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dimanche 13 mai 2012

MAIS QU'ALLAIT FAIRE ROCARD DANS CETTE GALERE ?


MAIS QU'ALLAIT FAIRE ROCARD DANS CETTE GALERE ?

Par Jacques BENILLOUCHE
Michel Rocard
                L’ancien premier ministre PS Michel Rocard s’était rapproché de  Nicolas Sarkozy qui lui avait d’ailleurs demandé de coprésider «une commission chargée de réfléchir aux priorités du futur emprunt national». Michel Rocard ne cessait de louer les qualités du président dans la crise : «Un type talentueux, qui s’appelle Nicolas Sarkozy, a exploité la convergence des volontés de quelques grands Etats européens.» L’ouverture que recherchait Nicolas Sarkozy concernait certes toutes les bonnes volontés et toutes les compétences du pays, ce qui dans une démocratie apaisée est productif, mais elle n’était pas dénuée  d’arrière pensée politique visant à vider le PS de ses meilleurs éléments.

Diagnostic sévère
Il est vrai que Michel Rocard ne manie pas la langue de bois quand il trace un diagnostic sévère du contexte politique où règne «une imbécillité politique collective». C’est un homme réputé pour sa compétence économique mais moins pour son expertise diplomatique. Mais ses nombreux voyages à l’étranger l’ont familiarisé avec la diplomatie mondiale qu’il n’avait pas eu le temps de pratiquer sous le mandat de François Mitterrand.
Ali Akbar Salehi

Il est aujourd'hui persuadé qu’il y a un danger de guerre mondiale qui pourrait être déclenchée au Proche-Orient ou au Moyen-Orient. Il est donc parti le 11 mai en mission en Iran pour tenter de relancer les relations entre les deux pays. Il devait rencontrer à Téhéran le ministre des affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, ainsi que Saïd Jalili, le négociateur en charge du dossier nucléaire. Compte tenu des délais de préparation de telles rencontres bilatérales et de la trop récente élection de François Hollande, il est acquis qu’il agit sur mandat de Nicolas Sarkozy qui a toujours cherché à redorer son blason intérieur par des réussites de politique extérieure.
       Le président sortant avait été impressionné par le diagnostic radical du socialiste : «Personne ne regarde le grand Moyen-Orient. Nous avons une stratégie américano-anglaise, acceptée par les autres, et notamment par nous, consistant à torpiller toute possibilité de discuter sérieusement avec les iraniens. Comme s’il s’agissait de préparer une situation de tolérance rendant acceptable une frappe israélienne. Dans cette hypothèse, la guerre devient une guerre irano-syrienne soutenue par la Chine et la Russie, comme on le voit à l’ONU, contre en gros l’occident et ses clients. Et l’Europe se tait. C’est une affaire à millions de morts. »

Pas de caution socialiste

Le Quai d'Orsay

        Il ne semble pas que le président élu cautionne cette démarche qui arrive trop tôt dans sa prise de fonction et qui n’est pas certaine d’entrer dans sa propre stratégie diplomatique. François Hollande a mis les choses très vite au point : «Michel Rocard n'est porteur d'aucun message ni investi d'aucune mission. Il s'agit d'un déplacement privé et d'une initiative personnelle.»
        François Hollande ne semble pas partisan, comme son prédécesseur, de gesticulations unilatérales. Il a confirmé sa stratégie, déjà affichée lors de la campagne électorale : «Au sujet du programme nucléaire iranien, l’Iran doit se conformer à ses obligations internationales et respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies en cessant ses activités nucléaires sans finalité civile crédible. L'Iran doit coopérer pleinement avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)».
        La question est ouverte de savoir ce que recherche Michel Rocard dans cette galère et dans quelle opération de séduction il a été embarqué. La recherche d’équilibre dans les actes politiques à l’égard des iraniens n’est pas toujours payante : un coup les sanctions, un autre coup la brosse à reluire. Cette visite est à l’évidence une maladresse dont les fonctionnaires du Quai d’Orsay sont responsables. Elle n’apporte rien à la compréhension du programme nucléaire des Mollahs et risque de rehausser le prestige des islamistes.
En donnant une assise internationale à un gouvernement en indélicatesse avec le monde occidental, Michel Rocard risque de payer cher l’absence de résultat tangible à sa visite. Ce problème ardu ne peut pas se résoudre avec un saupoudrage de bons sentiments. Pourtant il n’y a pas matière à tergiverser : ou bien l’Iran se conforme aux exigences internationales, ou bien il paie les conséquences en monnaie sonnante et trébuchante. Il n’est pas nécessaire d’envoyer d’émissaire pour confirmer ce choix qui est déjà bien assimilé par Ahmadinejad. Il n'y a rien à négocier ni personne à convaincre.

Ahmadinejad à Natanz

Il est difficile de faire confiance à des dirigeants iraniens qui mentent et qui se jouent à longueur de discours de l’occident. Les pays libres avaient acquis la certitude de la capacité de nuisance de l’Iran à Gaza, au Liban, à Bahreïn et surtout en Syrie mais le Quai d’Orsay persiste à  l’ignorer. Il a décidé d’envoyer au feu l’ancien ministre pour échanger la sollicitude de la France face aux sanctions internationales contre un approvisionnement pétrolier à bon prix pour la balance commerciale française.
Ces visites n’ont aucun intérêt politique, sinon médiatique, et ne font pas avancer la cause parce que l’une des parties cherche uniquement à en découdre. Le sujet est difficile et d’autres, plus expérimentés, y ont laissé des plumes. La diplomatie secrète est celle qui convient le mieux à ces problèmes compliqués alors que Michel Rocard n’est pas crédible à ce poste de circonstance; rien dans sa carrière précédente, ne la préparait à aborder les affaires internationales de son pays. Le temps du dialogue est révolu.

4 commentaires:

AMMONRUSQ a dit…

C'est curieux comme les politiques ne peuvent pas prendre leur retraite, car à son âge on s'occupe de ses petits-enfants.

Voila un personnage qui sera passer à coté de beaucoup de choses et qui semble continuer !

gerard akoun a dit…

je me demande sérieusement s'il était vraiment mandaté.je pense qu'il fallait qu'il fasse parler de lui, qu'il donne l'impression de jouer encore un role politique.Il a été totalement absent du débat politique des élections. une nouvelle génération a pris les rènes, il gaut savoir dételle!

Hubert NATAF a dit…

L'Iran a été, en quelque sorte, le grand gagnant de l'attentat du 11 septembre, son influence, débarrassé de Saddam Hussein n'a cessé d'augmenter; Iraq, Liban, Gaza, Syrie, Turquie Les Sunnites sont sur la défensive.

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,
Vous écrivez : "...visant à vider le PS de ses meilleurs éléments".
Que je sache, ni Mitterrand en son temps, ni le PS depuis n'ont jamais fait cas à sa mesure de Michel Rocard que vous considérez comme un de leurs meilleurs éléments.
Vous écrivez encore : "...il est acquis qu'il agit sur mandat de Nicolas Sarkozy".
Acquis par qui ? Pas par le président de l'UMP, J-F Copé qui a dit hier : "Soit il s'agit d'une initiative purement personnelle. Elle traduit alors déjà l'absence d'autorité du président élu sur sa majorité. Soit François Hollande était informé de ce déplacement qui constitue une forme de diplomatie parallèle et de recours aux petites officines, et je les condamne fermement."
Personnellement je ne serai pas étonnée que cette "initiative personnelle" ne soit un premier faux-pas du président nouvellement élu, quoi qu'en disent ses proches.
Je n'en veux pour preuve que la déclaration du ministre des Affaires étrangères iranien, qui a salué la victoire de François Hollande, et confié son espoir d'une "nouvelle approche pour développer les relations entre Téhéran et Paris dans tous les domaines."
Très cordialement.