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mercredi 23 mai 2012

A PROPOS DU DISCOURS DE MANUEL VALLS Par Pr Hagay SOBOL



A PROPOS DU DISCOURS DE MANUEL VALLS
Par Pr Hagay SOBOL

Durant la campagne présidentielle 2012, on a pu constater, d’étonnantes prises de position émanant de représentants d’institutions, normalement tenus au devoir de réserve ou à une nécessaire neutralité. A juste titre certains s’en sont émus et un rééquilibrage s’est opéré par la suite. Car il est utile de rappeler que ces institutions sont là pour représenter un collectif et non une de ses composantes.


C’est dans ce contexte que le 21 mai, Michèle Teboul présidente du CRIF Marseille-Provence et son comité directeur ont invité à leur traditionnel dîner annuel, un grand nombre de personnalités : des représentants de l’Etat, de la Cité phocéenne, et sa région dans toutes leurs diversités. L’invité d’honneur était le ministre de l’Intérieur et ministre des Cultes Manuel Valls. Après Claude Guéant, l’année précédente, le Ministre d’Etat a tenu à participer à ce rendez-vous citoyen, malgré une prise de fonction très récente et un agenda chargé. C’était l’un de ses tous premiers déplacements en région, ce qui en démontre l’importance.

La haine du juif

Après une minute de silence en mémoire des victimes de Toulouse et de Montauban, le ministre a tenu un discours clair et fort. Il n’a pas tenté d’éluder les grands problèmes et les difficultés futures. Défenseur de la «laïcité à la française», il est revenu sur les différentes formes que peut prendre l’antisémitisme : de celui traditionnel, au plus pernicieux qui avance «masqué sous la critique de la politique d’un Etat pour en fait en nier l’existence». « En tant que ministre de l’intérieur, je n’accepterai pas que viennent sur notre sol de soi-disant prédicateurs, de soi-disant théologiens, qui prônent la haine du juif que ce soit avec des mots durs ou des mots doux».
L'assistance était composée d’élus de la majorité comme de l’opposition, de hauts fonctionnaires, de représentants des cultes et grands courants spirituels, de présidents d’institutions, parmi lesquels Mohamed Moussaoui, président du Conseil Représentatif du Culte Musulman, le courageux imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, le Grand Rabbin de Marseille Réuven Ohana, ou Richard Prasquier, président national du CRIF. La salle toute entière s’est levée pour saluer ces paroles de vérité. Belle unanimité, et respect de la fonction républicaine.
A ce stade, permettez-moi, une analyse personnelle, suite à quelques «échanges» concernant cet évènement sur des sites d’information et autres réseaux sociaux. Ce soir-là, c’est le ministre de l’Intérieur de la République Française, «Une et Indivisible» qui s’est exprimé et qui a été applaudi, et non un représentant d’un parti politique. N’en déplaise à quelques esprits chagrins, en parler, le faire savoir, ce n’est pas prendre position, ou faire campagne, c’est rapporter les faits. C’est de l’information. C’est le langage de la France qui doit être porté haut et fort et aller dans tous les territoires de la République, sans exclusion aucune. Et comme le ministre l’a dit lui-même, il sera jugé sur ses actions. Dont acte !
Malheureusement, pour certains, donner la parole aux différents courants semble contraire à leur vision de la démocratie. A l’extrême, cela peut confiner à l’aveuglement et à la censure. En l’espèce, que l’on soit de gauche, de droite ou du centre, telle n’est pas la question. Cet article a pour unique vertu de rapporter des propos qu’il est important d’entendre et de faire entendre. Les grandes causes doivent transcender les clivages politiques. Car c’est de la démocratie, de la lutte contre l’antisémitisme, le racisme et l’antisionisme dont il s’agit. Cela ne doit pas être l’apanage d’un parti, mais l’action de tous les citoyens. Dont acte !


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