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jeudi 24 mai 2012

L’IMPASSE PALESTINIENNE


L’IMPASSE PALESTINIENNE

Par Jacques BENILLOUCHE
Mahmoud Abbas
            

          Les palestiniens commencent à désespérer de l’Autorité palestinienne, issue des accords d’Oslo de 1993, devant préparer l’avènement d’un État dont la création n’est toujours pas planifiée. L’artisan de ces accords, l’ancien ministre de gauche Yossi Beilin, a constaté l’échec de ces accords qui n’ont pas atteint l’objectif de parachever deux États en Palestine. Dans une lettre ouverte à Mahmoud Abbas, publiée le 4 avril sur le site de Foreign Policy, Yossi Beilin avait demandé au président palestinien de «cessez la farce», de ne pas céder aux pressions de Barack Obama et de dissoudre l’Autorité autonome.



Lettre finale

Puisque, selon elle, le gouvernement de Benjamin Netanyahou ne semble pas vouloir explorer de nouvelles pistes pour débloquer le processus de paix, l’Autorité Palestinienne, piquée au vif, tente de reprendre l’initiative pour contrer l’intransigeance israélienne. Depuis plusieurs semaines Mahmoud Abbas, pressé par des membres de son entourage, avait fait le serment d’envoyer «une lettre finale» au premier ministre israélien pour le prévenir que les palestiniens envisagent d’abandonner la solution des deux États. C’était la seule mesure tactique dont il disposait pour faire bouger les lignes.

Sari Nusseibeh
De nombreux dirigeants palestiniens sont désabusés et en particulier le docteur Sari Nusseibeh, président de Université Al-Qods, qui a renoncé au principe «deux peuples, deux États» en déclarant qu'«un État palestinien est devenu impossible», et en affirmant qu’Israël n'aura bientôt d'autre choix que d'intégrer sa population arabe. Il est convaincu que la solution d'un État binational permettrait à moyen terme aux arabes d’être majoritaires par le simple jeu de la croissance démographique naturelle.
Une lettre de Mahmoud Abbas a donc été remise à l’occasion de la rencontre du 17 avril à Jérusalem, entre Benjamin Netanyahou et une délégation palestinienne. Deux absents de marque se sont distingués puisque le premier ministre palestinien Salam Fayyed ainsi que le secrétaire général du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Yasser Abed Rabbo n’ont pas assisté à cette réunion. Ils étaient «occupés ailleurs».
Mahmoud Abbas, selon des informations en provenance de Ramallah, a beaucoup hésité à remettre cette lettre par respect pour le Quartette et pour ne pas indisposer les États-Unis. L’Autorité attend que Barack Obama fasse pression sur Israël pour geler l’expansion des implantations en Cisjordanie, même temporairement, afin de permettre la reprise des négociations de paix sans perdre la face.

Ultimatum

Netanyahou reçoit Erekat et Faraj

Benjamin Netanyahou et son conseiller personnel Yitzhak Molcho ont rencontré Saeb Erekat et Majed Faraj, chef des services de renseignements de l’Autorité palestinienne qui ont remis une lettre du président Mahmoud Abbas. Cette lettre est une véritable mise en demeure, une sorte d’ultimatum, car le président de l’Autorité perd patience devant l’impasse du processus de paix.
Les observateurs ont constaté l’absence de Salem Fayyed pour des raisons qui sont liées aux relations conflictuelles entre le Fatah et le Hamas. Le premier ministre palestinien est dans le collimateur du Hamas qui a mis son véto à sa reconduction au poste de premier ministre. Les islamistes de Gaza n’ont pas apprécié ses déclarations faites de sous-entendus : «la seule chose à laquelle je suis candidat, c’est à la création d’un État. La déclaration d’indépendance n’est pas ma préoccupation. L’important pour moi est de faire de l’État palestinien une réalité, de bâtir des institutions gouvernementales solides et efficaces». Ils y ont vu une attaque aux méthodes peu démocratiques qui règnent à Gaza et ont exigé qu’il soit sacrifié sur l’autel de la réconciliation Fatah-Hamas en l’écartant des réunions officielles avec les israéliens.
Mais il semble que Washington trouve que le moment est mal choisi. L’administration américaine prépare l’année électorale durant laquelle elle est convaincue qu’elle n’a pas les moyens d’exercer une pression significative sur Israël. Elle doit faire face aux Républicains qui utilisent le conflit palestinien pour marquer des points politiques. Elle préfère donc que les palestiniens attendent la fin des élections américaines pour passer à l’action.

Propositions peu originales

Le contenu de la lettre n’a pas été rendu public mais certaines indiscrétions font état du refus de Mahmoud Abbas de dissoudre l’Autorité palestinienne comme on le lui avait suggéré : «Il y a beaucoup de raisons qui contribuent à l'affaiblissement de l'Autorité palestinienne, mais sa dissolution est hors de question». Il souhaitait par ailleurs que les États-Unis et Israël cessent de le discréditer en l’accusant d’incompétence dans le domaine économique, social et sécuritaire.
Des amis des palestiniens pressent Mahmoud Abbas à mettre au pied du mur Benjamin Netanyahou en présentant des propositions visant à débloquer le processus de paix. Un document écrit servirait de base à de nouvelles discussions et aurait l’avantage de forcer les israéliens à se prononcer officiellement sur des questions sensibles.
Mais il ne semble pas que les palestiniens aient fait œuvre d’originalité. Ils veulent revenir aux frontières d’avant 1967 avec «des échanges mineurs», et ils prônent le gel des constructions dans les implantations et surtout à Jérusalem-Est. Ils réclament la libération de tous les prisonniers palestiniens. Ils réitèrent leur «engagement à une politique de tolérance zéro envers la violence». Netanyahou avait promis de répondre dans les deux semaines.
Yossi Beilin
Mais les palestiniens, même au sein de l’OLP, semblent désespérés devant un processus de paix bloqué avec aucune perspective de création d’un État palestinien viable. Yossi Beilin escomptait de sérieuses difficultés pour Israël en cas de démantèlement de l’Autorité, et en particulier les nouvelles charges financières qui risquent de créer une rupture au sein de la coalition israélienne. L’ancien ambassadeur en France, Nissim Zvili, nous a confirmé qu’un État binational serait la pire solution pour Israël qui perdrait ainsi son identité juive. Yossi Beilin a donc rencontré Mahmoud Abbas, le 8 avril à Ramallah, pour lui apporter son soutien mais le palestinien refuse l’épreuve de force et croit encore à la possibilité diplomatique de mettre fin au conflit.
Les dirigeants palestiniens ne sont pas prêts à se résoudre à la disparition de l’Autorité. Wasel Abou Yousouf, membre du Comité exécutif de l’OLP, refuse de se défaire du symbole de plusieurs de plusieurs décennies de lutte : «Il n’y a pas un seul cadre palestinien qui défende le démantèlement de l’AP, laquelle est le résultat cumulé des luttes de notre peuple». Mais le négociateur Saeb Erekat le contredit : «Si l’AP ne réussit pas à établir l’État, alors elle perd sa raison d’être».
Des indiscrétions font état de possibles pourparlers secrets  entre les deux parties. Cela pourrait s’interpréter comme une grande concession palestinienne puisque la reprise des pourparlers s’effectuerait sans gel des constructions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Cette concession s’explique aussi par la grave crise financière à laquelle doit faire face l’Autorité qui n’a pas été en mesure d’assurer les salaires des 150.000 fonctionnaires. Le porte-parole du gouvernement Ghassan Khatib a confirmé que la crise allait sans doute s’aggraver.
Benjamin Netanyahou a répondu le 13 mai à la lettre de Mahmoud Abbas mais rien n'a filtré de son contenu. Selon certaines indiscrétions, le gouvernement israélien réclame des négociations de paix sans condition préalable; ce qui n'est pas nouveau. Il s'estime en position de force face aux problèmes économiques palestiniens et peut se permettre de figer sa position en attendant le résultat des élections américaines de novembre. Le problème iranien lui parait, pour l’instant, d’une toute autre actualité brûlante. 
L'échange stérile de lettres n'est qu'une péripétie qui permet d'occuper les diplomates. D'ailleurs, Mahmoud Abbas a indiqué le 24 mai que les échanges de lettres entre lui-même et Benjamin Netanyahou avaient abouti dans l'impasse. Il a dit attendre une impulsion américaine pour relancer les pourparlers. Dans une interview au journal libanais An-Nahar, il a menacé que «si la démarche des américains échoue, les palestiniens saisiront à nouveau l'Onu, cette fois-ci pour obtenir la reconnaissance de la Palestine en tant qu'Etat non-membre».

1 commentaire:

Pat Quartier a dit…

L'article en question evoque le point de vue partiel des palestiniens, celui de Abou Mazen, a l'exclusion de celui du Hamas, en complete opposition sur l'avenir ou l'existence de l'Etat d'Israel.
Par ailleurs qui ose s'aventurer quand on est a l'extreme gauche comme Yossi Beilin ou Nissim Zvili sur l'idee qu'au fond Mahmoud Abbas n'a pas le meme objectif que le Hamas par la voie diplomatique ,en placant Israel dans une situation intenable aujourd'hui de frontieres de 1948, soit disant avec quelques amenagements de territoires,Ceci sans s'etre prononce sur le "droit au retour des Palestiniens ..qui attendent la jonction avec les arabes d'Israel lorsqu'ils sentiront le vent tourner.
Parler d'identite juive chez Yossi Beilin ,Nissim Zwili ou Abraham Burg qui se considere comme "citoyen du monde" prete a sourire si la survie du pays n'etait en jeu avec le devenir incertain des "revolutions arabes".
Il faudra trouver d'autres solutions : les Israeliens sont echaudes et n'ont aucune confiance dans les dirigeants palestiniens.
Donc pour se resumer :
-Un point de vue partiel palestinien ajoute a un point de vue partiel de gauchistes israeliens forment une alliance entre aveugle et paralytique.