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jeudi 31 mai 2012

LE MARCHÉ DES ARMES AIDE LES DICTATURES



LE MARCHÉ DES ARMES AIDE LES DICTATURES

Par Jacques BENILLOUCHE

Malgré la crise économique, le marché mondial des armes est florissant. L’ancien ministre de la défense, Hervé Morin, avait ouvertement affiché ses craintes pour l'industrie d'armement française: «nous sommes talonnés par Israël, cinquième exportateur mondial».

Rafale français


4ème place de la France

Aujourd’hui ses craintes ne sont plus d’actualité puisqu’en 2011, la France a gardé sa 4ème place de pays exportateur d’armes avec des ventes qui se sont élevés à 6,5 milliards de dollars. Israël a été relégué de la 5ème à la 8ème place par suite de la baisse de ses ventes à la Turquie, à la Grèce, à l’Inde et à l’Afrique et de la baisse généralisée des budgets de la défense dans le monde. Le ministère israélien de la défense a donc délivré 30.000 licences de vente vers 130 pays, dont les noms n'ont pas été publiés, afin de maintenir le volume d’exportations qui ont rapporté 9,6 milliards de dollars en 2010. Il faut dire que les États-Unis maintiennent la pression sur Israël en lui interdisant la vente de certaines catégories d’armes sensibles à certains pays, à la Chine en particulier.  
Mais la Chine vient d’entrer dans la cour des grands en passant du statut de grand importateur à celui de grand exportateur, à la 6ème place, juste derrière la Grande-Bretagne avec près de 4% du marché mondial. Les cinq Grands gèrent ainsi 75% du marché des armes avec les États-Unis (30%), la Russie (23%), l’Allemagne (11%), la France (7%) et la Grande-Bretagne (4%). Il est paradoxal que ces mêmes Grands, qui vivent du marché de la guerre, soit ceux qui sont censés défendre la paix dans les pays dans la tourmente.

Soutien aux dictatures

SSN-26 Yakhont

Cette concurrence dans le marché de l’armement pourrait expliquer le soutien à des dictatures, parfois sanglantes, et à la Syrie en particulier.  Le vice-premier ministre russe Sergueï Ivanov avait annoncé le maintien des livraisons d’armes à la Syrie malgré l’embargo imposé par l'Union européenne. Moscou a ainsi livré deux batteries du système de défense antinavires «Bastion» utilisant le missile SSN-26 Yakhont pour la défense du littoral syrien. La livraison des 72 missiles prévus serait pratiquement terminée. La Russie, qui a été évincée des pays arabes et qui a exporté pour 13,2 milliards de dollars d’armes en 2011, tient de ce fait à garder la Syrie comme client arabe disposant d’une ouverture sur la mer Méditerranée. Il est donc improbable qu’elle abandonne le sort de Bassar Al-Assad entre les mains occidentales tandis que le nombre de morts civils augmentera.
La Chine veille de son côté à ses approvisionnements pétroliers pour garantir sa croissance économique par le biais de l’armement militaire. Amnesty International la qualifie d’ailleurs d’exportateur d'armes la plus «irresponsable» au monde car elle contribue à alimenter des conflits au Soudan, au Népal ou en Birmanie. Elle se garde bien de signer «des accords multilatéraux dont les critères visent à empêcher l'exportation d'armes susceptibles de contribuer à de graves violations des droits humains». 
Shenyang J-11 chinois
Elle use donc de troc d’armement en échange de matières premières  et exporte ses armes, en particulier au Soudan et en Birmanie, mais très souvent au détriment de son alliée. Elle n’hésite pas en effet à fouler les  plate bandes russes puisqu’elle a proposé à la Syrie de l’équiper d’avions de combat Shenyang J-11, copie du Su-27 russe.

Discrétion de l’Allemagne

L’Allemagne se fait plus discrète alors qu’elle occupe la troisième place avec 11% du marché. Elle ne s’encombre pas de sentiments et sa force économique lui permet de s’opposer à toute pression venant des pays arabes et même de l’occident. En mars 2011 à l’ONU, elle n’a pas voté la résolution franco-britannique d’intervention en Libye, et a refusé de participer aux frappes effectuées par la coalition occidentale. 
Sous-marin israélien
Elle a remplacé, en partie, le rôle de fournisseur auprès de la Turquie qui a rompu ses relations avec Israël. Les allemands gardent leur liberté d’action et le prouvent en livrant un nouveau sous-marin à Israël sans que les pays arabes ne se soient manifestés. Tsahal a pris possession de l’INS Tanin au chantier naval de Kiel à Hambourg, pour son entrée en service en 2013. La caractéristique de ce sous-marin est qu’il est conçu pour transporter éventuellement des armes nucléaires dans le cadre d’une force de dissuasion permettant une capacité de riposte.
Le marché des armes explique ainsi les veto russe et chinois au Conseil de sécurité de l’ONU lorsqu’il s’agit de décisions touchant à la Syrie qui peut persister à massacrer son peuple. Il s’agit pour eux de défendre leur territoire et leurs clients. Les États-Unis ne sont pas en reste puisque leurs livraisons d’armes constituent un moyen d’influer dans les politiques de certains pays en révolution. Ils restent les principaux fournisseurs de la Tunisie et ils ont livré, en 2011, 45 chars M-1A1 à l’Égypte en 2011 et ont signé un accord pour en livrer 125 autres en 2012.
Victimes syriennes
La concurrence qui anime les fournisseurs d’armes met un voile sur la morale en politique. La Syrie est l’exemple même d’absence de morale dans la vente d’armes de destruction. Elle détient déjà un des records avec 13.000 morts civils qui sont tombés au champ d’honneur de l’armement militaire.

   

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