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samedi 12 mai 2012

PRASQUIER EST SORTI DE SON RÔLE


PRASQUIER EST SORTI DE SON RÔLE

Par Jacques BENILLOUCHE
                 
Richard Prasquier

       Le CRIF est censé représenter les institutions juives de France et donc les juifs de toute sensibilité politique. Son président, Richard Prasquier, est sorti de sa réserve en prenant officiellement position pour Nicolas Sarkozy dès le premier tour de l’élection présidentielle et en confirmant sa position au second.


 

Soutien à Sarkozy sans réserve

Cela le chatouillait depuis quelques temps mais, avec conviction, il a fini par succomber aux sirènes de l’UMP. Il était tenu à un devoir de réserve mais, comme il n’est plus rééligible, il s’estime en droit de statuer au nom des institutions juives de France. Ce n’est pas une erreur mais une faute car avec l’élection de François Hollande, il se trouve à présent en porte-à-faux dans une institution déjà décriée pour son manque de représentativité du monde juif.

        Cette prise de position officielle d’un dirigeant juif sur l’élection était indécente et déplacée. Déplacée parce qu’il attaque la gauche, l’extrême-gauche et les écologistes, accusés d’antisionisme, sinon d’antisémitisme, alors qu’aucune attaque n’a été dirigée contre le Front National de Marine Le Pen. Il a donné son opinion dans une interview au quotidien israélien Haaretz à la veille de l’élection comme s’il cherchait à donner un dernier coup de pouce au candidat sortant. Son bulletin de vote lui appartient certes, mais il devait le déposer, seul dans l’isoloir, sans tenter de l’arborer pour convaincre la population juive.
Le journaliste Claude Askolovitch avait signé une tribune dans Marianne : «D’une banalité apparente sous un titre “Sciences-Po”, la tribune de Prasquier atteste la ghettoïsation du leadership communautaire, incapable de penser la France et le monde en termes politiques ou moraux, ne les ramenant qu’à ses seuls enjeux et à ses peurs intimes.»
A lire avec du recul l'interview de Richard Prasquier, il est clair que le président du CRIF s’est ouvertement prononcé en faveur de Nicolas Sarkozy, sans soulever l’orientation d’une campagne tendant à courir après Marine Le Pen et l’extrême-droite. En revanche, il a critiqué l’inexpérience de François Hollande sur les problèmes internationaux et sur son éventuelle faiblesse face aux alliances avec le Front de Gauche et les écologistes. Qu’en savait-il pour être aussi affirmatif ?

Fonction discréditée

Son erreur aura été de faire croire à un vote juif qui n’existe pas compte tenu d’une population qui se chiffre à quelques centaines de milliers d’électeurs. Il n’aurait pas dû embrigader son organisme dans une mission qui n’était pas la sienne. Il aura certainement le culot d’assister le 15 mai à la prise de fonction de François Hollande à l’Elysée après avoir minimisé ses compétences et ses capacités à gouverner.
Richard Prasquier s’est discrédité pour mener à bien sa fonction face à un exécutif qu’il a démoli. Il devrait tirer les conséquences lui-même car il pourra difficilement réparer le tort fait à toute la communauté juive. Il devra laisser la place à quelqu’un qui devra colmater les brèches en gardant une attitude neutre, mais un engagement ferme vis-à-vis d’Israël. Le monde juif, et surtout Israël, ont besoin d’un dirigeant crédible pour faire face aux défis du monde arabe et de l’Iran, et qui collabore avec tout gouvernement élu démocratiquement en France tout en soutenant l'Etat d'Israël. 
Il a déjà mérité sa Légion d’Honneur et il se grandirait à s’en aller sur la pointe des pieds à moins qu’il ne cherche encore à soutenir son candidat à l’élection législatives pour la 8ème circonscription incluant Israël. Il pourra se tromper une deuxième fois pour démontrer que, s’il est un bon cardiologue, il est un mauvais politique.

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