en mémoire tous ceux qui n'ont pas même ce droit fondamental.

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